GUISE (Henri de)

Henri Ier de Guise

Mémoire d'encres - Documents signés d'Henri de GUISE (1550-1588), duc de Guise, chef de la Ligue catholique

Henri de Lorraine, 3e duc de Guise et 2e prince de Joinville, dit « le Balafré », est né en 1550 à Joinville et meurt assassiné le 23 décembre 1588 à Blois. Prince issu d’une branche cadette de la maison de Lorraine, il devient chef de la Maison de Guise, opposée aux protestants, et prend la tête de la Ligue catholique. Il s’illustrera comme le défenseur de la foi catholique à plusieurs reprises sur le champ de bataille en combattant les protestants pendant les guerres de Religion. Il sera l’un des instigateurs et participera au massacre de la Saint-Barthélemy en 1572. Après avoir contraint le roi Henri III à signer le traité d’Union, écartant Henri de Navarre du trône, Henri III le soupçonnant de vouloir accéder au trône, le fait assassiner.

Henri de Guise est le fils aîné de François de Lorraine – François de Guise, 2è Duc de Guise – chef militaire illustre, et d’Anne d’Este, descendante du roi Louis XII, d’Anne de Bretagne et de Lucrèce Borgia.

En 1563, il a 13 ans lorsque son père est assassiné par un protestant huguenot, Jean de Poltrot de Méré. Son éducation est confiée à son oncle Charles, Cardinal de Lorraine. En 1565, il se bat en Hongrie contre les Turcs.

De retour en en France, comme chef de la maison de Guise, Henri de Guise prend part aux guerre de Religions, aux côtés du duc d’Anjou, futur roi Henri III, fils d’Henri II et de Catherine de Médicis. Il s’illustre aux batailles de Saint-Denis (novembre 1567), Jarnac (mars 1569), lors du Siège de Poitiers, où il est blessé, et à la bataille de Moncontour en octobre 1569.

En 1572, il participe au massacre de la Saint-Barthélemy, conséquence des tensions entre catholiques et protestants, il en même est l’un des principaux instigateurs suite à la tentative d’assassinat de Coligny, le plus probablement organisée par les Guise. Dans la nuit du 24 août 1572, accompagné de son cousin, le duc d’Aumale, Henri de Guise pourchasse les chefs protestants.

En octobre 1575, sous Henri III, Henri de Guise bat les protestants à la bataille de Dormans, où il est blessé au visage, ce qui lui vaudra le pseudonyme de « Le Balafré », pseudonyme que porta également son père.

En 1584, après le décès de son frère cadet, Henri III, n’ayant plus de descendance, reconnaît Henri de Navarre – futur Henri IV – comme chef de la maison de Bourbon et son héritier légitime. La maison de Guise, rivale de celle des Bourbons, mène alors un mouvement de fronde, connue sous le nom de Ligue ou la Sainte Ligue, organisation religieuse et militaire. Il obtient alors le soutien financier du roi Philippe II d’Espagne par le traité de Joinville  du 31 décembre 1584 qui s’associe à la cause catholique en France, pendant les guerres de religion.

Après s’être battu à Vimory, puis Auneau en octobre-novembre 1587, il rentre à Paris et prend une part active dans l’insurrection des parisiens, dite « Journée des Barricades » (12 mai 1588). Le 29 mai 1588, Philippe II d’Espagne envoie l’Invincible Armada contre l’Angleterre. Henri III affaibli, est contraint de signer l’Édit d’Union avec la Ligue catholique, obligeant le Roi à accepter les conditions très dures imposées par le duc de Guise : exclusion des protestants de la succession, obligation de poursuivre la guerre contre eux et reconnaissance de la Ligue comme force politique dominante. Il élimine alors de fait Henri de Navarre au profit de la maison de Guise, le duc de Guise devient lieutenant-général des armées du royaume.

Le roi Henri III, soupçonnant le duc de Guise de vouloir accéder au trône, organise son assassinat et le fait assassiner lors des États généraux de Blois, auxquels il l’a convié. Le cardinal Louis de Lorraine, frère d’Henri de Guise sera également assassiné. Leur mort provoquera indirectement l’assassinat du roi Henri III l’année suivante.

JOUVET (Louis)

Louis JOUVET

Mémoire d'encres - Documents signés de Louis JOUVET (1883-1951), comédien, metteur et scène et directeur de théâtre

Comédien, metteur en scène, directeur de théâtre et professeur au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, Louis Jouvet est né à Crozon en 1887 et mort à Paris en 1951. Comédien de premier plan, il fut également un animateur de compagnie théâtrale au XXe siècle, contribuant à la formation de toute une génération d’acteurs.

Orphelin de père à 14 ans, Louis Jouvet part vivre dans les Ardennes avec sa mère chez ses oncles : Gustave, pharmacien et Jules, médecin. Il est un élève studieux et suit des études de pharmacie à Toulouse.

Dès 1904, il est attiré par le théâtre et partage son temps entre ses études en pharmacie et des spectacles en province. Il se présente en 1910 au Conservatoire d’Art dramatique de Paris, où il est recalé à trois reprises. Il y deviendra professeur de déclamation en 1934.

En 1912, son diplôme de pharmacien en poche, Louis Jouvet n’abandonne pas le théâtre pour autant ; il court les cachets et obtient une courte apparition dans un film muet aux côtés d’Harry Baur, Shylock d’Henri Desfontaines. En 1913, Jacques Copeau qui vient de créer le Théâtre du Vieux Colombier, l’engage dans sa troupe, où il cumule les fonctions de régisseur général, décorateur, assistant-metteur en scène et comédien. Il joue dans L’Amour médecin, L’Avare et La jalousie du Barbouillé de Molière et Les Frères Karamazov de Dostoievski.

En 1914, Il est mobilisé comme ambulancier, puis démobilisé en 1917 et retrouve la troupe du Vieux Colombier qu’il suit au Garrick Theater à New York. En 1923, il s’éloigne de Copeau et prend la direction de la Comédie des Champs-Élysées, où il restera jusqu’en 1934. C’est à cette époque qu’il joue son plus grand succès théâtral : Knock ou le triomphe de la médecine de Jules Romains.

En 1927, avec Gaston Baty, Georges Pitoëff et Charles Dullin, il fonde l’Union des animateurs de Théâtre d’avant-garde en France et fait la connaissance l’année suivante de Jean Giraudoux, dont il montera plusieurs pièces : Siegfried , Électre , La Guerre de Troie n’aura pas lieu, Ondine, etc.

En 1932, à 45 ans, Louis Jouvet débute véritablement sa carrière au cinéma, d’abord dans deux adaptations théâtrales : Topaze et Knock, puis dans des films devenus des classiques : Les Bas Fonds de Renoir, Forfaiture de l’Herbier, Drôle de Drame, puis Hôtel du Nord de Carné.

En 1940, Jouvet part avec sa troupe en tournée en Amérique latine et joue à Rio de Janeiro (L’Apollon de Marsac de Giraudoux, L’Annonce faite à Marie de Claudel).

À son retour, en 1945, il reprend la direction du théâtre de l’Athénée et connaît un triomphe théâtral avec La Folle de Chaillot et deux succès au cinéma : Un Revenant de Christian-Jaque et Copie Conforme de Dréville, dans lequel il tient plusieurs rôles.

Il promeut également les nouvelles figures du théâtre : Sarrazin, Barsacq, Barrault et Vilar notamment et met en scène Le Diable et le Bon Dieu de Sartre (Théâtre Antoine, 1951).

En 1947, Louis Jouvet connaît un nouveau succès dans Quai des Orfèvres de Clouzot, avec il tournera aussi Miquette et sa mère (1950). En 1951, Jouvet joue dans son dernier film, Une Histoire D’amour de Guy Lefranc.

Malade du cœur, il meurt des suites d’un infarctus au Théâtre de l’Athénée, qui porte aujourd’hui son nom.

FOUCHÉ (Joseph)

Joseph Fouché

Mémoire d'encres - Documents signés de Joseph FOUCHÉ (1759-1820), homme politique

Joseph Fouché, dit Fouché de Nantes et duc d’Otrante, est un homme politique français. Il naît en 1759 près de Nantes et meurt le 26 décembre 1820 à Trieste. Il fut ministre de la Police sous le Directoire, le Consulat, l’Empire et la Seconde Restauration.

Joseph Fouché a fait ses études chez les oratoriens de Nantes, avant d’entrer dans cette congrégation ; il professe à Juilly et à Arras, où il reçoit les ordres mineurs, puis à l’école militaire de Vendôme.

En 1782, il devient professeur de sciences au collège de l’Oratoire de Niort et dans les collèges de Vendôme, Saumur, Juilly et à Arras (1788), où il fait la connaissance de Robespierre à l’académie des Rosati, société littéraire et loge para-maçonnique. En 1789, Il devient franc-maçon dans la loge Sophie-Madeleine-Reine de Suède d’Arras.

À la Révolution, devenu avocat, il est envoyé à la Convention en septembre 1792 par le département de la Loire-Inférieure et votera la mort de Louis XVI. Radié du club des Jacobins à la demande de Robespierre, Fouché participe au 9 thermidor. Repoussé par les thermidoriens, il est mis aux arrêts le 9 août 1795. L’amnistie du 4 brumaire de l’an IV (26 octobre 1795) lui rend la liberté.

Le 9 août 1799, sous Le Directoire, il est nommé ministre de la Police générale et fera arrêter les Directeurs du Coup d’État du 18 brumaire, en ayant soin d’épargner Napoléon Bonaparte. Le Premier Consul le maintient à son poste avant de supprimer son ministère en 1802, suite aux critiques de Talleyrand et des frères de Bonaparte.

Après la courte trêve de la paix d’Amiens, Fouché réintègre le ministère de la Police, du 10 juillet 1804 au 3 juin 1810 ; il est nommé comte d’Empire (1808), puis duc d’Otrante (1809).

En 1810, Joseph Fouché tombe de nouveau en disgrâce pour avoir entamé des pourparlers secrets avec la Grande-Bretagne. Napoléon dans une lettre restée célèbre du 1er Juillet 1810 le somme de quitter son poste dans les 24 heures.

En juillet 1813, après la campagne de Russie, il est nommé gouverneur des provinces illyriennes et envoyé ensuite en mission à Naples auprès de Murat. À son retour en France, Fouché offre ses services aux Bourbons, qui ne les acceptent pas.

Pendant les Cent-Jours, l’Empereur rappelle Joseph Fouché, qui occupe pour la troisième fois le poste de ministre de la Police, du 20 mars 1815 au 22 juin 1815.

Son passé de régicide n’est cependant pas oublié et la loi du 12 janvier 1816 le condamne à l’exil. Fouché tente de rester néanmoins à Dresde, comme simple particulier, mais est finalement contraint de partir à Prague, où il séjourne d’août 1816 à l’été 1818.

Suspecté de complot par Élie Decazes, il quitte Prague pour Lintz et s’exile ensuite à Trieste, où est installé Jérôme Bonaparte avec sa famille.

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MOREAU (Gustave)

Autographes de Gustave Moreau

Mémoire d'encres - Documents signés de Gustave MOREAU (1826-1898), peintre, sculpteur et illustrateur

Peintre, graveur, illustrateur et sculpteur du mouvement symboliste, Gustave Moreau naît à Paris en 1826 et y meurt en 1898. Il est en peinture l’un des principaux représentants d’un courant symboliste imprégné de mysticisme, éprouvant une fascination pour les mythes et les récits sacrés. La critique voit en lui un rénovateur de la tradition par son approche irréaliste des sujets mythologiques. Gustave Moreau a abordé le thème biblique dans 19 peintures, 6 aquarelles et plus de 150 dessins ; parmi ses œuvres majeures figurent Oedipe et le Sphinx, Orphée, Salomé, L’Apparition et Hercule et l’Hydre de Lerne.

Il grandit dans un milieu où l’art occupe une place centrale et, encouragé par son père architecte, se passionne très tôt pour les arts graphiques et la mythologie. Après une formation classique aux Beaux‑Arts (1846-1849), il devient l’élève de François- Édouard Picot et est influencé par Théodore Chassériau.

En 1857, Gustave Moreau voyage en Italie en compagnie d’Edgar Degas, il découvre les fresques, les maîtres de la Renaissance et les ruines antiques.

Au Salon de Paris de 1853, il expose Le Cantique des cantiques, puis Les Athéniens livrés au Minotaure à l’Exposition universelle de 1855. L’année suivante, le peintre réalise Le Jeune homme et la mort en hommage à Théodore Chassériau qui vient de disparaître.

Gustave Moreau voyage à plusieurs reprises en Italie et, en 1864, peint Œdipe et le Sphinx, qui sera exposé au Salon. L’œuvre connaît un grand succès et lui permet d’accéder à la notoriété. La toile sera acquise par le prince Napoléon Bonaparte, qui la revendra à Durand-Ruel en 1868.

Au Salon de 1865, Gustave Moreau présente Orphée, œuvre très représentative de son style symboliste, qui lui vaut la reconnaissance de ses pairs, même si son art reste encore en marge des courants officiels.

En 1876, il présente trois œuvres au Salon : L’Apparition considérée comme une de ses œuvres-clés, qui rencontre le succès critique et deviendra son œuvre la plus célèbre, Salomé dansant devant Hérode, qui inspirera de nombreux artistes et Hercule et l’Hydre de Lerne, présentée à l’Exposition universelle de 1878.

Après 1890, Gustave Moreau enseigne aux Beaux-Arts, comme professeur titulaire d’un atelier, même s’il avait déjà souvent donné des cours à de nombreux élèves, dont Georges Méliès ou Jean-Georges Cornélius. Dans sa classe des Beaux‑Arts, il aura comme élèves notables Georges Rouault et Henri Matisse, qui déclarera plus tard que Moreau lui avait appris à « libérer la couleur ».

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PRÉVERT(Jacques)

Jacques Prévert

Mémoire d'encres - Documents signés par Jacques PRÉVERT (1900-1977), poète et scénariste

Poète et scénariste, Jacques Prévert naît en 1900 à Neuilly-sur-Seine et meurt en 1977 à Omonville-la-Petite. Il est l’un des poètes français les plus populaires et les plus enseignés dans les écoles, à travers ses poésies, telles Le Cancre, Cortège, ou encore Barbara. Il a fréquenté un temps le groupe des surréalistes mais est plus volontiers rattaché au courant libertaire. Son recueil de poèmes, le plus connu est Paroles.

À l’âge de 15 ans, avec son certificat d’études primaires en poche, il abandonne ses études et multiplie les petits emplois comme au magasin parisien Le Bon Marché.

En 1920, il part faire son service militaire à St-Nicolas-de-Port avant d’être affecté à Constantinople (future Istanbul), où il rencontre l’éditeur et traducteur Marcel Duhamel, qui va lui permettre d‘intégrer les cercles littéraires en vogue.

En 1922, Jacques Prévert s’installe à Paris et vit de petits métiers, fréquente la Maison des amis des livres tenue par Adrienne Monnier, où il côtoie André Breton et Louis Aragon.

En 1924, il s’installe chez Marcel Duhamel, au 54 rue du Château à Montparnasse, adresse qui devient bien vite le point de rencontre des figures du symbolisme et du surréalisme, dont Raymond Queneau. De caractère indépendant, Prévert ne tient pas à se laisser encarter par un parti ou un groupe ; il quitte la rue du Château et s’installe Butte Montmartre.

En 1928, il compose son premier poème, Les Animaux ont des ennuis et plusieurs de ses poèmes vont paraître l’année suivante dans des revues. Il fait alors la rencontre de Pierre Batcheff, qui est a la recherche d’un scénariste pour son premier film.

En 1930, il décide de rompre avec le groupe des surréalistes, à la fois par esprit d’indépendance et en raison de sa relation conflictuelle avec André Breton ; il s’oriente alors vers l’écriture et publie l’année suivante Tentative de description d’un dîner de têtes à Paris-France, qui le fait connaître dans les milieux littéraires.

En 1932, sur le tournage de Ciboulette, il fait la rencontre du peintre et décorateur de cinéma Alexandre Trauner avec qui il entretiendra une amitié durable.

Jacques Prévert s’oriente alors vers l’écriture de scénarios pour le cinéma. Il écrira le scénario et/ou les dialogues de films aussi emblématiques que ceux de son ami Marcel Carné, devenus des classiques du cinéma français : Drôle de Drame (1937), Le Quai des Brumes (1938), Le Jour se lève (1939), Les Visiteurs du Soir (1942), Les Enfants du Paradis (1945), Les Portes de la Nuit, ou Le Crime de Monsieur Lange (1936) de Jean Renoir, rencontré avec le groupe Octobre, Remorques (1941) de Jean Grémillon ou encore le film d’animation Le Roi et l’Oiseau (1953) de Paul Grimault, etc.

En 1946, il publie son premier recueil de poèmes, Paroles. Ce recueil regroupe 91 poésies écrites depuis 1930, dont Inventaire, Alicante ou Le jardin. L’ouvrage sera régulièrement réédité et ces poèmes traduits dans de nombreuses langues (anglais, italien, japonais, etc.). La mise en musique de certains poèmes du recueil par Joseph Kosma contribuera à leur popularité, certains seront interprétés par les artistes de Saint-Germain-des-Prés : Mouloudji, les Frères Jacques, Yves Montand, Francis Lemarque, Juliette Gréco, Cora Vaucaire, Catherine Sauvage, etc.

D’autres recueils suivront : Histoires (1946), Spectacle (1949), La Pluie et le Beau Temps (1955), Fatras (1966), Imaginaires (1970), Choses et Autres (1972) ; Jacques Prévert y intègre également des aphorismes, dessins, collages, sketches… Il publiera aussi des livres pour enfants, dont Contes pour enfants pas sages (1948) ou L’Opéra de la Lune (1953).

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STRAUSS (Richard)

Autographe de Richard Strauss

Mémoire d'encres - Documents signés par Richard STRAUSS (1864-1949), compositeur et chef d'orchestre

Compositeur et chef d’orchestre allemand, Richard Strauss est né en 1864 à Munich et décédé en 1949 à Garmisch-Partenkirchen. Parmi ses œuvres principales figurent des poèmes symphoniques : Don Juan, Mort et Transfiguration, Ainsi parlait Zarathoustra et des opéras : Salomé, Elektra et Le Chevalier à la rose.

Né dans une famille de musiciens, Richard Strauss fait preuve très tôt d’une passion pour la musique et reçoit ses premières leçons de piano en 1868 avec August Tombo et des cours de violon dès l’âge de six ans avec son cousin Benno Walter, maître des concerts à la cour de Bavière. Son père enseigne à l’Académie de Musique et sera musicien de la Chambre du roi de Bavière, Richard Strauss n’a aucun lien de parenté avec les deux compositeurs viennois Johann Strauss, père et fils.

En 1875, il suit des cours de composition et d’instrumentation avec Fr. W. Meyer, chef d’orchestre à la cour. Enfant prodige, il publie son premier opus à l’âge de 12 ans, un Festmarsch pour grand orchestre.

En 1884, Il rencontre le chef d’orchestre Hans von Bülow, qui fera beaucoup pour diffuser ses œuvres et l’invite à Meiningen comme second chef d’orchestre, où Strauss fait la connaissance de Johannes Brahms et d’Alexander Ritter

En 1886, il obtient le poste de troisième chef d’orchestre à l’Opéra de Munich. Fin 1889, il est nommé second chef d’orchestre au théâtre de la cour. Il compose alors ses poèmes symphoniques : Aux Italiens (1886), Don Juan (1889) et Mort et Transfiguration (1890), puis son premier opéra Guntram, créé à Weimar en 1894.

En 1895, Richard Strauss est nommé second chef d’orchestre à l’Opéra de Munich, puis succède à Hans von Bülow à la tête de l’orchestre philharmonique de Berlin.

En 1896, s’inspirant de l’œuvre éponyme de Nietzsche, il crée Ainsi parlait Zarathoustra, poème symphonique en huit mouvements.

En 1900, à Paris, il rencontre le librettiste, Hugo von Hofmannsthal avec qui il collaborera pour Elektra, Le Chevalier à la Rose, Ariane à Naxos, La Femme sans ombre, Hélène d’Égypte et Arabella. Le cycle de ses poèmes symphoniques se clôt avec la Symphonia Domestica (1902), dont la première est donnée le 21 mars 1904 au Carnegie Hall de New York sous sa direction. Il se consacre ensuite surtout aux opéras : Salomé, sur un texte d’Oscar Wilde (1905), Elektra (1909), Le Chevalier à la Rose (1911), Intermezzo (1922) et Capriccio, son dernier opéra, composé en 1942, à 78 ans. En 1907 il s’installe à Vienne, où il est nommé à la tête de la chapelle de la cour de Berlin.

De 1917 à 1920 il donne des cours de composition à l’Académie des Arts et continue les tournée avec l’orchestre philharmonique de Berlin.

En 1917, il contribue avec Hofmannsthal, à la création du festival de Salzbourg puis prend en 1919, la codirection de l’Opéra de Vienne aux côtés de Franz Schalk.

En 1929, lorsque Hofmannsthal meurt, Richard Strauss fait appel à Stefan Zweig, qui signe en 1931 le livret de La Femme silencieuse.

ALLEN (Woody)

Autographe de Woody Allen

Mémoire d'encres - Documents signés par Woody ALLEN (né en 1935), réalisateur, scénariste et acteur

Le réalisateur américain Allan Stewart Konigsberg, dit Woody Allen est né en 1935 dans le Bronx, à New York, il est également acteur, scénariste et auteurs de recueils d’histoires et d’essais humoristiques. Il devient célèbre pour son sens de la comédie et ses films mêlant humour, introspection et thématiques existentielles.

Issu d’une famille d’immigrants juifs, son père est joaillier puis un temps chauffeur de taxis, sa mère travaille chez un fleuriste. Il fait ses études à la Midwood High School (Brooklyn), où il est surnommé Red à cause de ses cheveux roux.

En 1952, Woody Allen écrit des gags pour un journal, puis pour le producteur David O. Alber qui les revend pour lui.

Il écrit ensuite pour des stars telles que Sid Caesar, c’est à cette époque qu’il opte pour le pseudonyme de Woody Allen et s’inscrit alors à l’Université de Communication et Cinéma et fréquente un temps le City College de New York.

A 19 ans, il rédige des sketches pour des émissions de télévision comme The Ed Sullivan Show, The Tonight Show, Caesar’s Hour. Il rencontre à cette période Danny Simon, qui l’aide à mieux structurer son travail.

En 1957, Woody Allen devient gagman pour de nombreux comiques (Bob Hope, Buddy Hackett, Miles Bennett) puis rédacteur du show télévisé de Gary Moore.

En 1960, il entame une carrière d’humoriste en stand-up et commence à écrire pour le show télé Candid Camera. Woody Allen publie également des nouvelles pour The New Yorker, qui seront parfois éditées (Getting Even, 1971 – Without Feathers, 1975 – Side Effects, 1980, etc.).

Il commence ensuite à se produire dans un club de Greenwich Village et est repéré par le producteur Charles K. Feldmann et l’acteur Warren Beatty pour participer à l’écriture de Quoi de Neuf Pussycat ? qui est réalisé par Clive Donner et sort en 1965, Woody Allen y tient un petit rôle, parmi une pléiade de stars.

En 1966, Woody Allen se lance et réalise son premier film, produit par Feldmann, Lily la Tigresse / What’s up, Tiger Lily ?

Les années 1970 marquent les débuts de sa carrière de réalisateur, avec notamment Prends l’oseille et tire-toi / Take The Money and Run (1969) – Bananas (1971)Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander / Everything You Always Wanted To Know About Sex / But Were Afraid to Ask (1972), Woody et les Robots / Sleeper (1973) et Guerre et Amour / Love and Death (1975). Ces comédies sont autant de succès et s’inscrivent dans un style burlesque et satirique  s’appuyant sur des farces et autres gags visuels.

Dans les années 1980, Woody Allen impose son style d’intellectuel névrosé avec  Annie Hall (1977) puis Manhattan (1979), en hommage à la ville et considéré par beaucoup de critiques comme son chef d’œuvre, puis La Rose pourpre du Caire (1985), Hannah et ses sœurs (1986), qui remporte trois Oscars et Crimes et Délits (1989).

Les années suivantes Woody Allen enchaine une série impressionnante de films au rythme d’un par an, parmi lesquels Maris et femmes (1992), Tout le monde dit I love you (1996), Escrocs mais pas trop (2000), Match Point (2005), Whatever Works (2009), Minuit à Paris (2011), To Rome with love (2012), Magic in the Moonlight (2014), etc., avant de tourner son cinquantième film en France et en français, Coup de Chance, en 2023.

Woody Allen est aussi l’auteur de plusieurs pièces de théâtre, de recueils de nouvelles, récits et réflexions, qui reprennent souvent des textes publiés ailleurs (entre autres dans The New Yorker) et d’une autobiographie intitulée Soit dit en passant sortie en 2020.

Mélomane et musicien, Woody Allen s’est aussi produit régulièrement, chaque lundi, au Carlyle Hotel de Manhattan avec son groupe de musiciens, le « New Orleans jazz band ».

PROUDHON (Pierre-Joseph)

Autographes de Pierre-Joseph Proudhon

Mémoire d'encres - Documents signés par Pierre-Joseph PROUDHON (1809-1865), philosophe et théoricien politique

Philosophe, sociologue et théoricien politique, Pierre-Joseph Proudhon naît en 1809 à Besançon et meurt à Paris en 1865. Il est considéré comme le précurseur de l’anarchisme et du socialisme libertaire et, malgré son isolement, son influence fut considérable sur les milieux ouvriers et intellectuels ; ses prises de position lui vaudront parfois des ennuis avec la justice.

Opposé au collectivisme autoritaire, Proudhon défend un libéralisme individualiste. Rejetant autant le socialisme utopique que le capitalisme, il propose la voie de l’anarchie positive ou du fédéralisme autogestionnaire, qui prône la liberté individuelle devant être défendue contre toutes les forces dominantes : Église, État ou toute forme de dictature, l’individu ne devant jamais être sacrifié à l’intérêt général ou à la justice sociale. Il expose ses théories dans ses œuvres majeures : Qu’est-ce que la propriété ?, Philosophie de la Misère et Solution du problème Social.

Né dans une famille modeste, à 17 ans, il travaille comme ouvrier typographe dans diverses imprimeries. Doué d’une intelligence très vive et d’un tempérament fort et actif, il poursuit ses études grâce à une bourse, étudie le grec, le latin, l’hébreu pour mieux comprendre certains textes, s’intéresse aux idées socialistes et révolutionnaires et s’engage dans des activités politiques et sociales.

En 1840, il publie Qu’est-ce que la propriété ?, dont l’idée est de réformer le système capitaliste et la propriété privée. La réponse qu’il apporte a cette question est : « la propriété, c’est le vol ! » Inspiré par Rousseau, il dénonce les propriétaires terriens qui exploitent les travailleurs.

En 1845, à Paris, il rencontre Karl Marx et Mikhaïl Bakounine avec lesquels il échangera, un temps. Ses idées sur la propriété retiennent l’attention de Marx qui désapprouve en revanche les positions anarchistes de Proudhon.

En 1847, Pierre-Joseph Proudhon s’installe définitivement à Paris, où il devient journaliste politique. Il participe à la Révolution de 1848 et est élu député socialiste de la Constituante de juin 1848 à mai 1849, année où il sera incarcéré pour délit de presse (offense au président de la République).

En 1851, il expose ses idées anarchistes dans Idée générale de la révolution au XIXe siècle. Il tente de mettre en place des systèmes mutualistes fondés sur l’échange et des prêts à taux zéro, idées développées dans Solution du problème social (1848). Ses tentatives n’aboutiront pas mais le concept de mutualisme lui survivra.

En 1858, il doit s’exiler en Belgique après la publication de son livre : De la Justice dans la Révolution et dans l’Église : Nouveaux Principes de philosophie pratique, dans lequel il développe ses positions anticléricales.

En 1860, de retour en France, il étudie les contradictions de l’économie (comme le machinisme allégeant le travail de l’ouvrier, mais provoquant du chômage), considère que la révolution est vaine et propose une autre voie : l’anarchisme. Il développe ensuite l’idée du fédéralisme (Du Principe fédératif et de la nécessité de reconstituer le Parti de la Révolution – 1863 et De la Capacité politique des classes ouvrières – 1865).

BERNHARDT (Sarah)

Sarah Bernhardt

Mémoire d'encres - Documents signés de Sarah BERNHARDT (1844-1923), comédienne et directrice de théâtre

Comédienne, tragédienne et directrice de théâtre, Sarah Bernhardt naît à Paris 1844 et meurt en 1923 dans la même ville. Elle est reconnue pour ses interprétations passionnées et sera surnommée « la Divine » par Victor Hugo ; Jean Cocteau inventera pour elle l’expression de « monstre sacré ». Parmi les rôles emblématiques qui ont marqué son parcours et contribué à sa renommée mondiale, la postérité retiendra celui de Marguerite Gautier dans La Dame aux camélias de Dumas fils, celui du duc de Reichstadt dans L’Aiglon d’Edmond Rostand, celui de la reine Dona Maria dans Ruy Blas de Victor Hugo et les rôles titre dans Hamlet de Shakespeare, Phèdre de Racine ou Fédora de Victorien Sardou

Entrée au Conservatoire d’art dramatique de Paris en 1859, puis à la Comédie française en 1862 – qu’elle quittera en 1866 pour y revenir en 1875 – elle fait ses débuts au théâtre de l’Odéon dans Les Femmes savantes, Kean de Dumas père et François de Champi de George Sand.

Mais c’est en 1872 que son rôle dans Ruy Blas lui vaudra le surnom de « la voix d’or » attribué par Victor Hugo. Sarah Bernhardt joue ensuite Hernani (1877) et Marion Delorme (1885).

En 1874, elle interprète Phèdre de Racine à la Comédie française et reprendra le rôle régulièrement. En 1880, elle démissionne de la Comédie française et crée sa propre compagnie de théâtre avec laquelle elle part pour sa première tournée internationale (États-Unis, Londres, Copenhague, Saint-Pétersbourg…).

De 1883 à 1884, elle assure la direction du Théâtre de la Porte Saint Martin avec lequel elle monte notamment Théodora de Victorien Sardou et commence à jouer Shakespeare (Hamlet en 1884 et Hamlet, où elle tien le rôle-titre en 1886).

Une nouvelle tournée internationale est organisée dès 1886, elle rencontre un immense succès populaire alors même qu’elle joue tous ses rôles en français (Brésil, Chili, Pérou, Etats-Unis, Royaume-Uni, Allemagne…). Sarah Bernhardt se rend une nouvelle fois aux États-Unis pour une 3e tournée américaine et joue également au Canada.

De 1893 à 1899, elle prend la direction du théâtre de la Renaissance (La Princesse lointaine de Rostand, Lorenzaccio de Musset), puis celle du théâtre des Nations, qu’elle rebaptise « théâtre Sarah-Bernhardt », nom qu’il portera jusqu’à son décès avant de devenir le théâtre de la Cité, sous l’Occupation, et enfin le théâtre de la Ville depuis 1968.

En 1900, après avoir joué au théâtre dans plus de 120 représentations, Sarah Bernhardt devient actrice de cinéma ; son premier film est  Le Duel d’Hamlet de Clément Maurice.

En 1915, à la suite d’un accident aggravé par une gangrène due à une tumeur osseuse, elle est amputée d’une jambe mais continue à jouer, assise ou debout, jusqu’à sa mort en 1923.

CHOPIN (Frédéric)

Mémoire d'encres - Autographe de Frédéric Chopin

Mémoire d'encres - Documents signés de Frédéric CHOPIN (1810-1849), compositeur et pianiste

Musicien romantique majeur et pianiste virtuose, Frédéric Chopin naît près de Varsovie en 1810 et meurt à Paris en 1849. Il laisse à la postérité plus de 200 œuvres, parmi lesquelles 59 Mazurkas, 27 Études, 24 Préludes, 19 Nocturnes, 13 Polonaises et 3 Sonates qui font de lui l’un des plus célèbres compositeurs du XIXe siècle.

Frédéric Chopin naît d’un père précepteur, d’origine française expatrié en Pologne, et d’une mère polonaise, qui va l’initier au piano. Formé au Conservatoire de Varsovie, dès l’âge de huit ans, il se produit dans les salons de l’aristocratie parisienne, mais à partir des années 1820, sa santé se fragilise.

À partir de 1828, il donne de nombreux concerts en Europe et devient un virtuose de premier plan ; il compose alors ses premières œuvres, ses deux Concertos pour piano (1830). Suite aux troubles politiques et à l’insurrection contre Nicolas Ier, Chopin décide de s’exiler en France et ne retournera jamais dans son pays natal. Il nourrira de cette période une mélancolie durable, qui influence toute son œuvre.

En 1831, Chopin s’installe à Paris, sa musique constituant un refuge pour les exilés de la Pologne insurgée. Il s’inspire de la tradition polonaise pour composer ses Mazurkas et ses Polonaises. Il se lie d’amitié avec Honoré de Balzac, Eugène Delacroix, Alphonse de Lamartine et Camille Pleyel, qui le fait connaître ; Chopin lui dédiera trois Nocturnes, dont le Nocturne n°2 en mi bémol majeur.

Entre 1831 et 1842, Frédéric Chopin compose quatre Ballades pour piano et vingt-quatre Préludes, inspirés de Jean-Sébastien Bach. En 1836, il fait la connaissance de Franz Liszt et Marie d’Agoult, qui lui présentent George Sand.

Chopin et Sand s’installent à Paris en 1838, où ils vivent entourés de leurs amis Liszt, Berlioz, Delacroix et Eugène Sue. Ils passent leurs vacances à Nohant, dans la résidence familiale de George Sand, où il compose certaines de ses œuvres les plus célèbres. En 1839, Frédéric Chopin compose sa Sonate pour piano n°2, dite « Marche funèbre ».

En 1847, après sa rupture avec George Sand, Chopin effectue une tournée en Angleterre et en Écosse qui va l’épuiser. Sa santé se dégrade alors brutalement, il souffre d’hémoptysie et sa sœur Ludwika reste à ses côtés durant tout l’été 1849 ; au mois de novembre Chopin est emporté par la maladie. Il est enterré au Père-Lachaise au son de sa Marche funèbre et du Requiem de Mozart.