GUITRY (Sacha)

Sacha Guitry autographe

Mémoire d'encres - Documents signés de Sacha GUITRY (1885-1957), auteur dramatique, acteur et réalisateur

Auteur dramatique, acteur, metteur en scène et réalisateur, Alexandre Guitry, dit Sacha Guitry, naît à Saint-Pétersbourg en 1885 et meurt à Paris en 1957. Auteur prolifique, il écrit 124 pièces, dont beaucoup connaissent le succès et deviendront des classiques de théâtre français. Il réalise également 36 films, dont 17 sont tirés de son théâtre et 19 réalisés à partir de scénarios originaux.

Sacha Guitry a parfois défié la chronique mondaine – il a été marié 5 fois (avec Charlotte Lysès, Yvonne Printemps, Jacqueline Delubac, Geneviève de Sereville et Lana Marconi) – et professionnelle, ces deux aspects de sa carrière étant souvent entremêlés. Son comportement pendant les deux guerres mondiales fut également l’objet de commentaires. Parmi ses principales œuvres, on peut retenir :  Monsieur La Fontaine, Faisons un rêve, Le Roman d’un tricheurDésiréMon père avait raisonQuadrilleIls étaient neuf célibatairesSi Versailles m’était conté…  

Fils de Lucien Guitry, grand comédien de théâtre, très célèbre à son époque, et de Renée Delmas de Pont-Jest, Sacha Guitry se retrouve sur les planches dès l’âge de 5 ans. En 1902, il écrit sa première pièce, Le Page, qui sera représentée au théâtre des Mathurins grâce à Marguerite Deval. Il arrête ses études à dix-huit ans, pour embrasser la carrière à laquelle il aspire : le théâtre.

Lucien Guitry, qui dirige le théâtre de la Renaissance, lui fait faire ses débuts de comédien sous le pseudonyme de Jacques Lorcey, mais le père et le fils vont se fâcher et leur brouille durera plusieurs années.

En avril 1905 sa pièce Le KWTZ est créée au théâtre des Capucines, puis huit mois plus tard, Nono qui le révélera. Il en est à la fois auteur et comédien

En 1907, sa pièce La Clef subit un échec. En 1914, il écrit et interprète La Pèlerine écossaise et sa pièce Deux couverts est acceptée à la Comédie française. Sacha Guitry connait alors une période difficile du fait de soucis de santé qui l’empêchent de jouer et, une fois guéri, lorsque sa pièce La Jalousie est jouée aux Bouffes parisiens, l’œuvre est boudée par le public qui ne comprend pas qu’il soit sur scène alors qu’il devrait être mobilisé.

Il renoue avec le succès avec Jean de la Fontaine et Faisons un rêve, qui lance le comédien Raimu. Suit son film documentaire muet commenté sur scène par Guitry et Charlotte Lysès, Ceux de chez nous, qui rend hommage aux grands hommes de son temps, qu’il a réalisé dans le but de participer à l’effort patriotique. On y croise Anatole France, Claude Monet, Auguste Renoir, Camille Saint-Saëns, Auguste Rodin, Edgar Degas, etc.

En 1936, Sacha Guitry réalise Le Roman d’un tricheur, considéré comme l’un de ses chefs d’œuvre. En 1939, il renonce à l’Académie française, refusant d’abandonner son métier de comédien, et entre à l’Académie Goncourt.

Après la seconde guerre mondiale, au moment de l’épuration, Guitry est inculpé d’intelligence avec l’ennemi mais libéré par faute de preuve.

En 1954, il réalise Si Versailles m’était conté, qui suit l’histoire du château de Versailles à travers les personnages historiques qui y ont vécu ; servi par une pléiade d’acteurs célèbres, le film est un immense succès. Sur le même modèle, Si Paris nous était conté est réalisé l’année suivante.

 

ANNUNZIO (Gabriele d’)

Gabriele D'Annunzio - Lettres autographes

Mémoire d'encres - Documents signés de Gabriele d'ANNUNZIO (1863-1938), romancier, dramaturge, poète et homme politique

Romancier, auteur dramatique, poète et homme politique, Gabriele D’Annunzio, prince de Montenevoso, est né Francesco Rapagnetta à Pescara en 1863 et meurt à Gardone Riviera en 1938. Il est l’auteur de plusieurs œuvres à succès, dont ses romans L’enfant de volupté et Le Feu ainsi que sa pièce Francesca de Rimini. Installé en France de 1910 à 1915, il est célèbre pour ses œuvres mais aussi pour son mode de vie raffiné et mondain, ses nombreuses relations amoureuses et son penchant pour le luxe.

Élève au lycée Cicognini de Prato, en Toscane, il publie son premier recueil de poèmes Primo Vere à l’âge de seize ans. En 1882, il s’inscrit à l’université La Sapienza à Rome et écrit des articles littéraires pour la presse locale.

En 1886, il rassemble ses nouvelles dans un recueil intitulé San Pantaleone et écrit Canto Nuovo et Terra Vergine (1882), L’Intermezzo di Rime (1883) et Il Libro delle Vergini (1884). La critique littéraire nationale et internationale le remarque lorsqu’il publie ses premiers romans : L’enfant de volupté (1889), L’Innocent (1891) et Episcopo et Cie (1892).

De 1897 à 1900, Gabriele D’Annunzio siège à la chambre des députés dans le groupe des indépendants et fait paraître une nouvelle série de romans, Les Vierges aux rochers (1899), Le Feu (1900) et La Fille de Jorio (1904) et la tragédie La Ville morte (1898), qu’il écrit pour Sarah Bernhardt.

En 1910, poursuivi par ses créanciers pour des dettes colossales, il s’installe en France, essentiellement à Arcachon, à la villa Saint-Dominique, dit Le Moulleau.

En 1911, D’Annunzio collabore avec Claude Debussy, Ida Rubinstein et Léo Baskt pour Le Martyre de Saint Sébastien. En 1913, il écrit La Pisanelle ou la mort parfumée sur une musique de Rimskij-Korsakov, toujours avec Ida Rubinstein et Leo Bakst pour la mise en scène et les décors.

Losqu’éclate la Première Guerre mondiale, il retourne en Italie et se range du côté des militants réclamant l’entrée en guerre de l’Italie dans le camp allié. Il est engagé volontaire dans l’aviation et sera blessé à l’œil lors d’un accident.

D’Annunzio prend alors le contrôle de la ville de Fiume, occupée par les Britanniques, les Français et les Américains, qu’il gouvernera un temps, la ville devenant l’État libre de Fiume reconnu par le traité de Rapallo en 1920, avant que l’Etat italien ne s’en empare en 1921.

Il renonce ensuite à ses aspirations politiques et revient à l‘écriture. Il se consacre aussi à sa propriété, Le Vittoriale, offerte par Mussolini, qu’il meuble et décore avec faste. Il s’investit dans la promotion publicitaire de la Riviera des lacs et des sports nautiques. En 1931, est inaugurée la Coppa dell oltranza (Coupe de l’Outrance), une épreuve motonautique disputée face au Vittoriale qui attire les foules et les célébrités, dont les futuristes de Marinetti.

En 1933/34, luttant contre le nazisme montant, D’Annunzio s’oppose au rapprochement de l’Italie avec l’Allemagne. Le 30 septembre 1937, lors de sa dernière rencontre avec Mussolini, il tente en vain de le dissuader de se rallier à Adolf Hitler.

BOUDIN (Eugène)

Mémoire d'encres - Autographe d'Eugène Boudin

Mémoire d'encres - Documents signés d'Eugène BOUDIN (1824-1898), peintre, précurseur de l'impressionnisme

Le peintre Eugène Boudin naît à Honfleur en 1824 et meurt à Deauville en 1898. Célèbre pour ses marines, il est considéré comme l’un des précurseurs de l’impressionnisme et l’un des premiers peintres français à saisir les paysages à l’extérieur d’un atelier. Pratiquement autodidacte, il commence par peindre quelques portraits et surtout des natures mortes ; dans le courant des années 1860, avec le développement du tourisme balnéaire sous le Second Empire, il ouvre la voie à la peinture de plein air et à l’impressionnisme. Corot le surnommait « le roi des ciels ».

Eugène Boudin est né d’un père marin sur la liaison Le Havre-Hambourg. En 1835, sa famille s’installe au Havre et à 10 ans, il travaille comme mousse sur un bateau. À 12 ans, il devient commis chez un imprimeur, puis chez un papetier et fonde à 20 ans sa propre papèterie. Son commerce est fréquenté par nombre d’artistes, notamment Constant Troyon et Jean-François Millet, ce dernier l’encourage à apprendre la peinture.

En 1846, il abandonne la papèterie, s’inscrit à l’École municipale de dessin du Havre et, en 1848, voyage en Belgique et aux Pays-Bas, où il découvre les grands maîtres flamands et néerlandais.

En juin 1851, Eugène Boudin arrive à Paris et entre dans l’atelier du peintre Eugène Isabey ainsi qu’au musée du Louvre comme copiste. Il fait de nombreux voyages à partir de 1855 ; la première exposition Boudin a lieu à Paris en 1857.

En 1858, il rencontre Claude Monet, tout jeune caricaturiste, puis Johan Jongkind qu’il initiera à la peinture sur le motif, notamment lors des séjours à la ferme Saint-Siméon à Honfleur, où se retrouvent régulièrement de nombreux autres peintres parisiens et normands L’influence de Boudin sur Monet sera déterminante.

En 1859, le peintre expose pour la première fois au salon annuel organisé par l’Académie des Beaux-arts. Il présente une scène de genre bretonne, Le pardon à Sainte-Anne-la-Palud, qui attire l’attention de Charles Baudelaire. La même année, il fait la rencontre Gustave Courbet.

Au début des années 1860, apparaît la mode des bains de mer. L’aristocratie et la haute bourgeoisie parisiennes se rendent alors l’été sur la côte normande. Deauville et Trouville deviennent sous l’influence du duc de Morny, neveu de Napoléon III, des stations très prisées. Boudin commence alors à réaliser des tableaux saisis sur le motif, immortalisant cet art de vivre. En 1868, il organise une vente publique de ses œuvres, qui est un succès et donne lieu à des critiques élogieuses, notamment d’Émile Zola.

En 1874, le peintre participe à la Première exposition des peintres impressionnistes, à Paris. En 1880, Durand-Ruel lui achète toute sa production et cette nouvelle aisance financière lui permet de voyager en Belgique, aux Pays-Bas et en Italie.

À partir de 1890, Eugène Boudin séjourne, chaque hiver, dans le Midi, où le climat plus favorable à sa santé lui permet de travailler régulièrement en plein-air. En 1891, il séjourne à Saint-Valery et représente la ville et la baie dans une soixantaine de tableaux.

DUFY (Raoul)

Raoul Dufy

Mémoire d'encres - Documents signés de Raoul DUFY (1877-1953), peintre, illustrateur, graveur et décorateur

Dessinateur, peintre, céramiste et créateur de tissus, Raoul Dufy est né en 1877 au Havre et meurt à Forcalquier en 1953. Il exerce ses talents dans de multiples domaines : peinture, gravure ou arts décoratifs, comme dans la création de tissus pour des couturiers majeurs des Années Folles. Il s’est intéressé à de nombreux styles artistiques (impressionnisme, fauvisme, cubisme), avant de définir un style plus personnel après 1915. Raoul Dufy a produit une œuvre abondante, soit deux mille peintures, quatre mille aquarelles, de nombreux dessins, gravures, illustrations, céramiques, etc.

Il est l’ainé d’une famille modeste et doit interrompre ses études à l’âge de quatorze ans pour travailler comme comptable chez un importateur de café du Havre. Il suit en parallèle les cours du soir de Charles Lhuillier, à l’École municipale des Beaux-Arts du Havre, où il rencontre Othon Friez et Georges Braque. Dès 1895, Dufy réalise des aquarelles sous l’influence artistique des impressionnistes et notamment celle d’Eugène Boudin (La Plage de Sainte-Adresse).

En 1900, il intègre l’École des beaux-arts de Paris, où il retrouve son ami Othon Friesz et participe l’année suivante au Salon des artistes français ; il expose également ses œuvres à la galerie de Berthe Weil à Montmartre. Après le Salon d’automne de 1905, il se tourne vers le fauvisme, inspiré par Henri Matisse et André Derain (Vieilles maisons sur le bassin de Honfleur, La Rue pavoisée).

En 1908, Dufy découvre Marseille et l’Estaque, il abandonne le fauvisme et s’intéresse au cubisme de Georges Braque et Paul Cezanne (Arbres à L’Estaque, La Grande Baigneuse). Il développe aussi son talent pour la gravure sur bois et illustre Le Bestiaire de Guillaume Apollinaire (1907).

En 1910, après sa rencontre avec le styliste Paul Poiret, il se lance dans la création de motifs pour les tissus de mode et de décoration. Dufy fonde avec lui l’atelier « La Petite Usine », où il réalise ses premiers tissus imprimés en transposant les motifs de ses gravures. Il signe en 1912 un contrat avec la firme de soieries lyonnaise, Bianchini-Férier, fabricant de tissus de luxe destinés à l’ameublement et à l’habillement féminin. Raoul Dufy en sera le directeur artistique jusqu’en 1928 et concevra près de 4000 projets, stylisant son iconographie à partir de thèmes floraux, d’imageries orientales et exotiques alors en vogue, autour d’éléphants, tigres, panthères et oiseaux des îles.

Pour ce qui est des grands décors muraux, Dufy crée, entre autres, les panneaux de la villa « L’Altana » du banquier Weissweiller à Antibes (1929), le décor de la salle à manger du docteur Paul Viard (1933), avant de réaliser pour l’Exposition de 1937, en collaboration avec son frère Jean Dufy, l’immense fresque de 250 panneaux, La Fée Électricité. Suivront le panorama La Seine, de Paris à la mer, dans le bar-fumoir du théâtre de Chaillot (1938), les grands triptyques de la singerie du jardin des Plantes (1939) et des décors pour le Théâtre-Français.

En 1949, Raoul Dufy illustre Les Nourritures terrestres d’André Gide, puis l’année suivante L’Herbier de Colette.

BALZAC (Honoré de)

Autographes d'Honoré de Balzac

Mémoire d'encres - Documents signés d'Honoré de BALZAC (1799-1850), romancier et dramaturge

Romancier et dramaturge, mais aussi journaliste et critique littéraire, Honoré de Balzac naît à Tours en 1799 et meurt à Paris en 1850. Après une première période consacrée sans succès au théâtre et au métier d’imprimeur, il vit d’écrits alimentaires qu’il signe de différents pseudonymes.
À partir de 1832, après le succès de La Peau de chagrin, Balzac se consacre à son œuvre majeure, La Comédie humaine, entreprise titanesque qui regroupe 90 romans réalistes, fantastiques ou philosophiques, contes, nouvelles, essais ou études analytiques, parmi lesquels Eugénie Grandet, Le Lys dans la vallée, Le Père Goriot Le Colonel Chabert et Les  Illusions perdues. L’écrivain y décrit avec réalisme les rouages de la société contemporaine selon un vaste cycle romanesque mettant en scène une série de personnages récurrents.

Issu d’un milieu bourgeois et né sous le nom d’Honoré Balzac, il souffre de l’indifférence d’une mère et découvre en 1804 la solitude dans une pension de Vendôme. Il est alors très proche de sa sœur cadette, Laure, future Madame Surville, qui publiera plus tard sa biographie (1858).

En 1814, la famille s’installe à Paris. Balzac y étudie le droit et devient clerc de notaire. En 1819, bachelier en droit, il refuse de poursuivre ses études de notaire et se consacre à la littérature.

Dès 1820, Balzac rédige ses premières œuvres. Il se concentre sur le théâtre et étudie la révolution anglaise dans sa pièce Cromwell qui reçoit un accueil mitigé, comme la plupart de ses autres pièces qui ne seront jamais jouées.

sEn 1828, après la faillite de son entreprise d’édition, Balzac revient à l’écriture. L’année suivante, il publie un roman politco-militaire, Les Chouans, premier de ses ouvrages signés « Honoré Balzac », la particule n’étant ajoutée qu’après la mort de son père, pour la publication de L’Auberge Rouge (1831).

Il édite cette même année La Physiologie du mariage qui remporte un vif succès auprès de la gent féminine et lui ouvre les portes des salons littéraires, notamment celui de Juliette Récamier, où il rencontre Alexandre Dumas et Victor Hugo. Il devient à cette époque l’ami d’Émile de Girardin et de son épouse Delphine, dont il fréquente également le salon.

En 1831, Balzac publie La Peau de chagrin qui sera son premier grand succès. Commence alors l’aventure de La Comédie Humaine, titre sous lequel Balzac regroupera un ensemble de plus de 90 ouvrages dont l’écriture s’échelonne de 1831 jusqu’à sa mort.

La Comédie humaine est organisée en trois divisions : études de mœurs, études philosophiques et études analytiques. Après La Peau de Chagrin, il fait paraître, pour citer les principales œuvres, Le Curé de Tours (1832), Eugénie Grandet (1833), Le Père Goriot et Le Colonel Chabert (1835), Le Lys dans la vallée (1836), Illusions perdues (1837-1843), La Cousine Bette (1846), Le Cousin Pons (1847), etc.

Le Père Goriot, commencé en 1834, marque une étape importante, inaugurant le principe du retour des personnages, une des innovations majeures de l’œuvre.

En 1832 avait débuté sa correspondance avec Eve Hanska, une admiratrice polonaise. En 1843, suite au décès de son mari, Balzac lui rend de fréquentes visites à Saint-Pétersbourg. Cette série de voyages réduit sa production littéraire et contribue à l’épuiser physiquement.

En 1848, Balzac échoue une fois de plus à entrer à l’Académie française et part retrouver Mme Hanska qu’il épouse en 1850. Le 18 août 1850, Honoré de Balzac décède à Paris, rue Fortunée, après de nombreuses crises cardiaques, épuisé par son ardeur au travail et ses excès.

CEZANNE (Paul)

Mémoire d'encres - Documents signés de Paul CEZANNE (1839-1906), peintre post-impressionniste, précurseur du cubisme

Peintre précurseur du mouvement postimpressionniste et du mouvement cubiste, Paul Cezanne est né à Aix-en-Provence en 1839 et meurt dans la même ville en 1906. Il participe au mouvement impressionniste dans un premier temps, puis parvient à définir un genre nouveau avec le recours à une technique de géométrisation dans la réalisation des portraits, des natures mortes et des paysages. Cette évolution fera reconnaître le peintre comme précurseur du postimpressionnisme et comme l’avant-garde du mouvement cubiste.

Parmi ses œuvres les plus fameuses figurent Les Joueurs de Cartes, Les Grandes Baigneuses, Le Panier de Pommes, Portrait de Madame Cezanne, Nature Morte avec rideau, et La Montagne sainte-Victoire, sujet repris dans près de 80 de ses œuvres.

Né dans une famille aisée, Paul Cezanne fréquente le collège Bourbon, où il fait la rencontre d’Émile Zola avec qui il se lie d’amitié. À partir de 1857, il suit des cours à l’école de dessin d’Aix-en-Provence et, après un baccalauréat ès lettres, poursuit des études de droit. Il abandonne ce cursus en 1860 et part étudier à Paris, où il est refusé aux Beaux-Arts. Il repasse le concours d’entrée en 1862.
En 1863, il est inscrit, comme copiste, au Louvre et étudie à l’Académie Suisse, où il côtoie Camille Pissarro, Claude Monet, Auguste Renoir et Alfred Sisley. Il réalise ses premières toiles : Le Meurtre et Le Portrait d’homme qui sont refusées au Salon.

En 1872, il s’installe à Auvers-sur-Oise, près de son ami Pissarro, qui l’initie aux techniques impressionnistes. Il peint alors La Maison du pendu, premier tableau de Cezanne vendu à un collectionneur et La Maison du docteur Gachet à Auvers. En avril 1874, il participe à la première exposition impressionniste organisée par Nadar où il présente Une Olympie moderne, en hommage à l’Olympia qu’Édouard Manet avait peinte en 1863. Ses œuvres font scandale, le peintre repart alors pour la Provence, à Jas-de-Bouffan.

En 1877, Paul Cezanne présente seize œuvres à la troisième manifestation impressionniste, avant de s’éloigner de cette technique pour adopter un style privilégiant la trame géométrique qui accentue le relief et les volumes. Il va peindre entre 1880 et 1890 plusieurs centaines de tableaux, dont 80 représentations du massif de la montagne Sainte-Victoire.

En novembre 1895, le marchand d’art Ambroise Vollard organise une rétrospective de 150 de ses œuvres, dont Les Joueurs de Cartes, Le Panier de pommes, Rideau, Cruchon et Compotier et Nature Morte au Rideau. Cet événement lui apporte la reconnaissance des critiques comme celle de ses pairs, il devient une source d’inspiration pour de jeunes artistes, qui formeront l’avant-garde du cubisme. À partir de 1898, il réalise encore Les Grandes Baigneuses, Pyramide de Crânes et Château Noir.

Paul Cezanne décède en 1906 des suites d’une pneumonie après avoir travaillé en plein air sous l’orage.

MÉLIÈS (Georges)

Georges Méliès

Mémoire d'encres - Documents signés de Georges MÉLIÈS (1861-1938), prestidigitateur, illusionniste, pionnier du cinéma

Réalisateur, prestidigitateur-illusionniste et pionnier du spectacle cinématographique, Georges Méliès est né en 1861 à Paris et mort en 1938 dans la même ville. Il est considéré comme l’auteur des premiers films de science-fiction, d’aventures, de merveilleux ou de fantastique, mais aussi historiques, de l’histoire du cinéma. Il invente les premiers trucages (surimpressions, fondus, grossissements et rapetissements de personnages) et est le premier cinéaste à utiliser les storyboards. Il fait bâtir le premier studio de cinéma et est considéré comme le premier réalisateur de film politique de l’histoire du cinéma avec son film sur l’affaire Dreyfus.

Entre 1896 et 1912, il tourne un total de 520 films, d’une durée de une à quelques minutes, qu’il conçoit intégralement (production, distribution, scénario, décor, mise en scène et acteur), dont les plus célèbres : Le voyage dans la Lune, L’Affaire Dreyfus, L’Homme-Orchestre, Le Voyage à travers l’impossible et Vingt Mille Lieues sous les mers.

En 1880, pendant ses études au lycée Louis-le-Grand, il manifeste des dons pour le dessin et la peinture. Pendant un séjour à Londres (1884), il fréquente un théâtre de magie et côtoie des professionnels du spectacle, qui l’initient à la prestidigitation. En 1886, il se produit comme illusionniste au Musée Grévin et à la Galerie Vivienne sous le pseudonyme de Docteur Mélius ; deux ans plus tard, grâce à une donation de son père, il reprend le théâtre Robert-Houdin, resté inactif depuis la mort du célèbre illusionniste.

En 1889-90, Georges Méliès crée des spectacles de magie dans son théâtre et réalise des caricatures politiques dans le journal La Griffe de son cousin Adolphe Méliès. L’année suivante, il fonde l’Académie de prestidigitation qui donne un statut aux illusionnistes jusqu’alors peu considérés.

En 1895, les frères Lumières présentent leur Cinématographe au public. Le 28 décembre, au Grand Café. Georges Méliès est convié par le photographe Antoine Lumière (le père), il est émerveillé par les images photographiques animées. Un an plus tard, il crée son propre appareil de prise de vues le Kinetograph et réalise ses premiers films sur des pellicules qu’il perfore à la main (Une partie de cartes, Une bonne farce de chiffonnier). En 1897, il fait construire l’Atelier A dans sa propriété de Montreuil sous-bois, atelier qui sera le premier studio au monde dédié au cinéma, suivra l’Atelier B en 1907.

En 1902, Méliès réalise Le Voyage dans la Lune qui mêle illusions photographiques et innovations techniques. Le film connaît un succès mondial et est largement piraté aux États-Unis, sans aucune compensation financière pour lui. Il envoie alors son frère Gaston pour défendre ses intérêts et s’implanter sur le marché américain.

En 1911, il réalise ses premiers films pour Pathé, Les Hallucinations du Baron de Munchhausen et La Conquête du Pôle. Il tourne un an plus tard ce qui sera son dernier film, Le Voyage de la famille Bourrichon.

En 1913, il ferme définitivement ses deux studios. La diffusion de ses films aux États-Unis et de ceux réalisés par son frère Gaston, lui assurent des revenus mais, faute d’avoir constitué une société, sa situation financière devient critique, Star Film n’ayant jamais été qu’une marque déposée.

En 1923, Méliès vend sa propriété de Montreuil pour payer ses dettes. Le théâtre Robert-Houdin, est démoli, suite à une expropriation. En 1925, des journalistes découvriront Georges Méliès devenu marchand de jouets, dans un magasin près de la gare Montparnasse, dirigé par Jehanne d’Alcy, sa seconde épouse.

GIACOMETTI (Alberto)

Mémoire d'encres - Documents signés d'Alberto GIACOMETTI (1901-1966), sculpteur et peintre

Sculpteur et peintre suisse, Alberto Giacometti naît le 10 octobre 1901 à Borgonovo et meurt en 1966, à Croire, en Suisse. Ses sculptures de silhouettes humaines filiformes et hyper longilignes réalisées en bronze valent à l’artiste sa renommée internationale. Parmi ses œuvres majeures, emblématiques de son art, on peut citer : L’Homme qui chavire (1950), Femme debout (1953) et L’Homme qui marche (1960).

Son père, Giovanni, lui-même peintre, l’encourage à pratiquer le dessin. À l’âge de 12 ans, il réalise sa première peinture, Nature morte aux pommes, ainsi que plusieurs portraits des membres du cercle familial.

Après avoir étudié à l’École des beaux-arts de Genève, il produit son premier autoportrait en 1921. L’année suivante, il se fixe à Paris et devient l’élève d’Antoine Bourdelle à l’Académie de la Grande Chaumière, il y découvre l’art grec et africain mais aussi le cubisme.

En 1926-27, Alberto Giacometti réalise les premières sculptures de sa carrière : Torse 1Femme cuillère, Composition cubiste et Homme.
En 1931, il se joint au mouvement surréaliste et se consacre à l’illustration des livres de ses camarades Tristan Tzara, André Breton et René Crevel.  Il expose aux côtés de Joan Miró et de Jean Arp et réalise une série de sculptures surréalistes : Femme couchée qui rêve (1929), Boule suspendue (1930-1931), L’Objet invisible (1934). À partir de 1935, il s’éloigne du mouvement et revient vers l’art figuratif.

En 1937, il peint la Pomme sur le buffet et fait de nombreux portraits de son entourage : celui de sa mère (The Artist’s Mother, 1950), de son frère Diego (Diego in a Plaid Shirt, 1954) ou de sa femme Annette Arm (Annette dans le studio, 1954 – Annette, 1962). Il poursuit en parallèle la production de silhouettes humaines, partageant ses ateliers avec son frère et complice de toujours, Diego, qui réalise, lui, des sculptures d’animaux.

En 1947, une première version de l’Homme qui marche, est exposé chez son ami le galeriste Pierre Matisse. Jusqu’en 1950, il en réalise une série de formats intermédiaires et, en 1960, dans le projet pour la Chase Manhattan Plaza, il crée deux autres versions monumentales en bronze : Homme qui marche I, et Homme qui marche II avec des inclinaisons de buste différentes.

DAUDET (Alphonse)

Alphonse Daudet autographe

Mémoire d'encres - Documents signés d'Alphonse DAUDET (1840-1897), écrivain et dramaturge

Écrivain et auteur dramatique, Alphonse Daudet est né à Nîmes en 1840 et mort à Paris en 1897. Il puise son inspiration dans sa Provence natale pour certaines de ses œuvres, dont les plus connues : Les Lettres de mon Moulin et le Petit Chose. De son vivant, il ne connaît le succès populaire qu’après la publication de sa trilogie Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon et de ses nouvelles Les contes du lundi.

En 1855, son père étant ruiné, Alphonse Daudet doit renoncer à poursuivre ses études et devient maître d’étude dans un collège à Alès. Cette période est marquée par une tentative de suicide suite à une déception amoureuse et s’achève par son renvoi et son installation à Paris. Ce moment de vie lui inspire son roman largement autobiographique Le Petit Chose (1868 ).

En 1857, il rejoint son frère Ernest à Paris et collabore à différents journaux avant de publier l’année suivante un recueil de vers intitulé Les Amoureuses. À partir de 1860, il travaille comme secrétaire du duc de Morny, c’est à cette période qu’il contracte la syphilis qui lui causera de graves séquelles et lui sera fatale.
En 1862, Alphonse Daudet connaît un premier succès avec sa pièce de théâtre La Dernière idole, qui est présentée à l’Odéon. Il écrira en tout 17 pièces de théâtre, dont Les Absents (1864),  L’Œillet blanc (1865) ou encore Lise Tavernier et l’adaptation théâtrale de L’Arlésienne en 1872, sur une musique de Georges Bizet.

En 1865, il rencontre Paul Arène, poète et écrivain provençal, avec qui il débute l’écriture des premières nouvelles alors intitulées Chroniques provençales, publiées sous forme de feuilleton dans le journal L’Évènement avant d’être regroupées dans un recueil de contes, sous le titre Les Lettres de mon moulin, publié en 1869. Cet ouvrage contient quantité de nouvelles devenues célèbres, telle La Chèvre de Monsieur Seguin, Le Curé de Cucugnan, Les Trois Messes basses, ou L’Arlésienne.

En 1872, grâce à sa trilogie Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon, ainsi qu’à son recueil de nouvelles Les contes du lundi l’année suivante, Alphonse Daudet connaîtra enfin le succès populaire et l’aisance matérielle.

En 1874, il aborde le roman de mœurs avec Fromont jeune et Risler aîné, suivi de Jack (1876), Le Nabab (1877), et Les Rois en exil (1879).

En 1896, Edmond de Goncourt le charge de fonder un groupe littéraire décernant chaque année un prix à un ouvrage écrit en prose, l’Académie Goncourt.

En 1897, Alphonse Daudet meurt à 57 ans d’une maladie invalidante et incurable de la moelle épinière, complication neurologique de la syphilis.

DEGAS (Edgar)

Edgar Degas

Mémoire d'encres - Documents signés d'Edgar DEGAS (1834-1917), peintre, sculpteur et graveur

Peintre, sculpteur et graveur du mouvement impressionniste, Edgar Degas est né à Paris en 1834 et meurt dans cette même ville en 1917. Ses représentations des ballerines de l’Opéra de Paris l’ont rendu célèbre, mais il aborda d’autres thèmes, tels les courses de chevaux, les cafés-concerts ou des sujets inspirés de la vie quotidienne. Parmi ses œuvres les plus connues figurent L’Absinthe, Le Tub, La Classe de Danse ou Après le bain.

Edgar Degas est issu d’un milieu très aisé et très cultivé, son père et son grand-père sont banquiers (banque Hilaire de Gas) et collectionneurs passionnés d’œuvres d’art. En 1855, il entre à l’école des Beaux-Arts de Paris, après avoir étudié le droit.

De 1856 à 1859, il vit un temps à Rome et peint essentiellement des portraits de ses proches . Son premier chef-d’œuvre sera La famille Belleli ; il s’essaye aussi à la peinture historique (Sémiramis construisant Babylone, 1861 – Scènes de guerre au Moyen Âge, 1865). Il s’en détourne ensuite pour peindre des sujets inspirés de la vie contemporaine avec, parmi ses thèmes de prédilection, les courses de chevaux (Chevaux de course devant les tribunes, 1868), les portraits (Portrait de jeune femme, 1867) et le monde du spectacle (L’Orchestre de l’Opéra, 1868-1869). En 1870, il rejoint le cercle des impressionnistes.

Entre octobre 1872 et mars 1873, Edgar Degas séjourne chez son frère à La Nouvelle-Orléans, où il peint Le Bureau de coton à La Nouvelle-Orléans.

En 1874, il participe avec Monet, Cezanne et Renoir à la première exposition des impressionnistes et explore des thèmes nouveaux : les repasseuses, les modistes ou les femmes à leur toilette. Il innove également sur le plan formel et technique, en optant, comme dans L’Absinthe (1875) pour un cadrage décentré ou en utilisant le point de vue en plongée (Femme à la bassine) ou en contre-plongée (Miss Lala au cirque Fernando).

Edgar Degas préfère travailler en intérieur et est fasciné par le ballet, qui représente pour lui un sujet idéal pour l’étude du mouvement. Il s’installe dans les coulisses de l’Opéra de Paris pour peindre aussi bien les entraînements en coulisses que les représentations sur scène (La Classe de danse et L’Étoile, Danseuses sur la scène).

En 1880, il se tourne un temps vers la sculpture et crée La petite danseuse de quatorze ans qu’il présentera à l’exposition impressionniste de 1881. Il se définit alors davantage comme peintre réaliste que comme impressionniste. Entre 1876 et 1885, il réalise une série de monotypes de scènes de maisons closes, puis réalise des photographies, essentiellement des portraits. À partir de 1905, le peintre se retranche de plus en plus dans son atelier, souffrant de problèmes de vue.

En 1917, Edgar Degas meurt entouré d’une formidable collection de 500 peintures et dessins et de 5000 lithographies.