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Alfred de VIGNY accepte une « grande invitation » de la comtesse Drouyn de Lhuys

Lettre autographe signée Cte Alfred de Vigny adressée à la comtesse Drouyn de Lhuys – [Paris] 6, rue des Écuries d’Artois, 22 novembre 1854 – 2 pp. ½ in-8.

 

« …dans les heures d’une maison d’où partent et où reviennent aujourd’hui les plus grandes affaires du monde. »

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Alfred de VIGNY (1797 – 1863) – Poète

Lettre autographe signée Cte Alfred de Vigny adressée à la comtesse Drouyn de Lhuys – [Paris] 6, rue des Écuries d’Artois, 22 novembre 1854 – 2 pp. ½ in-8.

Sur sa participation aux œuvres de la comtesse

« J’étais bien loin, madame, d’avoir rien oublié de la bonne grâce si parfaite avec laquelle vous m’aviez dit que je serais attendu chez vous dimanche prochain. Mais j’ai pensé que les six jours qui séparaient la soirée de lundi au jour où vous voudriez bien me recevoir pouvaient annoncer quelque changement dans les heures d’une maison d’où partent et où reviennent aujourd’hui les plus grandes affaires du monde [le comte Drouyn de Lhuys dirigeait la diplomatie sous Napoléon III, notamment pendant la guerre de Crimée et participa aux conférences de Vienne de 1854 et 1855. En désaccord avec l’empereur sur l’alliance avec l’Autriche, il démissionnera le 7 mai 1855]. J’avais voulu m’assurer de vos intentions par moi-même auprès de vous, madame.
Je vous rends grâces d’avoir bien voulu me faire savoir encore que rien n’est dérangé. Je suis assez heureux moi-même pour n’être pas impérieusement retenu par ces préoccupations douloureuses qui m’arrivent trop souvent. Je serai donc dimanche fort exact à me rendre à votre grande invitation et vous prie de faire agréer à S. S. Monsieur le Cte Drouyn de Lhuys mes témoignages de dévouement et de haute considération et recevoir, madame, l’assurance de mon respect
. »

La comtesse Drouyn de Lhuys, née Mathilde de Saint-Cricq (1822-1899) est l épouse du ministre des Affaires étrangères Édouard Drouyn de Lhuys. Vigny s’était installé à Paris un an plus tôt et venait d’entamer sa relation avec Louise Colet au printemps. En février 1854 était paru La Bouteille à la mer dans la Revue des deux Mondes, dernier poème publié de son vivant.

Le dimanche 30 avril allait se tenir une assemblée de charité en faveur des pauvres secourus par l’Association charitable de la paroisse, à laquelle les Drouyn de Lhuys apportaient leur soutien.

 

Petites fentes aux plis, voir photos.