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Charles de GAULLE – Magnifique lettre évoquant le maréchal Pétain (1932)

Lettre autographe signée adressée à un ami colonel – Paris, 23 février 1932 – 3 pp. in-4 (21 x 27 cm).

 

« En outre, il n’existe pas de personnage ayant assez d’autorité à la fois sur la Guerre, la Marine et l’Air pour leur servir de chef d’état-major supérieur, et de crédit dans le monde politique pour se saisir de pouvoirs aussi étendus »

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Charles de GAULLE (1890 – 1970) – Militaire, homme d’État et écrivain

Lettre autographe signée adressée à un ami colonel – Paris, 23 février 1932 – 3 pp. in-4 (21 x 27 cm).

Magnifique lettre évoquant sa vision de l’autorité militaire et la figure du maréchal Pétain

Alors qu’il vient de prendre ses fonctions au secrétariat de la Défense nationale, soutenu par le maréchal Pétain, Charles de Gaulle « patauge » dans l’organisation du ministère. Son destin lui permettra d’incarner quelques années plus tard la figure historique qu’il peint à grands traits.

« Nous avons eu hier de vos nouvelles par M. Aubert. Ainsi savons-nous que vous allez bien et que vous avez eu, naturellement fort à faire. Le retour de M. Tardieu et de la délégation va apporter certainement un surcroît de travail [le troisième gouvernement André Tardieu entré en fonction le 20 février]: je sais, vous connaissant, que vous n’en êtes pas effrayé. Pour moi je regrette, cependant, de n’avoir pas trouvé l’occasion de vous y aider dans la mesure de mes moyens. Le général m’a mis sur le « plan de guerre » (ceci dit en confidence car il paraît que c’est, non un secret d’état, mais un secret de la maison). Je lutte donc corps à corps avec ce serpent de mer et tâche de le tirer hors des flots.

On patauge depuis trois jours à propos de l’organisation du nouveau ministère de la défense nationale. Le Maréchal Pétain a donné à M. Tardieu un projet que vous connaissez sans doute, celui des 2 compartiments : Commandement (les 3 chefs d’état-major et le personnel), et Services (les Secrétaires généraux, le matériel et l’administration). Mais ce projet radical, soulève des tempêtes dans les trois départements. En outre, il n’existe pas de personnage ayant assez d’autorité à la fois sur la Guerre, la Marine et l’Air pour leur servir de chef d’état-major supérieur, et de crédit dans le monde politique pour se saisir de pouvoirs aussi étendus. Le Maréchal aurait pu être celui-là ; il est trop vieux à présent et devra s’en tenir au rôle éventuel de conseiller technique. Reste la solution d’en rester aux errements précédents en laissant trois département fonctionner chacun de son côté avec un seul ministre commun. C’est ce qu’on fera probablement pour différer la difficulté : celle-ci réapparaîtra lorsqu’il s’agira de répartir les crédits au milieu des fureurs de tous.

Il y aurait, cependant, quelque chose de bien intéressant et de bien utile à réaliser dans cet ordre d’idées. Je crois que le mieux serait d’y aller par bonds et d’abord de créer auprès du ministères un bureau d’étude pour bien voir où l’on va et proposer des phases. Quel dommage que notre Secrétariat s’enfonce dans des histoires de semelles de bottes et de boîtes de sardines pour le temps de guerre, quand il pourrait constituer justement le noyau de ce bureau d’étude et, plus tard, celui d’un état-major de la défense nationale ! […] Je vous aurais fort bien vu, mon Colonel, dans un pareil cadre et je dois ajouter que je m’y verrais moi-même très bien à votre suite… Il est vrai que les élections prochaines peuvent tout remettre en question. […] »

Sur cette étape décisive de sa carrière militaire, voir cette lettre également proposée sur le site.

Plis consolidés, petite déchirure restaurée en début de signature, sans manque, voir photos.