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Claude Joseph ROUGET DE LISLE – Ses ennuis matériels et sa détresse morale

Lettre autographe adressée à un ami – S.l., 15 [Nivôse an X / 5 janvier 1802] – 1 page sur un double feuillet in-12, l’adresse du destinataire sur le second feuillet a été partiellement découpée.

 

« Je rentre accablé de fatigue après n’avoir trouvé que des gens aussi désolés que moi, car la pénurie paraît générale, ou que des gens glacés qui n’ont ni entrailles, ni mémoire. Je suis malade de chagrin, de corps et d’esprit. »

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Claude Joseph ROUGET DE LISLE (1760–1836) – Officier et poète

Lettre autographe adressée à un ami – S.l., 15 [Nivôse an X / 5 janvier 1802] – 1 page sur un double feuillet in-12, l’adresse du destinataire sur le second feuillet a été partiellement découpée.

La détresse de Rouget de Lisle, malade de chagrin, de corps et d’esprit

« Je n’ai rien fait, Mon cher, je suis au désespoir et votre lettre que je trouve en rentrant m’achève. Lays [peut-être François Lay dit Lays (1758-1831), chanteur de l’Opéra qui fut un des interprètes de La Marseillaise]. tout bien réfléchi et par ses raisons qui ne sont que trop plausibles, n’a pu faire ce que je lui demandais. Je rentre accablé de fatigue après n’avoir trouvé que des gens aussi désolés que moi, car la pénurie paraît générale, ou que des gens glacés qui n’ont ni entrailles, ni mémoire. Je suis malade de chagrin, de corps et d’esprit. Je comptais ne pas sortir ce soir, mais je ne puis rester tranquille vous sachant dans la crise où vous êtes, et je vais me mettre à la piste d’une idée qui m’arrive. Si je réussis vous aurez de mes nouvelles demain de bonne heure. Et pour l’ensemble de mon argenterie, on ne m’offre que 800 fr. ! – »

Après son renoncement à la carrière militaire (1797) la situation de Rouget de Lisle est devenue précaire, il devient agent commercial accrédité par le gouvernement français comme intermédiaire entre la France et la république batave, fonction qu’il exerce jusqu’au début de 1802. Ces difficultés, notamment fiancières, sont ensuite constantes, il les surmonte par des travaux de traduction ou la rédaction de mémoires.

Une recherche sur l’adresse incomplète pointe la rue du Gros C[henet], future rue du Sentier, où résidait, au 23, un certain Rouget (!), commissaire priseur et appréciateur du Mont de Piété. L’abattement et la détresse exprimés dans la lettre, ainsi que la dernière partie évoquant notamment la vente précipitée de bien mobiliers sont en cohérence avec ce destinataire possible. Il ne s’agit là bien évidemment que d’une hypothèse.

Bon état, voir photos.