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Emil CIORAN – Manuscrit autographe, notes pour “De l’inconvénient d’être né”

Manuscrit autographe avec ratures et corrections – S.l.n.d. [c.1970] – 1 page in-4 (21 x 27 cm), à l’encre bleue.

 

« Car à quoi peut me mener cette rumination sur le phénomène de la naissance ? À rien, sinon à un supplément de souffrance. »

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Emil CIORAN (1911–1995) – Écrivain et philosophe

Manuscrit autographe avec ratures et corrections – S.l.n.d. [c.1970] – 1 page in-4 (21 x 27 cm), à l’encre bleue.

Intéressantes notes préparatoires à De l’inconvénient d’être né

« Il est certain que si je me suis attaché à ce problème c’est par goût, par passion de l’insoluble, en d’autres termes, par besoin de tourment. Car à quoi peut me mener cette rumination sur le phénomène de la naissance ? À rien, sinon à un supplément de souffrance. Mais peut-être la souffrance est une nécessité vitale chez certains. Ils ne peuvent avancer qu’en se torturant, qu’en s’infligeant défaite sur défaite. Je tourne autour de ma naissance, et pars de toute naissance : mais je ne peux arrêter ce qui est déclenché, ce qui est arrivé.

Mais peut-être cette quête a-t-elle un sens plus sérieux. Elle représenterait une modalité détournée de mettre en question la création dans son ensemble, car sans aucun doute, la naissance est le point de départ de tout être et de tout pouvoir ; mettre en question la naissance équivaut à un attentat contre les origines. Qu’il n’y ait plus d’origine ; c’est aussi la volonté que rien n’ait eu lieu, que ce qui a été ne soit pas, que rien ne soit et qu’il eût été préférable qu’il n’y eût rien, que l’être est une erreur ; comme si on pouvait concevoir une autre erreur que celle de l’être ! Ruminer sur la naissance, c’est soupirer après une autre erreur que celle d’être. »

Plusieurs passages du texte définitif font écho aux thèmes abordés dans ces lignes :

« Quand on rumine à longueur de journée sur l’opportunité de la naissance, tout ce qu’on projette et tout ce qu’on exécute semble piètre et futile […] ». « La souffrance ouvre les yeux, aide à voir des choses qu’on n’aurait pas perçues autrement. Elle n’est donc utile qu’à la connaissance, et, hors de là, ne sert qu’à envenimer l’existence. Ce qui, soit dit en passant, favorise encore la connaissance […] » (De l’inconvénient d’être né – X).

Accidents en marge droite, voir photo.