Émile ZOLA s’invite à la réception de Pierre Loti à l’Académie
Lettre autographe signée probablement adressée à Jules Claretie, comme président de l’Académie – Paris, 4 avril 1892 – 1 page sur un double feuillet in-8 de papier vergé.
« Ma femme, qui n’a jamais assisté à aucune solennité académique, va donc, grâce à vous, contenter un très ancien désir »
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Émile ZOLA (1840 – 1902) – Écrivain, romancier et journaliste
Lettre autographe signée probablement adressée à Jules Claretie, comme président de l’Académie – Paris, 4 avril 1892 – 1 page sur un double feuillet in-8 de papier vergé.
Zola s’apprête à assister à la réception fort mouvementée de Pierre Loti à l’Académie
« Mon cher président,
J’ai reçu les deux places, et je tiens à vous remercier de la grande amabilité que vous avez mise à vous souvenir de la promesse que vous aviez bien voulu me faire.
Ma femme, qui n’a jamais assisté à aucune solennité académique, va donc, grâce à vous, contenter un très ancien désir, et elle joint ses vifs remerciements aux miens.
Veuillez me croire, mon cher Président, votre bien reconnaissant et bien dévoué. »
La « solennité académique », dont il est question n’est rien de moins que la réception de Pierre Loti à l’Académie (7 avril 1892). La séance va se révéler particulièrement houleuse, comme l’anticipait probablement déjà Zola, qui semblait avoir envie d’en découdre un peu…il faut dire qu’il venait d’être une nouvelle fois battu aux dernières élections du 21 mai 1891. Loti avait fini par l’emporter au 6e tour de scrutin !
Pierre Loti allait se présenter devant les académiciens, pour faire l’éloge de son prédécesseur – Octave Feuillet -, comme il est de coutume, mais se livra également à un violent réquisitoire contre le naturalisme, ne sachant pas que Zola assistait à la séance. Loti prit ensuite la peine d’écrire à Zola : « j’ignorais que vous dussiez venir à l’Académie ; si je l’avais su, j’aurais, en lisant le discours, supprimé le passage. » ; ce à quoi Zola répondit aussitôt : « on m’avait prévenu de vos attaques ; laissez-moi vous dire que cela n’aurait pas été digne ni de vous ni de moi si, les ayant voulues, vous les aviez supprimées parce que j’étais là. »
Rappelons que Zola allait briguer 19 fois le fauteuil d’Immortel – 25 fois selon le site de l’Académie française – battant tous les records d’obstination. En 1896, il obtiendra son meilleur score avec 16 suffrages, alors que la majorité était de 17. Comprenant que son engagement dans l’affaire Dreyfus lui fermait définitivement les portes de l’Académie, il renoncera ensuite à se présenter. On peut retenir qu’en 1892 les académiciens avaient donc préféré Aziyadé à Germinal.
Bon état, voir photos.

