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Louis-Ferdinand CÉLINE – Manuscrit autographe de 35 pages, “D’un Château l’autre”

Manuscrit autographe extrait du roman D’un Château l’autre évoquant également des passages de Féérie pour une autre fois – [1950-1957] – 35 pp. sur 23 ff. in-4, avec de nombreuses corrections, ratures et parties de texte non reprises dans la version définitive.

 

« et l’Aragon ? et Triolette qui me traduisait si bien le Voyage…qu’a des si beaux yeux ! qu’en revient pas que j’existe encore… »

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Louis-Ferdinand CÉLINE (1894 – 1961) – Écrivain

Manuscrit autographe extrait du roman D’un Château l’autre évoquant également des passages de Féérie pour une autre fois – [1950-1957] – 35 pp. sur 23 ff. in-4, avec de nombreuses corrections, ratures et parties de texte non reprises dans la version définitive.

Exceptionnel manuscrit de 35 pages, fragments D’un Château l’autre

Au recto : D’un Château l’autre. Manuscrit autographe de 23 pp. sur 23 ff. foliotés 100 à 104, 107 à 109, puis 121-124 et 468. Cette section concerne les pages 26 à 33 (Pléiade) du roman (L’amie de Clichy, Sigmaringen, la question du suicide, comment finiront de Gaulle, Thorez et Mollet etc.). Au verso de la page 121, on lit « Marcel Arlan, Athimon, Tuset ».

Au verso : Féérie pour une autre fois / D’un Château l’autre et parfois Nord. Manuscrit de 12 pp. sur 12 ff. foliotés 136 à 139 (bis et ter) et 41.

Par exemple :

1/ Second feuillet 136bis : « à flots de sang, gueulements , empafrements, empalements, gueulements, cris bordel ! Schweitzer jouant l’orgue, le sublime Abbé Pierre officiant, Claudel gnôme , Rhone, Maurriac, Brisson Diacres nobels joliment émus ! mais là au moment sur le coup dans cette cellule d’infirmerie je ne m’intéressais qu’une seule chose de faire remanger Barrabas , qu’il pas de faire la théorie pour l’extrader il fallait pas qu’il remange, qu’il ait mangé qu’il ait pas l’air maigre…vous comprenez ? ou ? vous voyez là cette fois le prestige du Danemark en cause…complications que leurs prisons étaient ignobles On nous avait bouclés ensemble…cellule sous-éclairée allumée nuit et jour. Le garde visait gafait, arrêtait pas de gafer…un coup de guichet toutes les chaque dix minutes , nuit et jour »

D’un Château l’autre (Pleiade, pp. 11 et 18) : « Sâr blablateux !… pâmé, menton, cul mou, rillettes, lunettes, odeurs, tout ! métis de Mauriac et morbac !… chouïa de Claudel Gnome et Rhône ! fragiles hybrides !… bourriques et la Peste ! le crime paye »

« faut dire…je serais d’une Cellule, d’une Synagogie, d’une Loge, d’un Parti, d’un Bénitier, d’une Police…n’importe laquelle ! …je sortirais des plis de n’importe quel « Rideau de fer »..tout s’arrangerait ! sûr ! dur ! pur !…d’un Cirque quelconque !…comme ça que tiennent Maurrois, Mauriac, Thorez, Tartre, Claudel et la suite …l’abbe Pierre…Schweitzer…Barnum…aucune honte !…et pas d’âge ! Nobel et Grand Croix garantis »

2/ Feuillet 1365 : « j’ai appris qu’il s’était foutu hors du train tout enchaîné, avec ses chaînes avant d’arriver à Flensbourg à la frontière où la police russe l’attendait alas Barrabas ! les roues du wagon suivant y avaient coupé le cou …je l’avais pas vraiment guéri de sa manie de se suicider et ni de son amour pour le Danemark ! Bien un suicide à la con Il pouvait attendre pas se buter comme ça. Les russes y reviendront au Danemark !! ils peuvent se le choper le Danemark ! pardi ! ce sera pas volé ! je leur donne moi je vous dit ! et la leur flasque guerre. Vesterfangsel avec !… et la sorbettine mer Baltique donc ! tout ! j’y ai assez cassé de la glace dans la mer Baltique pour la faire fondre et pour faire bouillir un peu d’eau »

Féérie pour une autre fois (Pleiade, page 38) : « si ils ont un dingue ils me le filent, lit à côté on est deux…que je le fasse bouffer, que je l’amuse…Tenez un énorme, un désespéré, nommé Barrabas, un Russe, savetier de son état, je peux dire : je lui ai sauvé la vie… Il se taillait dans la radiale à grands coups de fourchette… et puis il s’attaquait la cuisse sous sa couverture… il s’assassinait… Vous dire l’homme ! la résolution ! Il se serait trouvé la fémorale, l’artère qu’on revient pas !… En deux jours il allait mieux !… rien que mon influence ! la conviction, la pantomime ! vous dire le moral que j’émane !… il remangeait sa soupe !… mais il s’est suicidé plus tard j’ai entendu… deux semaines plus tard… il s’est jeté sous le train… sous le tunnel… il avait cassé ses menottes… ils allaient le livrer… »

3/ Feuillet 139ter : « y a des cellules pavillon K Vesterfangsel le Bloy qui demandent qu’à recevoir du monde il hésiterait pas lui le Tartre [Jean-Paul Sartre] qui m’a si bien tout pillé si il réclamait il en fait une maladie et m’a dénoncé qui existe que par ma pitié et sa clique avec quel raffut qu’il a réclamé ce sous fiente qu’on me fasse fusiller qu’on me zigouille et hop ! et hop ! six quatre deux ce sous-fient ! et le dénommé Vaillant dites donc qui se consume se désole de m’avoir loupé… et l’Aragon ? et Triolette qui me traduisait si bien le Voyage…qu’a des si beaux yeux ! qu’en revient pas que j’existe encore.. »

Etc.

Bon état, voir photos.