Madame FÉNÉON souhaite laver l’honneur de son fils
Lettre autographe et manuscrit signés « Mme Fénéon » adressés à Alphonse Cazet, directeur du journal L’Éclair – [Paris], 4 mai 1894 – 1 page sur un double feuillet in-8 et 1 page in-4, sur papier quadrillé.
« Cette note est une infamie.
Si le ministre de la Guerre n’est pas renseigné à cet égard, madame Fénéon mère va le lui apprendre. »
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[Félix FÉNÉON] (1861 – 1944) – Journaliste et critique d’art
– Madame FÉNÉON, née Marie-Louise JACQUIN (1836-1906), mère de Félix FÉNÉON
Lettre autographe et manuscrit signés « Mme Fénéon » adressés à Alphonse Cazet, directeur du journal L’Éclair – [Paris], 4 mai 1894 – 1 page sur un double feuillet in-8 et 1 page in-4, sur papier quadrillé.
Réponse aux calomnies dont son fils est l’objet après l’attentat du 4 avril au restaurant Foyot
Félix Fénéon venait d’être inculpé pour association de malfaiteurs et placé en détention préventive à Mazas depuis le 27 avril, pour son rôle supposé dans un attentat au restaurant Foyot, dans lequel Laurent Tailhade avait été blessé à l’œil. Octave Mirbeau et Stéphane Mallarmé, entre autres, étaient intervenus en sa faveur ; il sera jugé et acquitté le 12 août, lors du procès des Trente.
Mis en cause dans cette affaire, Félix Fénéon fait face à une campagne de suspicion, concernant notamment sa nomination au ministère de la Guerre. Pour laver l’honneur de son fils, Madame Fénéon adresse un article à différents journaux. L’article en question, qui accompagne la lettre, sera publié en page 2 dans L’Éclair du 6 mai, il paraîtra également dans Le Figaro du 5, le Gil Blas du 6 et L’Intransigeant du 7 mai.
« Monsieur le Directeur de l’Éclair,
Je fais appel à toute votre équité, pour vous prier de vouloir bien insérer dans votre journal, les notes rectificatives ci-jointes, en réponse aux insinuations malveillantes que divers journaux ont faites sur l’entrée de mon fils Félix Fénéon au Ministère de la Guerre.
Avec l’espoir que vous ne refuserez pas l’insertion des lignes que je vous envoie. J’ai, Monsieur le Directeur, l’honneur de vous saluer. »
Le texte de la note à insérer :
« On m’apprend que, il y a quelques jours, un article paru dans un journal annonçait à ses lecteurs que le Ministre de la Guerre « allait prescrire une enquête pour savoir par quelles voies ténébreuses, par quelles influences louches, Félix Fénéon, était entré dans cette administration. »
Cette note est une infamie.
Si le ministre de la Guerre n’est pas renseigné à cet égard, madame Fénéon mère va le lui apprendre.
En 1880, alors qu’il faisait son volontariat, Félix Fénéon, âgé de moins de vingt ans, vint à Paris, pour passer la première partie du concours que doivent subir tous les rédacteurs de cette administration.
Il fut admis à passer la deuxième partie du concours. À la fin de 1880, il revint à Paris, et fut reçu, après les deux épreuves, avec le numéro un sur 60 candidats, tous bacheliers.
Ce numéro un lui donnant le droit de choisir le service dans lequel il désirait entrer ; il choisit le recrutement.
Il entra en fonctions le 1er Mars 1881 âgé de 19 ans et 8 mois. C’est tout ce que j’ai à dire. »
Légères brunissures, voir photos.


