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Pierre LOUŸS écrit à son demi-frère pour évoquer la santé de sa tante (1916)

Lettre autographe signée P. adressée à son demi-frère Monsieur Georges Louis – [Paris, 12 septembre 1916] Samedi soir – 3 pp. in-12, à l’encre violette, enveloppe conservée.

 

« – comme toi quand tu es malade – plus je lui demandais de ses nouvelles, plus elle me parlait de la santé des autres. »

 

 

Vendu

Pierre LOUŸS (1870 – 1925) – Poète et romancier

Lettre autographe signée P. adressée à son demi-frère Monsieur Georges Louis – [Paris, 12 septembre 1916] Samedi soir – 3 pp. in-12, à l’encre violette, enveloppe conservée.

Sur les ennuis de santé de sa tante

« Je viens de revoir ma tante et je ne sais quelles nouvelles te donner. Comme je n’avais pas reçu de lettres depuis plusieurs jours, j’ai posé des questions en montant.

Le concierge m’a dit : Toujours mieux.

La bonne : Madame va bien mieux.

Charles : Les quatre dernières journées (mercredi à samedi) ont été bien meilleures.

Les nuits sont bonnes, les fonctions parfaites. Depuis qu’on lui a donné ce traitement à la soude pour son estomac, maman revit. Mais quand je suis entré, j’ai trouvé au contraire ma tante plus faible et surtout plus somnolente. Il était 6h du soir et elle avait grand’peine à ouvrir les yeux.Tout de suite elle m’a parlé de la lettre qu’elle avait reçues de Paz, puis du nouveau petit-fils de Marguerite, et – comme toi quand tu es malade – plus je lui demandais de ses nouvelles, plus elle me parlait de la santé des autres. Pourtant je l’ai trouvée si fatiguée qu’après dix minutes j’ai quitté sa chambre, et, bien qu’elle soit très affectueuse avec moi, elle ne m’a pas retenu. Elle dormait presque. Trois personnes sont autour d’elle : Marie-Olga, Charles, et la bonne qui est une fille intelligente. Comme tous trois sont d’accord pour dire que ma tante va vraiment mieux…peut-être suis-je arrivé à une mauvais heure ?

D’une part je voudrais te dire : les nouvelles que tu m’as répétées viennent de quelqu’un qui est en pleine neurasthénie (de plus en plus), qui voit tout en noir et croit tout perdu. Il faut toujours se dire cela en lisant ses lettres. Néanmoins je ne peux pas écrire que mon impression ait été bonne. Je t’embrasse.

Marguerite m’a écrit de Chaumont (!) quatre pages. J’ai eu un sursaut, mais j’ai vite compris que son intention était très gentille au contraire et j’ai réponde à Epernay. – Souhaite bonne fête à Paz. »

 

Bon état, voir photos.