Loading...

Victor HUGO intervient auprès de Ludovic Vitet avant la publication d’un poème

Lettre autographe signée « V.H. » adressée à Ludovic Vitet, membre de la rédaction du Globe – Paris, 28 janvier [1830] – 2 pp. sur une double feuillet in-12, papier vergé, adresse et marque postale au verso ; mention postérieure « 30 » au crayon.

 

« On peut donner un sou, mais il ne faut pas s’en vanter. »

1 200

Victor HUGO (1802 – 1885) – Poète et dramaturge

Lettre autographe signée « V.H. » adressée à Ludovic Vitet, membre de la rédaction du Globe – Paris, 28 janvier [1830] – 2 pp. sur une double feuillet in-12, papier vergé, adresse et marque postale au verso ; mention postérieure « 30 » au crayon.

Quelques précautions avant la parution d’un de ses poèmes dans Le Globe

« C’est encore moi, et c’est un petit service que je réclame de votre bonne amitié. Il serait ridicule que je parusse avoir moi-même communiqué ces vers au Globe. On peut donner un sou, mais il ne faut pas s’en vanter. Je présume que M. Dubois aura de lui-même fait cette réflexion, mais en tout cas seriez-vous assez bon pour veiller à ce qu’il soit expliqué que c’est par une voie indirecte que ces strophes sont parvenues au Globe. Autrement il ne manquerait pas de gens pour dire que je n’ai fait cette espèce de bonne œuvre poétique (si pareille chose mérite un tel nom) que pour avoir occasion de la publier, et vous savez s’il en est quelque chose. Là est le péril, vous seriez bien bon de m’en préserver. Pardon et merci. Je n’oublie pas que je dois vous aller prendre pour une répétition. Mais je veux attendre encore un peu. J’ai de la coquetterie pour mes acteurs. À vous de cœur. »

La « bonne œuvre poétique » évoquée dans cette lettre est le poème L’Aumône qui paraîtra en 1831 dans le recueil Les Feuilles d’Automne sous le titre Pour les pauvres. Il allait alors être publié le 3 février dans Le Globe, sous le titre Pour les pauvres ouvriers de Bapaume et de Decauville.

Ludovic Vitet (1802-1873) se destina à l’enseignement avant d’opter pour les lettres. Rédacteur au Globe ainsi qu’à la Revue française, à la Revue des Deux Mondes et au Journal des savants entre autres, il fut d’abord un fervent avocat du libéralisme et du romantisme naissant. Ayant pris parti pour une monarchie constitutionnelle, il poursuivit une fructueuse carrière politique jusqu’à l’avènement du Second Empire : inspecteur des monuments historiques, secrétaire général du ministère du Commerce, député de la Seine-Inférieure, conseiller d’État. Il abandonna la politique après le coup d’État de 1851, se consacrant à des études d’histoire, d’art et d’archéologie. De nouveau élu député de la Seine-Inférieure à l’Assemblée nationale en 1871, il meurt deux ans plus tard.

Quelques traces d’usure, voir photos.