Victor HUGO écrit à son ami Vitet, peu après la première d’« Hernani »
Lettre autographe signée « Victor » adressée à Ludovic Vitet – Paris, 12 mars [1830] – 1 page sur un feuillet in-12, papier vergé ; mentions postérieures « 30 » et « 39 ? », au crayon.
« …cette pauvre tragi-comédie castillane que le parterre s’obstine à traiter à la française. »
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Victor HUGO (1802 – 1885) – Poète et dramaturge
Lettre autographe signée « Victor » adressée à Ludovic Vitet – Paris, 12 mars [1830] – 1 page sur un feuillet in-12, papier vergé ; mentions postérieures « 30 » et « 39 ? », au crayon.
À propos d’Hernani
« La voilà, mon ami, mon bon et excellent ami, cette pauvre tragi-comédie castillane que le parterre s’obstine à traiter à la française. Vous êtes du bien petit nombre des hommes qui l’ont comprise du premier coup. […] »
Ludovic Vitet venait d’assister à la première d’Hernani à la Comédie-Française le 25 février 1830. L’œuvre cristallisera un débat agité, parfois violent, et reste le symbole de l’opposition des « classiques » aux défenseurs du drame romantique, dont Ludovic Vitet, ami d’Hugo, était un fervent partisan.
Dans l’édition du Globe datée du 2 mars 1830, venait de paraître ce compte-rendu de la soirée : « Il s’est passé ce soir au Théâtre-Français une petite scène assez animée entre le public et la police. Après avoir excité dans le cinquième acte de Hernani les mêmes transports, le même enthousiasme qu’à la seconde représentation, Melle Mars a été rappelée à grands cris. Bientôt le rideau s’est levé, et l’on s’attendait à voir, comme samedi, paraître l’admirable Dona Sol ; mais c’est M. Faure qui s’en est venu seul faire des saluts au public, et lui parler d’ordres supérieurs reçus à l’instant même. On avait aperçu M. Mangin dans la salle : bientôt le bruit s’est répandu qu’il avait mandé le commissaire de police, et lui avait commandé ce petit coup d’autorité. Alors les cris du public sont allés croissant, et le pauvre commissaire s’est mis en devoir de prononcer une harangue ; mais il n’en était pas à l’exorde que, le rideau se relevant brusquement, Melle Mars, qui s’était décidée fort à propos de prendre sur elle de désobéir, est venue calmer l’effervescence de l’assemblée, et recueillir ses unanimes applaudissements »
Ludovic Vitet (1802-1873) se destina à l’enseignement avant d’opter pour les lettres. Rédacteur au Globe ainsi qu’à la Revue française, à la Revue des Deux Mondes et au Journal des savants entre autres, il fut d’abord un fervent avocat du libéralisme et du romantisme naissant. Ayant pris parti pour une monarchie constitutionnelle, il poursuivit une fructueuse carrière politique jusqu’à l’avènement du Second Empire : inspecteur des monuments historiques, secrétaire général du ministère du Commerce, député de la Seine-Inférieure, conseiller d’État. Il abandonna la politique après le coup d’État de 1851, se consacrant à des études d’histoire, d’art et d’archéologie. De nouveau élu député de la Seine-Inférieure à l’Assemblée nationale en 1871, il meurt deux ans plus tard.
Quelques traces d’usure, voir photos.

