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Victor HUGO écrit à Garnier-Pagès à propos de son « Histoire de la révolution de 1848 »

Lettre autographe signée Victor Hugo adressée Garnier-Pagès – Hauteville house, 2 avril 1863 – 1 page sur un double feuillet in-12, papier bleuté ; au verso du second feuillet : Monsieur Garnier Pagès / aux bons soins de M. Pagnerre.

 

« J’en ai lu tout le texte, et vous savez comme mon cœur est avec vous »

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Victor HUGO (1802 – 1885) – Poète et dramaturge

Lettre autographe signée Victor Hugo adressée Garnier-Pagès Hauteville house, 2 avril 1863 – 1 page sur un double feuillet in-12, papier bleuté ; au verso du second feuillet : Monsieur Garnier Pagès / aux bons soins de M. Pagnerre.

Évoquant son Histoire de la révolution de 1848

« Mon cher Garnier-Pagès,

Je n’ai jamais reçu les deux premiers volumes de votre excellente et généreuse Histoire de 1848. J’en ai lu tout le texte, et vous savez comme mon cœur est avec vous ; nos restrictions réciproques ne portent en rien sur le fond ; quelque dissentiment ou des questions de tactiques n’empêchent pas notre profonde union. Je compte bien que vous réalisiez votre cordiale et gracieuse promesse de donner quelques jours à ma solitude, Hauteville House sera en fête pour vous recevoir, ce sera un grand bonheur pour moi de vous serrer la main, il y a, à ce que vous me demandez en ce moment en si nobles termes, un obstacle que je vous expliquerai, et vous comprendrez certainement mes raisons. Vous y applaudirez même. Je n’en doute pas. En attendant gardez-moi un petit coin dans votre amitié ; vous avez toute la mienne. Je vous serre les mains (avec effusion) A bientôt. »

Louis-Antoine Pagès, dit Garnier-Pagès (1803-1878) a été maire de Paris, brièvement, et membre du gouvernement provisoire de 1848 ; il participa également au gouvernement de la Défense nationale de 1870 à 1871. Il se met en retrait de la vie politique après le coup d’État du 2 décembre 1851 et sera un opposant farouche à Louis-Napoléon Bonaparte.

Garnier-Pagès publie l’Histoire de la révolution de 1848 entre 1860 et 1862, en 8 tomes, chez Pagnerre. L’inventaire de la bibliothèque de Victor Hugo révèle la présence de l’ouvrage avec cette dédicace : « À mon ancien collègue Victor Hugo, souvenir affectueux », l’exemplaire est non coupé.

Dans une lettre de Victor Hugo à Auguste Vacquerie du même jour, on peut lire : « Vous pouvez lire aussi la lettre à Garnier-Pagès. Je ne sais pas son adresse. Voudrez-vous remettre la lettre à M. Pagnerre qui aurait, je pense, la bonté de s’en charger. »

À la mort de Laurent Antoine Pagnerre (1805-1854), c’est sa veuve – née Béatrix Broullard, petite-fille du général Kléber – aidée de son fils Charles Antoine, qui reprend la librairie fondée par son mari. La librairie publiera, outre plusieurs œuvres majeures de Victor Hugo, telles Les Misérables (1862) et Les Contemplations (avec Michel Lévy), d’autres auteurs aux idéaux communs : Lamartine, Quinet, Louis Blanc, Pelletan et Lamennais.

 

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