Loading...

Gaston CHAISSAC – Belle lettre mêlant poésie et travail manuel (1947)

Lettre autographe signée adressée à Robert de La Croix, directeur de la revue Horizon – Boulogne par les Essarts (Vendée), 30 décembre 1947 – 3 pp. in-4, sur papier de cahier d’écolier, à l’encre bleue ; adresse et marque postale.

 

« J’intéresse aujourd’hui Jean Paulhan et Jean Dubuffet et Jean L’Anselme et Raymond Queneau, etc, mais pas les marchands de chevaux. »

900€

Gaston CHAISSAC (1910 – 1964) – Peintre et poète

Lettre autographe signée adressée à Robert de La Croix, directeur de la revue Horizon – Boulogne par les Essarts (Vendée), 30 décembre 1947 – 3 pp. in-4, sur papier de cahier d’écolier, à l’encre bleue ; adresse et marque postale.

Son désir de publier un recueil de contes et ses regrets de ne pouvoir devenir palefrenier

« Cher Monsieur,

Je vous adresse mes vœux pour la nouvelle année.

Si vous le voulez, vous pouvez m’envoyer des billets de souscription pour votre livre de poèmes pour que je les distribue à mes amis gens connus.

Plusieurs revues ont publié à tort que j’ai été palefrenier des Haras si bien qu’on peut imaginer que je suis quelque chose comme un juteux en retraite puisque cet emploi est réservé aux anciens militaires.

En réalité, j’ai seulement tenté d’entrer dans les Haras comme journalier de monte.

Me feriez-vous ma préface pour un petit recueil de contes et de poèmes. J’ai déjà été publié dans des revues, plusieurs m’ont consacré quelques pages avec une présentation, si bien que ça m’a remplacé avantageusement la publication d’une plaquette qui se serait ou pas vendue alors que ce que j’ai eu de publié dans le numéro 4 de la revue Maintenant, surtout, m’a fait pas mal connaître d’un tas de gens et un professeur suisse m’a même adressé de Suisse un mot de félicitations.

Depuis, j’ai eu ma lettre de publiée dans la revue « Peuple et Poésie » (15 avenue de Paris à Vincennes) après en avoir eu une autre publiée dans « 40 humoristes » présentée par Frédéric Delanglande.

La crise du livre va vraisemblablement mettre sur le pavé nombre d’écrivains qui vivent d’un emploi dans une maison d’édition et je comprends mieux aujourd’hui que mon instinct me poussait à bâtir mon hameau pour artistes et écrivains et que je n’ai pas réussi à bâtir, ne pouvant le faire seul et il ne s’est trouvé personne pour m’aider à le réaliser.

Je persiste à croire que ma place serait d’être palefrenier-bourrelier mais je n’ai pas réussi à entrer aux Haras comme journalier de monte ni même d’être palefrenier chez un particulier tant il est vrai que de peindre et d’écrire rend suspect et ferme les portes. Je ne me doutais pas de tout ça et j’étais ignorant lorsque arrivant de la campagne, je me suis trouvé à Paris, porte à porte avec des artistes qui cherchaient à faire peindre des « purs » n’ayant jamais peint. Et par la suite, je me suis mis également à écrire.

J’intéresse aujourd’hui Jean Paulhan et Jean Dubuffet et Jean L’Anselme et Raymond Queneau, etc, mais pas les marchands de chevaux. Je suis pourtant resté corps et âme un manuel et fidèle aux pantalons de velours qu’apprenti palefrenier je portais déjà. C’est navrant de voir que des barrières sont pourtant installées à demeure.

Je suis – je vous le répète à votre disposition pour vous distribuer des bulletins de souscription.

Recevez, Cher Monsieur, mes salutations. »                                                  

Traces d’usure, voir photos.