Mémoire d'encres - Condorcet

Mémoire d'encres - Documents signés de Nicolas de CONDORCET (1743-1794), mathématicien, économiste et homme politique

Mathématicien, économiste, philosophe et homme politique, Jean-Antoine-Nicolas Caritat, dit Condorcet naît en 1743 à Ribemont et meurt en prison en 1794 à Bourg de l’Égalité. Il est un précurseur en statistiques ainsi qu’en probabilités et s’intéresse également à l’analyse des modes de scrutin. Il est l’auteur du théorème de Jury et du paradoxe de Condorcet. Également connu pour ses écrits philosophiques et son action politique, il siège parmi les girondins et propose la refondation du système éducatif, ainsi que celle du droit pénal.

Condorcet fait ses études chez les jésuites et, en 1765, publie son premier ouvrage sur le calcul intégral. En 1769, il entre à l’Académie royale des sciences, d’Alembert est son professeur, il deviendra son ami et sera son exécuteur testamentaire.

Ce dernier lui fait connaître Voltaire et l’économiste Turgot, alors contrôleur général sous Louis XVI, qui le nomme inspecteur général de la Monnaie, fonction qu’il occupe jusqu’en 1790.

En 1782, il devient secrétaire de l’Académie française, manifeste un intérêt croissant pour la philosophie et la politique et collabore à l’Encyclopédie. Défenseur des droits de l’homme, ouvertement républicain, il est l’un des acteurs importants de la Révolution française. En 1791, il est élu au conseil municipal de Paris et député de Paris au sein de l’Assemblée législative. Il devient chroniqueur de l’Assemblée Nationale et publie de nombreux écrits dans Le Journal de Paris, puis dans Les Chroniques de Paris.

En 1792, comme membre du comité d’instruction publique, il présente à l’Assemblée son rapport et projet de décret sur l’organisation générale de l’instruction publique (Cinq Mémoires sur l’instruction publique, 1791-1792). Ce rapport, qui intègre les idées de gratuité, d’obligation, de laïcité et d’universalité de l’enseignement est repoussé et ne sera mis en application qu’un siècle plus tard.

En février 1793, Condorcet présente à la Convention un projet de Constitution, qu’il a rédigé (Sur la nécessité d’établir en France une constitution nouvelle, 1793). Mais, début juin 1793, les girondins perdent le contrôle de l’Assemblée en faveur des jacobins. Le 24 juin, c’est le montagnard Hérault de Séchelles qui propose une nouvelle Constitution contre laquelle Condorcet s’insurge dans une Lettre aux citoyens français sur une nouvelle Constitution ; à cause de celle-ci, le 8 juillet, la Convention vote un décret pour arrêter Condorcet.

Contraint de se cacher, il se réfugie chez Mme Vernet, à Paris. Il rédige alors son Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, qui ne sera publié qu’après sa mort. Ne se sentant plus en sécurité à Paris, il prend la fuite mais est arrêté à Clamart le 27 mars 1794 ; Condorcet est emprisonné à Bourg-la-Reine (rebaptisé Bourg de l’Égalité) et se serait suicidé deux jours plus tard dans sa cellule pour échapper à la guillotine.

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