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Albert CAMUS – Rare lettre à René Char évoquant “Les Justes” (1950)

Lettre autographe signée adressée à René Char – [Cabris (Alpes-Maritimes)], 17 mars [1950] – 1 page grand in-4 (21 x 27 cm), enveloppe avec adresse : M. René Char – 5,rue Jules Chaplain – Paris 14.

 

« J’en profite pour vous dire que vous allez recevoir un exemplaire des Justes en s. p. ordinaire pour vous faire patienter. Celui que je vous réserve m’attend à Paris et je pourrai vous le dédicacer à loisir »

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Albert CAMUS (1913 – 1960) – Romancier, philosophe et dramaturge

Lettre autographe signée adressée à René Char – [Cabris (Alpes-Maritimes)], 17 mars [1950] – 1 page grand in-4 (21 x 27 cm), enveloppe avec adresse : M. René Char – 5,rue Jules Chaplain – Paris 14.

Rare lettre témoin de leur belle amitié

« Je n’ai pas de goût pour les patronages, je savais d’avance que vous refuseriez, et je me proposai de décliner l’invitation malgré un mot de Breton. [par référence au projet d’André Breton de fonder avec Suzanne Labin une revue littéraire pour créer un foyer de culture libre face à l’obscurantisme envahissant, en particulier l’obscurantisme stalinien ; étaient pressentis au Comité de patronage Albert Camus et René Char, mais aussi Hemingway, Gide ou Aldous Huxley]

J’en profite pour vous dire que vous allez recevoir un exemplaire des Justes en s. p. [service de presse] ordinaire pour vous faire patienter. Celui que je vous réserve m’attend à Paris et je pourrai vous le dédicacer à loisir. Je suis fâché de vos ennuis mais j’espère que tout ira bien. Je rentre au début d’avril et voudrais vous trouver rétabli.

Pardonnez-moi de vous ennuyer avec ce détail, mais vous me rendriez un grand service en demandant autour de vous un grand (6 pièces) appartement à louer ou à vendre (pas trop cher). Cette question est devenue vitale pour moi. Et je dis bien « autour de vous » c’est à dire sans vous imposer nul effort particulier. Mon excuse à vous déranger est que les choses en sont au point que je devrai me séparer de mes enfants si nous devions vivre à nouveau rue Séguier, avec ma santé, mon travail – et leur vitalité. Affectueusement vôtre »

Le 5 mars avait paru chez Gallimard la pièce de théâtre Les Justes ; comme promis, Albert Camus en adressera un exemplaire à son ami – un des 1050 exemplaires numérotés sur alfa mousse-, avec cette belle dédicace : « à René Char, frère de ceux-ci, dont il a fait toute la route avec l’admiration et l’affection de son ami »

Pour soigner sa tuberculose, l’écrivain séjourne régulièrement à Cabris (Alpes-Maritimes), Planet (Haute-Savoie) ou L’Isle-sur-Sorgue. Il débute une cure à Cabris en janvier 1950 avec Francine, sans leurs enfants, habite d’abord Les Audides, maison prêtée par un ami d’André Gide, Pierre Herbart, puis s’installe à l’hôtel.

En septembre 1950, Albert Camus concrétise son projet en faisant l’acquisition d’un nouvel appartement au 29, rue Madame, à Paris, où il s’installera au mois de décembre suivant.

 

Bon état, voir photos.