Alexandre DUMAS – Intéressant article de « L’Indipendente » relatant « L’affaire de l’Aunis »
Manuscrit autographe incomplet de sa dernière page titré « Cipriano la Gala et ses compagnons » – [Naples, 1863] – 2 pp. in-4 (27,5 x 21,5 cm) sur papier bleu.
« Pie IX en sa qualité de successeur de St Pierre aurait bien du obtenir pour eux la grâce qui fut faite à ce premier des apôtres : la faculté de marcher sur l’eau ! »
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Alexandre DUMAS (1802 – 1870) – Écrivain
Manuscrit autographe incomplet de sa dernière page titré « Cipriano la Gala et ses compagnons » – [Naples, 1863] – 2 pp. in-4 (27,5 x 21,5 cm) sur papier bleu.
Fervent partisan de Garibaldi, Dumas s’engage pour la lutte contre le brigandage
Cet article est paru dans le journal napolitain fondé par Alexandre Dumas, L’Indipendente n° 154 du 14 juillet 1863 en page 4, dans la rubrique « Cronaca et fatti diversi » [Chronique et faits divers].
Il y est question de l’arrestation par la police italienne le 10 juillet 1863 de 5 brigands fuyant l’Italie. Ceux-ci porteurs, de passeports en bonne et due forme, se réfugient sur un navire des messageries impériales battant pavillon français, le navire L’Aunis, qui faisait escale à Gênes. « L’affaire de l’Aunis » eut un retentissement considérable dans la presse française, considérant que le drapeau français avait été bafoué, la police italienne ayant profité de l’absence du Capitaine à bord pour procéder à l’arrestation. Alexandre Dumas consacrera d’autres articles de L’Indipendente à cette affaire en mars 1864.
« Nous avons reçu par dépêche télégraphique la nouvelle de la prise de Cipriano de La Gala et nous l’avons annoncé aujourd’hui. Voici quelques nouveaux détails :
Le bâtiment des messageries françaises qui est commandé par le Capitaine Martino , excellent patriote français de cœur, italien de nom avait reçu à la station de Civita Vecchia, cinq passagers qui se firent réserver pour Marseille sans se donner la peine de rien changer à leurs noms sans quoi ils n’eussent pas pu se procurer de faux passeports soit qu’ils se figurassent n’avoir rien à craindre sous le pavillon français.
Les noms de ces cinq passagers étaient Cipriano La Gala – Giona La Gala- Angelo Sarno – Giovanni d’Avanzo et Domenico Papa.
Tous cinq avec une notoriété plus ou moins grande étaient connus comme chefs de bande.
Qu’allaient-ils faire en France ? Sans doute découragés du peu de succès de leurs armes abandonnaient-ils le Roi français à sa mauvaise fortune. Il a été abandonné on le sait pas des personnes qui lui tenaient de plus près. Tout alla bien jusqu’à Gênes mais à Gênes malgré le pavillon tricolore, tout honteux jusque là d’abriter de pareils brigands, le questeur M. Gallois et l’inspecteur sig. M. Varga, accompagnés des gardes de la Sureté publique et de quelques carabiniers renforcés par deux ou trois embarcations armées que le capitaine du port avait mis à leur disposition, se présentèrent à bord de l’Aunis pour procéder à l’arrestation.
Aucune opposition ne fut faite de la part du Capitaine français, aucune résistance ne fut tentée de la part des brigands.
Les deux La Gala seulement sautèrent à la mer et essayèrent de s’enfuir à la nage. Mais les mariniers de Barques s’y jetèrent à leur tour, les eurent bientôt rejoints et les arrêtèrent en pleine eau.
A une heure de l’après-midi, les menottes aux mains, ils descendaient au port de Leyna et dans les bureaux du Commandant du port. A la porte desquelles une voiture avait été amenée pour les transporter en prison.
De ces cinq brigands qui ont acquis dans les provinces méridionales une si triste célébrité aucun n’a dépassé l’âge de 35 ans. Ils portent l’habit des hommes de la classe moyenne. Les deux premiers débarqués ,parmi lesquels était Cipriano la Gala étaient en manches de chemise et sans chapeau, sans doute à cause de la promenade qu’ils venaient de faire en mer.
Pie IX en sa qualité de successeur de St Pierre aurait bien du obtenir pour eux la grâce qui fut faite à ce premier des apôtres : la faculté de marcher sur l’eau ! […] »
La fin de l’article est consacrée à une description physique des brigands.
Marge basse du premier feuillet effrangée, voir photos.


