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Alexandre DUMAS – Rare lettre à Maurice Schlesinger évoquant Balzac (1837)

Lettre autographe signée adressée à l’éditeur de musique Maurice Schlesinger – S.l. [novembre 1837] – 2 pp. sur un double feuillet in-8, blason gaufré en coin, adresse sur le second feuillet avec annotation d’une autre main.

 

 

« …vous avez donné à Balzac une somme folle, pour une des plus mauvaises choses qu’il ait faite sans compter le remaniement – »

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Alexandre DUMAS (1802 – 1870) – Écrivain

Lettre autographe signée adressée à l’éditeur de musique Maurice Schlesinger – S.l. [novembre 1837] – 2 pp. sur un double feuillet in-8, blason gaufré en coin, adresse sur le second feuillet avec annotation d’une autre main.

Dumas s’emporte contre l’inégalité de traitement entre Balzac et lui

« Voulez-vous me permettre de vous renouveler une demande que vous avez repoussée avec justice, une première fois mais qu’aujourd’hui, je suis un peu plus fondé à vous faire.

Vous m’avez donné 1330 frs.
Je vous ai donné six à sept feuilles à peu près – sauf une fraction nous sommes donc quittes, ou peu s’en faut. Il me reste à peu près quatre feuilles à vous donner – Pouvez-vous sur ces quatre feuilles me rendre le service – entendez-vous bien me rendre le service – de m’envoyer cinq cents francs.

Rappelez-vous mon cher Maurice, que vous me payez, comme tout le monde, tandis que vous avez donné à Balzac une somme folle, pour une des plus mauvaises choses qu’il ait faite sans compter le remaniement –

Je vous sers avec une exactitude scrupuleuse. Malgré mes répétitions, j’irai jusqu’à la fin, quelque chose qui arrive avec la même conscience. Aidez-moi donc de votre côté.

Tout à Vous. »

L’éditeur allemand Maurice Schlesinger (1798-1871) publia pour l’essentiel des œuvres de Wagner, Liszt et Berlioz, mais il ouvrit aussi ses colonnes à des auteurs, à qui il commandait des nouvelles littéraires en lien avec la musique (George Sand, Jules Janin, Honoré de Balzac, Alexandre Dumas, etc.).

Le 13 octobre 1836, Schlesinger avait confirmé à Balzac la commande d’une nouvelle intitulée « Gambara ou la voix humaine », celle-ci devant être initialement publiée le 1er janvier 1837 dans sa Revue et gazette musicale, résultat de fusion de la Revue musicale avec la Gazette musicale (1835).

Balzac et Schlesinger s’étaient entendus sur le montant de 1.000 francs, ce qui représentait une jolie somme pour l’époque, et qui fut la bienvenue à un moment critique pour les finances de l’écrivain (la déconfiture de La Chronique de Paris l’avait contraint à quitter son domicile pour fuir ses créanciers).

Gambara, inspiré de l’opéra Robert le Diable de Meyerbeer, sera pour son auteur l’occasion d’exposer ses idées sur la musique et en particulier sur les rapports entre l’harmonie et la mélodie. Elle sera reconnue comme une œuvre majeure et reprise dans La Comédie humaine. Le « remaniement », dont parle Dumas fait probablement référence aux déboires rencontrés par le manuscrit, partiellement détruit dans l’incendie de l’imprimerie Everat en février, et dont une partie avait été réécrite par le comte Auguste de Belloy, ami de Balzac.

À la même période, Dumas publie également une nouvelle dans la même revue, Histoire d’un ténor, qui paraît du 23 octobre au 3 décembre 1837. Elle constitue un fragment de son roman historique Acté, qui paraît l’année suivante.

 

Marques d’usure, traces de colle en marge de l’adresse, voir photos.