Alphonse de LAMARTINE – Important manuscrit autographe sur les rapports entre l’État et la religion
Manuscrit autographe et la lettre d’autographe signée qui l’accompagne – Mâcon, 30 août [1850] – 17 ff. in-4 numérotés, certains à son monogramme gaufré + 1 page sur un double feuillet in-4 (25,7 x 20,5 cm).
« La civilisation appartient à l’État, la religion appartient aux familles.
Voilà la distinction établie en 1789. »
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Alphonse de LAMARTINE (1790 – 1869) – Poète, romancier et homme politique
Manuscrit autographe et lettre autographe signée d’accompagnement – Mâcon, 30 août [1850] – 17 ff. in-4 numérotés, certains à son monogramme gaufré + 1 page sur un double feuillet in-4 (25,7 x 20,5 cm).
Manuscrit complet du discours de Lamartine sur les rapports entre l’État et la religion, prononcé à l’École normale de Mâcon le 29 août 1850
« Monsieur,
Je vous prie d’insérer mon discours à l’école normale (ci-joint) dans votre prochain numéro.
Je vous prie de m’en envoyer 25 exemplaires le plus promptement possible.
Je payerai pour cela ce que votre note indiquera.
Croyez, Monsieur [?] à ma haute considération.
Monsieur Protat imprimeur et propriétaire du journal. »
Selon toute probabilité, la demande d’insertion dans le Courrier de Saône et Loire semble ne pas avoir été satisfaite, car on n’y trouve que quelques extraits du discours. En revanche, La Presse du 3 septembre en diffuse de longs passages et la Gazette de Lyon le reproduit intégralement dans son édition du 9 septembre 1850.
Lamartine qui venait d’échouer aux élections présidentielles de 1848 est de retour de son second voyage en Orient, il s’était rendu à Smyrne et à Constantinople pour y rencontrer le sultan Abdul-Madjid, qu’il évoque d’ailleurs dans ce discours.
Nous reproduisons ci-après quelques passages, ceux repris par son secrétaire Charles Alexandre dans son ouvrage Souvenirs sur Lamartine, paru chez Charpentier en 1884 :
« Cette loi établit des rapports quelquefois utiles, quelquefois dangereux, entre l’enseignement laïque et l’enseignement sacerdotal. Elle met trop près l’un de l’autre le siècle dans le sanctuaire et le sanctuaire dans le siècle. »
« La civilisation appartient à l’État ; la religion appartient aux familles, voilà la distinction établie, en 1789, entre l’Église et l’État, distinction qui est à la fois l’indépendance de la raison humaine et l’indépendance des cultes. »
« Mais la morale fait partie de la civilisation. Que dis-je, elle en fait la base ; et la morale aussi fait partie de la religion, car toute morale puise son principe et sa sanction dans l’idée de Dieu. »
« Que s’ensuit-il ? Et ici, écoutez-moi bien, car c’est là le nœud, le point de conjonction de la loi d’enseignement de 1850, entre l’Église et l’État. Il s’ensuit que, à ce point précis de l’enseignement, la civilisation et la religion se rencontrent dans une même pensée : enseigner de concert une même morale aux enfants du peuple. »
« C’est dans ce sens et dans ce sens seulement que toutes les nations disent dans leur code : l’enseignement doit être religieux. »
« L’enseignement doit être religieux, c’est-à-dire l’instituteur doit respecter, au nom de l’État, la religion de la famille dans la conscience des enfants de différentes religions que l’État lui livre et lui confie. »
« L’enseignement doit être religieux, c’est-à-dire l’instituteur doit pénétrer ces enfants avant toute autre idée de cette idée suprême et souveraine, de cette idée de Dieu, qui est le premier et le dernier mot de la raison humaine, de cette idée de Dieu qui est la vie et la clarté de l’intelligence, et sans laquelle tout serait mort et ténèbres dans notre âme, comme dans un second néant. Car l’opposé du néant , c’est l’être, et l’être des êtres c’est Dieu ! »
« L’enseignement doit être religieux, c’est-à-dire l’instituteur doit enseigner aux enfants toutes les conséquences morales qui résultent en pratique de cette notion suprême de Dieu, auteur de notre être, inspirateur de nos consciences, juge de nos actes, rémunérateur de nos vertus. Il doit agenouiller sans cesse dans ses leçons l’âme de ses disciples devant cette conception, devant cette idée, devant ce nom de Dieu qui remplit tout, qui explique tout, et sans lequel rien ne s’explique ni avant cette vie, ni pendant cette vie, ni après cette vie. »
« Vous y représenterez la famille civile, ils y représentent la famille religieuse . Ces deux attributions qu’il aurait mieux valu séparer, vont se toucher, mais ne doivent ni se confondre, ni se contraindre ; nous maintiendrons sévèrement cette barrière entre les deux enseignements pour prévenir ces usurpations de l’enseignement ecclésiastique exclusif sur l’enseignement laïque et de l’enseignement laïque sur les consciences et sur l’enseignement religieux. »
« La civilisation appartient à l’État, la religion appartient aux familles.
Voilà la distinction établie en 1789
Mais la morale fait partie de la civilisation que dis-je elle en fait la base, et la morale aussi fait partie de la religion. »
Quelques traces d’usure, voir photos.