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Auguste RENOIR – Belle lettre familiale adressée à son épouse [1902]

Lettre autographe signée adressée à son épouse – [Paris, automne 1902], dimanche – 2 pp. sur un double feuillet in-8.

 

« je voudrais retoucher à la bouche de mon portrait, arriverai-je à temps »

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Auguste RENOIR (1841 – 1919) – Peintre

Lettre autographe signée adressée à son épouse – [Paris, automne 1902], dimanche – 2 pp. sur un double feuillet in-8.

Belle lettre intime, d’où surgissent ses principaux modèles féminins

« Je finirai je crois par partir mardi mais je laisse Gabrielle [Gabrielle Renard, nourrice et domestique au service des Renoir de 1894 à 1913, fut une de ses principales muses, représentée notamment dans la Femme nue couchée et Gabrielle à la rose] à Paris elle a besoin de se soigner et ne peut pas s’en aller. Mademoiselle Cornillac [Marguerite Cornillac (1862-1952), peintre et décoratrice, également modèle du peintre, épousera le peintre Pierre André en 1905] lui a trouvé le médecin de Saint-Lazare, c’est bien ce qu’il lui faut. J’emmène la sœur de la Boulangère [surnom donné par Renoir à Marie Maliverney, également modèle du peintre, qui avait épousé un boulanger. Il s’agit ici probablement de sa sœur Jeanne] qui n’a rien à faire. Je me dépêche de partir parce que je voudrais retoucher à la bouche de mon portrait, arriverai-je à temps.

Je me porte admirablement à Paris, je resterai là-bas jusqu’à Pâques et je reviendrai, à moins que j’aie commencé des choses importantes. J’ai hâte de me remettre au travail. Si tu as quelque chose d’important à me dire tu as le temps, je prendrai mardi le train de 2 heures. Je pense que vous allez toi et Clau toujours bien malgré le rafraîchissement de la température. Je serais parti demain mais j’ai encore à voir un homme d’affaire. Je ne puis savoir si la maladie de Gabrielle s’attrape ou non. Si cela s’attrape, ce ne sera pas drôle elle laisse traîner ses affaires partout. Mais espérons que non. Elle est je crois assez contente de rester à Paris. Je vous embrasse tous les deux Clo et toi. Je te renvoie la lettre de l’entrepreneur pour tes comptes. Jean va toujours bien »

En 1890, Auguste Renoir épouse Aline Charigot, originaire d’Essoyes. C’est dans cette commune qu’ils font l’acquisition d’une ancienne maison de vignerons en 1896 où ils passent leurs étés. Son épouse, restée à Essoyes avec Claude né au mois d’août 1901, surveille alors les travaux d’agrandissement de la maison.

Suite à une chute de vélo en 1897, le peintre développe une polyarthrite rhumatoïde qui est soulagée par la chaleur qu’il trouve dans le sud, où il se rend chaque hiver : Manosque, Grasse, Le Cannet et Cagnes-sur-Mer, qu’il adopte définitivement à partir de 1903 et où il fera l’acquisition du domaine des Collettes (1907).

Clau ou Clo, qui deviendra Coco, désigne le troisième fils des Renoir, Claude (1901-1969), qui fera une carrière de céramiste. Il fut peint à maintes reprises par son père, en particulier dans le célèbre Claude Renoir en clown. Évoquant ses souvenirs, Jean Renoir écrira : « Mon frère Claude fut certainement l’un des modèles les plus prolifiques de Renoir. Je ne vois que Gabrielle pour le battre. »

 

Bon état, voir photos.