Mémoire d'encres - Lettre autographe signée de C.G. Jung

Carl Gustav JUNG – Rare lettre autographe signée (1916)

Lettre autographe signée « Dr Jung » adressée à un « très cher collègue » [le Dr Theophil Mendel (1853-1921)] – Küsnacht-Zürich, 6 juillet 1916 – 1 page in-folio (22 x 28 cm), à son en-tête personnalisé, en allemand ; cachet du cabinet d’avocats de Mes Edouard Sillig et Paul Turin de Vevey, référence de classement au crayon rouge en coin.

 

Mme Woolley souhaite me parler une dernière fois avant son départ.

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Carl Gustav JUNG (1875 – 1961) – Médecin psychiatre

Lettre autographe signée « Dr Jung » adressée à un « très cher collègue » [le Dr Theophil Mendel (1853-1921)] – Küsnacht-Zürich, 6 juillet 1916 – 1 page in-folio (22 x 28 cm), à son en-tête personnalisé, en allemand ; cachet du cabinet d’avocats de Mes Edouard Sillig et Paul Turin de Vevey, référence de classement au crayon rouge en coin.

Jung organise une consultation avec une patiente prestigieuse

« Sehr geehrter Herr College!

Ich danke Ihnen verbindlichst für Ihren freundlichen Brief. Ich möchte Ihnen gerne mittheilen, dass Mrs Woolley mich vor ihrer Abreise noch einmal zu sprechen wünscht. Wenn Sie nichts dagegen haben, so möchte ich gerne morgen (Freitag) etwa um 4h bei der Patientin vorsprechen. Ich hoffe, dass Ihnen mein Besuch nicht irgendwie ungelegen kommt. Ich habe die Pat[ientin] von meiner Absicht verständigt. Wenn Sie mir also keinen Gegenbericht schicken, so setze ich Ihr gütiges Einverständnis voraus.

Mit vorzüglicher Hochachtung

ergebenst »

Traduction : Très cher Collègue,

Je vous remercie sincèrement pour votre aimable lettre. Je tiens à vous informer que Mme Woolley souhaite me parler une dernière fois avant son départ. Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, j’aimerais rendre visite à la patiente demain (vendredi) vers 16 heures. J’espère que ma visite ne vous dérangera pas. J’ai informé la patiente de mon intention. Si vous ne m’envoyez pas de réponse contraire, je présumerai que vous donnez votre accord.

Avec mes sincères salutations.

Bien à vous.

Theophil Mendel (1853-1921) était un homéopathe reconnu qui exerçait à Zurich. En 1915 et 1916, il eut comme patiente Mrs Harriet Hale Wooley qui séjournait fréquemment à cette époque dans le canton de Vaud (1914/1925). Elle s’apprête alors à partir en voyage et Jung tient à la rencontrer avant son départ – elle sera de retour à Vevey le 23 décembre suivant, en provenance de Chicago.

Les relations entre le docteur et sa patiente se sont ensuite degradées : on trouve trace d’un contentieux sur le montant des honoraires que Mrs Woolley refusait de lui payer, le tribunal de Zurich ordonnant le séquestre de bijoux au bénéfice du Dr Mende, séquestre dont elle obtiendra la levée avant d’attaquer à son tour son médecin pour violation du secret professionnel – le présent document a donc probablement été versé au dossier pour les besoins de la procédure, ou au moins utilisé par la plaignante, ce que suggère le cachet du cabinet d’avocats.

Harriet Hale Woolley (1872-1929), divorcée de Clarence Mott Woolley en 1912, s’était installée en Europe avec l’ambition de soutenir les arts et la musique, étant elle-même musicienne. Par testament, elle sera la fondatrice d’un fond de soutien avec pour objet d’attribuer chaque année des bourses récompensant des étudiants dans le domaine des arts, de la musique et de la psychiatrie. Elle considérait que cette dernière discipline, encore nouvelle à cette époque, lui avait sauvé la vie.

Petits accidents en marge, voir photos.