Loading...

Charles BAUDELAIRE – Belle L.A.S. à Auguste Poulet-Malassis (1862)

Lettre autographe signée C.B. adressée à Auguste Poulet-Malassis – S.l.n.d. [Paris, environ le 20 mars 1862] – 1 p. ½ sur un double feuillet in-8, à en-tête de Poulet-Malassis Libraire-Editeur, 97, rue de Richelieu ; adresse au verso du second feuillet M. P. Malassis C.B.

 

« JAMAIS JE N’OUBLIE RIEN »

7 500

1 en stock

1 en stock

This is Tooltip!

Charles BAUDELAIRE (1821 – 1867) – Poète

Lettre autographe signée C.B. adressée à Auguste Poulet-Malassis – S.l.n.d. [Paris, environ le 20 mars 1862] – 1 p. ½ sur un double feuillet in-8, à en-tête de Poulet-Malassis Libraire-Editeur, 97, rue de Richelieu ; adresse au verso du second feuillet M. P. Malassis C.B.

Baudelaire, à court d’argent, énumère ses œuvres en chantier

« Mon cher, en voyant votre écriture, j’ai d’abord supposé que vous m’écriviez pour le De Molènes, qui venait de partir pour l’imprimerie, dans une enveloppe à votre adresse. Mais c’était pour m’avertir d’un billet qui échoit dans 29 jours, et l’autre dans 50 jours.

1°. Depuis 4 mois, je passe chez Texier deux fois par semaine ; je le tourmente en lui disant que vous me tourmentez. À chaque fois, il me dit que je vais recevoir mes épreuves Demain.

2°. M. De Saux que j’ai vu avant-hier m’a dit (ce qu’il aurait mieux fait de me dire en janvier) que le Ministre avait renvoyé mon affaire pour le trimestre d’avril.

De plus, j’ai FINI Villemain, Les poëmes en prose, les peintres didactiques, les Dandies, et Eureka. Je puis disposer du prix de ces manuscrits en faveur de qui je voudrai. Reste à savoir chez qui et à quelle date paraîtront ces morceaux, qui ne sont pas tous placés.

JAMAIS JE N’OUBLIE RIEN.

Tout à vous. C.B. »

Baudelaire dresse un inventaire exhaustif des travaux en cours devant lui permettre de faire face à ses engagements :

La notice nécrologique de Dieudonné-Jean-Baptiste-Paul Gaschon de Molènes, dit Paul de Molènes, qu’il fera paraître, non signée, dans la Revue anecdotique de la deuxième quinzaine de mars 1862 , débute par ces lignes : « M. de Molènes appartenait, dans l’ordre de la littérature, à la classe des raffinés et des dandys ; il en avait toutes les grandeurs natives, et quant aux légers travers, aux tics amusants que cette grandeur implique souvent, il les portait légèrement et avec plus de franchise qu’aucun autre. Tout en lui, même le défaut, devenait grâce et ornement. » (Baudelaire et Paul de Molènes, Andrea Schellino. Revue italienne d’études françaises).

Son essai sur Constantin Guys, Le Peintre de la vie moderne, remis par Baudelaire à Edmond Texier, qui dirigeait l’Illustration depuis 1860. Publiée en trois épisodes par Le Figaro les 26 et 29 novembre et 3 décembre 1863, cette étude figure également dans L’Art romantique (1869). Le peintre est par ailleurs dédicataire du poème Rêve parisien des Fleurs du mal.

Baudelaire était intervenu auprès de Jules Desaux, chef de la Division du cabinet et des Établissements scientifiques et littéraires pour solliciter une indemnité littéraire pour son ami peintre et pour lui-même (Baudelaire et Constantin Guys : trois lettres inédites, Pierre Duflo, PUF).

Suivent L’esprit et le style de M. Villemain, qu’il affirme avoir terminé, son article contre les peintres didactiques, celui sur les dandies, Les poëmes en prose, textes qui resteront inachevés. Il cite finalement Euréka, traduction d’un essai métaphysique d’Edgar Poe qui paraîtra en 1863.

 

Références : Charles Baudelaire – Nouvelles lettres présentées et annotées par Claude Pichois – Pages 53 et 54, Fayard.

Bon état, voir photos.