Charles BAUDELAIRE prépare la deuxième édition des « Fleurs du mal »
Lettre autographe signée « C .B. » adressée à Auguste Poulet-Malassis – [Paris], 1er novembre 1859 – 1 p. ½ pp. in-8, adresse au verso du second feuillet : Monsieur Poulet Malassis / Place d’armes / à Alençon. Orne.
« La fin de l’année, la fin de ce mois peut-être, amènera pour moi la possibilité de vous livrer quatre volumes : Fleurs, Curiosités, Excitants, Notices littéraires… »
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Charles BAUDELAIRE (1821 – 1867) – Poète
Lettre autographe signée « C .B. » adressée à Auguste Poulet-Malassis – [Paris], 1er novembre 1859 – 1 p. ½ pp. in-8, adresse au verso du second feuillet : Monsieur Poulet Malassis / Place d’armes / à Alençon. Orne.
Évoquant la deuxième éditions des Fleurs du mal et les relations houleuses avec ses éditeurs
« Mais comment donc s’explique cette question de pagination ? Comment est paginée la 1ère feuille ?
Autre chose : Toutes les fois que j’ai eu quelques torts vis à vis de vous, soit inexactitude, soit retard, dans des affaires d’argent ou de littérature, vous m’avez traité Dieu sait comment, et comme je ne suis pas aussi gros que l’homme de Cyrano [Baudelaire fait allusion à la lettre Contre un gros homme dont il a pu lire des extraits dans Les Grotesques de Théophile Gautier], il ne vous a pas fallu un jour entier pour me battre, mais une minute.
Et vous, maintenant, trouvez-vous qu’il soit bien raisonnable de prendre huit jours pour mettre en page une petite feuille composée depuis longtemps ? Je suis intéressé, pour plusieurs raisons, à publier ceci le plus vite possible.
La fin de l’année, la fin de ce mois peut-être, amènera pour moi la possibilité de vous livrer quatre volumes : Fleurs, Curiosités, Excitants, Notices littéraires, sans compter une brochure (Corbeau et Genèse d’un poème). Or, si vous allez de ce train, il vous faudra quatre ans pour publier mes quatre volumes, au lieu qu’avec un bon texte il doit suffire de quatre mois (une feuille tous les trois jours, en supposant les vol[umes] composés de 10 feuilles)…
Euréka est encore une question entre moi et Michel [Lévy]. Si je savais qu’une brouille à ce sujet put l’amener à me rendre les 3 premiers vol[umes], je me brouillerais.
Un mot, s’il vous plaît. »
Pendant les années 1859-1860, Charles Baudelaire entretint des relations houleuses avec plusieurs de ses éditeurs : Alphonse de Calonne, Eugène Crépet, Carlos Dérode, Michel Lévy… Le 1er janvier 1860, il signe avec Poulet-Malassis Et De Broise un nouveau contrat leur transférant la propriété de quatre volumes : Les Fleurs, Opium et Haschich, Opinions littéraires et Curiosités esthétiques.
Curiosités esthétiques ne sera pas édité chez Poulet-Malassis, il paraîtra pour la première fois chez Michel Lévy en 1868.
Baudelaire voulait faire éditer ses traductions de Poe chez Poulet-Malassis auprès de qui il était toujours endetté, mais il se heurtera au refus de Michel Lévy qui le contraint à y renoncer. Baudelaire menace cet « infâme Michel » d’un procès, mais choisit finalement de ne rien faire, considérant le coût probable d’une telle procédure et ménageant un partenaire dont les appuis sont puissants, notamment dans le monde de la presse.
Collection Daniel Sickles.
Références : Baudelaire – Correspondance, T. I, pages 613-614, Pléiade.
Déchirure au second feuillet, sans atteinte au texte, voir photos.



