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COLETTE – Bouleversante L.A.S. à Marguerite Moreno (1945)

Lettre autographe signée adressée à Margueritte Moreno – [Paris], jeudi 1er mars [1945] – 2 pp. in-4 et 3 pp. in-8 obl., à l’encre noire sur 3 feuillets bleus ; enveloppe avec adresse datée de mai [?] 1945.

 

« Je voudrais m’asseoir à l’ombre de ton moulin avec toi, et écouter l’oiseau qui dit 888888 »

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Sidonie-Gabrielle COLETTE (1873 – 1954) – Romancière et journaliste

Lettre autographe signée adressée à Marguerite Moreno – [Paris], jeudi 1er mars [1945] – 2 pp. in-4 et 3 pp. in-8 obl, à l’encre noire sur 3 feuillets bleus ; enveloppe avec adresse datée de mai (?) 1945.

Lettre bouleversante sur la mort de son amie la poétesse Hélène Picard

Comme dans toutes les lettres à Marguerite Moreno, sans doute les plus belles de sa correspondance, Colette relate avec tendresse les aléas de son quotidien.

Au sujet de l’état de santé de son amie la violoniste et critique musicale Hélène Jourdan-Morhange : « Morhange tombe malade, pour avoir fait l’imbécile : ménage, ravitaillement, bicyclette, articles de critique musicale (bien) et concerts au sein des frigorifiques ».

L’essentiel de la lettre est consacré au récit poignant des derniers instants de son amie, la poétesse Hélène Picard (1874-1945), qui occupe une place particulière dans les amitiés de Colette, les deux femmes s’étant rencontrées dès 1920 au Matin, lorsque Colette en était la directrice littéraire.

Ses ultimes moments sont décrits avec une précision terrible ; dans la situation du poète maudit : « Comme le plus romantique des poètes, elle meurt à l’hôpital, inconnue, méconnue, seule et muette. » Sa déchéance physique est telle que « ses lésions osseuses avaient fait d’elle une naine méconnaissable […] depuis des mois elle ne marchait plus qu’à quatre pattes. La dernière fois […] elle s’est écriée : Si je savais que Colette me verra telle que je suis, je me tuerais, tout de suite ! Ses dernières forces ont été pour se cacher […] Un détail, pour toi et moi : mon pneumatique arriva au moment où elle mourrait et elle est partie avec mon enveloppe bleue, fermée, sous sa main […] »

Le courrier s’achève sur une note de nostalgie : « […] Je voudrais m’asseoir à l’ombre de ton moulin avec toi, et écouter l’oiseau qui dit 888888. Sur l’absence de travailleurs aux champs et…le reste, ma fille me raconte de funestes histoires […] »

 

Bon état, voir photos.