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Eugène LABICHE – Correspondance à Ernest Legouvé

4 lettres autographes signées adressées au poète et auteur dramatique Ernest Legouvé (1807-1903) – Paris et Souvigny, 1864 et 1867 – 12 pp. in-16, une sur papier de deuil, à son monogramme gaufré.

 

« je me console en me disant si ma pièce doit marcher, elle marchera bien sans moi, si elle doit chavirer, il est plus malin de n’être pas là. »

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Eugène LABICHE (1815 – 1888) – Auteur dramatique

4 lettres autographes signées adressées au poète et auteur dramatique Ernest Legouvé (1807-1903) – Paris et Souvigny, 1864 et 1867 – 12 pp. in-16, une sur papier de deuil, à son monogramme gaufré.

Belle correspondance sur le théâtre

Souvigny, 11 décembre 1864. « Je reçois une dépêche de Delacour qui m’annonce que notre pièce du Gymnase passera lundi ou mardi [Le point de Mire jouée au Gymnase à partir du 12 décembre 1864]. Je lui écris pour le prier de déposer chez vous une loge et un fauteuil d’orchestre. Il m’est impossible de revenir avant jeudi mais je me console en me disant si ma pièce doit marcher, elle marchera bien sans moi, si elle doit chavirer, il est plus malin de n’être pas là. J’ai ramassé une bien jolie veste au théâtre Français, ils n’ont pas sourcillé [la comédie en 3 actes Moi représentée en mars de la même année et qui n’avait eu guère de succès]. J’espère que le public du Gymnase ou du Palais Royal sera moins majestueux que ces messieurs. J’ai eu toutes les chances contre moi, Proust n’est pas venu, il a eu une fluxion de poitrine et aucun des autres n’avait de rôle. Veuillez présenter mes meilleurs souvenirs à Mr et Mme Desvallière. à vous de tout cœur »

Paris, 12 novembre 1867. «Votre succès de lecture au Gymnase ne m’étonne pas [la pièce d’Ernest Legouvé Miss Suzanne dont la première a lieu au Gymnase le 3 décembre 1867]. Je vous ai toujours dit : votre pièce sera jouée et elle aura un très grand succès. L’évènement va très prochainement me donner raison. Vous allez sans doute revenir à Paris pour suivre vos répétitions, j’aurai le plaisir d’aller vous serrer la main. Je répète aussi très activement au Palais Royal mes cinq actes passeront à la fin du mois [Les chemins de fer dont la première est jouée au théâtre du Palais-Royal le 25 novembre]. Le Gymnase a grand besoin d’un succès, la saison est bonne, dépêchez-vous ! […] »

Paris, 29 novembre 1867. « Je vous remercie de l’intérêt que vous prenez à ma pièce, je reconnais là votre bonne amitié. Mes cinq actes ont parfaitement marché, surtout les trois derniers. La pièce se dessine comme un grand succès et nous pourrions retrouver les recettes de La Cagnotte. Je me fais imprimer à notre librairie des auteurs dramatiques, n°10 rue de la Bourse, chez Mr Louis Lacour. J’y trouve deux avantages : 1) de conserver à tout jamais la propriété de mes œuvres 2) de profiter de leur succès, puisque l’ouvrage étant imprimé à mes frais, le produit de la vente de toutes les éditions est pour moi seul, sauf les frais de commission. Vous trouverez tous les détails, de cette organisation dans l’annuaire de la société que la commission vient de publier et que vous avez sans doute reçu. Ces détails commencent à la page 152. Je paie un peu plus cher qu’il n’est dit dans le traité mais j’ai tenu à avoir une édition plus soignée. Si vous allez à notre librairie, faîtes vous montrer une de mes brochures.
Je ne suis pas étonné que vos répétitions marchent bien, je suis inébranlable dans ma conviction , votre pièce aura un grand succès si elle est bien jouée.
[…] »

Paris, 30 novembre 1867. « Je reçois une lettre de Mme Devallière qui me convoque pour dimanche à votre répétition générale. J’ai un bien vif regret de ne pouvoir y assister, j’ai accepté depuis huit jours une partie de chasse pour dimanche mais je compte bien assister à votre première, mardi prochain. J’enverrai chercher lundi, rue St Marc, la place que vous aurez bien voulu me réserver. Nous sommes très tourmentés dans ce moment, notre petit André a été atteint l’avant dernière nuit d’un rhumatisme articulaire qui le fait souffrir horriblement. Ses deux pieds et un genou sont pris et voilà maintenant que la douleur gagne l’estomac. Mon médecin me tranquillise, mais je suis bien inquiet. […] »

Bon état, voir photos.