Mémoire d'encres - Lettre autographe signée de François Truffaut

François TRUFFAUT se brouille avec Robert Benayoun (1982)

Lettre autographe signée François adressée à Robert Benayoun – S.l., mercredi 13 janvier 1982 – 2 pp. sur deux feuillets in-folio (21 x 29,7 cm), sur papier bible personnalisé.

 

« En leur temps, j’aurais fait n’importe quoi pour Renoir ou Hitchcock. »

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François TRUFFAUT (1932 – 1984) – Cinéaste, figure majeure de la Nouvelle Vague

Lettre autographe signée François adressée à Robert Benayoun – S.l., mercredi 13 janvier 1982 – 2 pp. sur deux feuillets in-folio (21 x 29,7 cm), sur papier bible personnalisé.

Sa brouille avec un critique de cinéma

«  Mon cher Robert,

Il y a 20 ans, tu ne m’aurais pas envoyé une lettre sans une formule finale d’amitié ou un témoignage de camaraderie. Les rapports entre journalistes et metteurs en scène sont difficiles, entre metteurs en scène ils sont souvent guindés, entre metteurs en scène en activité et metteur en scène-journaliste ils s’inscrivent dans une situation deviennent impossibles.

Un dimanche soir, je t’entends au « Masque et la plume » parler de moi comme d’un metteur en scène sur-évalué, spécialement en Amérique, et aujourd’hui, tu viens me demander de participer à une émission au nom, justement de ma réputation là-bas. Je sais que tu n’es pas cynique et que ton dévouement à Jerry Lewis est plus que respectable. En leur temps, j’aurais fait n’importe quoi pour Renoir ou Hitchcock. Il y a simplement que si j’accepte (presque en riant) les piques… les perfidies pointes et les perfidies d’un Marcurelles par exemple, venant de toi, qui connaît les états d’âme et l’anxiété des artistes de ceux qui créent quelque chose, elles me blessent. Donc adresse-toi à d’autres de mes amis-collègues-confrères bien connus en Amérique mais non surestimés (ni sous-estimés) il doit bien en exister qui sont évalués à leur juste, précise, exacte valeur.

Avec rancune avant cette lettre, mais sans rancune désormais. »

Robert Benayoun (1926-1996) est un écrivain et critique de cinéma. Il collabora à la revue Saint Cinéma des Près , ainsi qu’à L’Âge du Cinéma (1951-1952), mais surtout à la revue Positif depuis son numéro 12 de décembre 1954.

À la radio, il intervint régulièrement dans l’émission « Le Masque et la Plume », jusqu’au début des années 1980. Il fut par ailleurs un des fervents admirateurs de Jerry Lewis, à qui il consacra un film, Bonjour Mr Lewis (1975).

Encre faible sur le second feuillet, trace de trombone hors texte, voir photos.