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Franz LISZT et l’éditeur Härtel s’accordent sur un piano

Lettre autographe signée adressée à Hermann Härtel, de la maison d’édition musicale Breitkopf & Härtel – [Weimar], 10 novembre 1852 – 4 pp. in-8 (20,7 x 13,5 cm) sur papier gris-bleu, en français. Annotations de classement, d’une autre main, en marge haute de la dernière page.

 

« Weyden étant de mes amis depuis plusieurs années, je me permets de vous le recommander et me plais à espérer que vos relations avec lui, à l’occasion de la traduction en volume de Chopin, seront de nature facile et agréables. »

5 500€

Franz LISZT (1811 – 1886) – Compositeur et pianiste

Lettre autographe signée adressée à Hermann Härtel, de la maison d’édition musicale Breitkopf & Härtel – [Weimar], 10 novembre 1852 – 4 pp. in-8 (20,7 x 13,5 cm) sur papier gris-bleu, en français. Annotations de classement, d’une autre main, en marge haute de la dernière page.

Très belle lettre évoquant l’un de ses pianos, Hector Berlioz et son ouvrage sur Chopin

« Mon cher Monsieur Härtel,

En vous remerciant bien obligeamment de la nouvelle preuve de vos intentions bienveillantes à mon égard que vous me donnez par votre dernière lettre, je m’empresse de vous retourner les deux papiers ci-joints avec ma signature par lesquels nos petits comptes se trouvent ainsi réglés. Quant au compte en sus de 80 écus environ que je vous remercie de m’avoir fait parvenir par la même occasion, je ne tarderai pas non plus à l’acquitter, seulement, comme il contient plusieurs articles qui ont été acquis par l’Intendance du théâtre (tels qu’Athalie, Les Partitions de Piano de Lohengrin, La Symphonie de Schubert, etc.), vous me permettrez d’attendre quelques jours encore afin de réclamer la somme qui m’est due et que j’ignorais jusqu’ici avoir été portée à mon compte. – Croyant même que ces divers envois de musique que j’avais demandés pour l’usage du théâtre avaient été soldés depuis longtemps par l’Intendance. Je vous prie de vouloir bien excuser cette confusion dont je ne puis être fautif que très à mon insu.

Relativement à la publication du Pater Noster et de l’Ave Maria, vous la ferez entièrement à votre gré et je n’ai d’autre désir à cet égard que de ne pas séparer le Pater de l’Ave, à cause de l’exiguïté du premier ; mais soit que vous éditiez ces deux morceaux avec la messe, soit qu’ils paraissent à part (en laissant toujours les deux ensemble), l’une et l’autre manière me conviennent également. Pour plus de commodité, je les ai fait relier dans le même cahier comme ayant été écrits en même temps et appartenant au même style.

Berlioz vient de m’écrire qu’il devancera probablement de 2 ou 3 jours son arrivée ici – et les convenances et notre répertoire ont fait fixer au 17 novembre (au lieu du 18) la première représentation de la reprise de Cellini. Aussitôt après son départ, je mettrai en ordre le catalogue que vous avez l’obligeance de faire paraître et qu’il me serait agréable de pouvoir distribuer avant la fin de l’hiver. Vous en recevrez le manuscrit avant Noël.

Weyden étant de mes amis depuis plusieurs années, je me permets de vous le recommander et me plais à espérer que vos relations avec lui, à l’occasion de la traduction en volume de Chopin, seront de nature facile et agréables.

Veuillez bien recevoir encore mon cher Monsieur Härtel, mes meilleurs remerciements auxquels je joins l’assurance des sentiments les plus sincèrement distingués et affectueux de votre tout dévoué. »

Les « intentions bienveillantes » de son correspondant font référence à l’acceptation par Härtel d’un arrangement pour solder leurs comptes en cours. Franz Liszt avait contracté une dette de 400 Thaler en revendant un piano prêté par Breitkopf & Härtel à l’un de ses amis, ayant eu soin préalablement d’obtenir leur accord verbal (cf. Correspondance La Mara, lettres des 14 janvier 1850, 30 octobre et 10 novembre 1852, resp. pp. 83, 114 et 117). Härtel a donc accepté de compenser la dette de Franz Liszt par les sommes dues au compositeur.

Pour clore cette question, le reliquat de 80 écus doit faire l’objet d’une nouvelle compensation avec les contributions de Liszt sous forme d’articles.

Hector Berlioz (1803-1869) annonce sa venue pour la « Semaine Berlioz » qui aura lieu entre le 14 et le 24 novembre ; elle sera organisée autour de son Benvenuto Cellini, sous la direction de Franz Liszt, le 17, dans une version remaniée, Roméo et Juliette, dirigée par Berlioz lui-même et les deux premières parties de la Damnation de Faust.

Ses « la traduction en volume Chopin » : en 1852, Franz Liszt fait paraître un ouvrage consacré à son ami et parfois rival décédé trois ans plus tôt, avec l’intention de « faire parler son affliction sur sa pierre sépulcrale ». Liszt y défend l’enfermement de Chopin « dans le cadre exclusif du piano », souligne l’inspiration polonaise de son œuvre et la délicatesse de ses manières. Plus que la Pologne qui l’a vu naître ou que la France qui l’accueillit et qu’il aima, Liszt reconnaît en « la patrie de l’âme » la vraie patrie de Chopin.

L’ouvrage avait été publié en feuilletons dès 1850, d’abord dans La Revue musicale, puis conjointement par plusieurs éditeurs (Escudier à Paris, Schott à Bruxelles et Breitkopf & Härtel à Leipzig). Franz Liszt recommande ici son ami Ernst Weyden pour la traduction en allemand.

Référence : Correspondance La Mara / T. I – Von Paris bis Rom, page 117 – Ed. Breitkopf & Härtel (1893).

Ex. collection Crépieux-Jamin.

 

Bon état, voir photos.