Franz LISZT sollicite le comte d’Orsay en vue d’un « Soliloque musical »
Lettre autographe signée adressée au comte Alfred d’Orsay – [Londres, probablement le 6 juin 1840] – 2 pp. sur un double feuillet in-8, enveloppe conservée : Monsieur le Comte Alfred d’Orsay / Grove House / Kensington.
« …mardi prochain, jour fixé pour mon Soliloque musical »
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Franz LISZT (1811 – 1886) – Compositeur et pianiste
Lettre autographe signée adressée au comte Alfred d’Orsay – [Londres, probablement le 6 juin 1840] – 2 pp. sur un double feuillet in-8, enveloppe conservée : Monsieur le Comte Alfred d’Orsay / Grove House / Kensington.
Invitation de Lady Blessington à son premier « récital »
« Serez-vous assez bon, cher Comte, pour me dire si Lady Blessington est toujours dans la généreuse intention de me sacrifier une heure de l’après-midi de mardi prochain, jour fixé pour mon Soliloque Musical ?
Je tiendrais beaucoup à le savoir afin de pouvoir lui réserver les meilleures places possibles.
Mille choses affectueusement dévouées.
Samedi matin. »
Ce « Soliloque musical » est probablement celui donné par Franz Liszt le 9 juin 1840 aux Hanovre Square Rooms. C’est à partir de cette date qu’il abandonne cette dénomination pour ce type de concert, qu’il appelait aussi parfois « monologue pianistique », pour lui préférer, pour la première fois, le terme de « récital ».
Cette forme de prestation, dont Franz Liszt fut le créateur à Rome dans les salons du palazzo Poli du prince Dimitri Galzitine, en 1839, puis à Paris, chez Sébastien Érard, en avril 1840, devient dès lors un « récital », le terme, inspiré de l’anglais, lui ayant été suggéré par le musicien Frederick Beale. Elle consiste à jouer, seul face au public, sur un piano ouvert, ou plutôt deux dans le cas de Liszt, un programme entier, qu’il interprétait de mémoire.
Après des débuts difficiles dans les provinces anglaises, les portes de la société aristocratique anglaise vont s’ouvrir, notamment grâce à l’aide du comte d’Orsay (1801-1852) et de Lady Blessington (1789-1849) qui le présente à la haute société et à Napoléon III. Il triomphe ensuite à Londres, où il donnera une série de concerts, dont celui offert à la reine Victoria et au prince Consort à Buckingham Palace.
Dans une lettre de mai 1840, Franz Liszt annonce à Marie d’Agoult que, « d’Orsay est venu [le] voir pour [l’]inviter chez eux, c’est à dire chez Lady Blessington. Il ont très envie de [le] connaître…» Dans une autre lettre du 29 mai 1840, il précise que d’Orsay a fait son portrait et va le publier, et que Lady Blessington lui a dit qu’il ressemblait à Lord Byron et à Napoléon !
Bon état, voir photos.