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George SAND – L.A.S. au sujet des adaptations de ses romans au théâtre

Lettre autographe signée adressée à Gustave Vaëz – [Nohant], 6 octobre 1853 – 4 pp. d’un double feuillet in-8.

 

« Cher Ami, dites-moi comment le Champi a été joué et accueilli dans sa nouvelle parure »

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George SAND (1804 – 1876) – Romancière

Lettre autographe signée adressée à Gustave Vaëz au théâtre de l’Odéon– [Nohant], 6 octobre 1853 – 4 pp. d’un double feuillet in-8.

Longue lettre sur les adaptations théâtrales de François le Champi et Mauprat

« Cher Ami, dites-moi comment le Champi a été joué et accueilli dans sa nouvelle parure.

Êtes-vous content de votre débutant qui m’a écrit la veille de jouer une lettre très gentille ! Notre petite Mariette a-t-elle été bien charmante ? et Barré dans Jean Bonin ? […] Notre distribution de Mauprat vous paraît-elle bien entendue ? Je ne veux pas être sur votre dos avant que cela soit vraiment utile. Et puis, je suis bien occupée ici. Je compte sur vous pour m’avertir huit jours avant l’époque où vous croirez que la pièce sera mûre pour la représentation à moins que vous ne remarquiez des changements essentiels à faire à la pièce. Je n’insiste pas pour Buthiau puisque vous aviez donné le rôle à un autre. Lui-même m’a écrit pour me dire très gentiment qu’il serait désolé qu’on le retirât à son camarade. Je pense, cher ami, que vous me tiendrez au courant, que vous enregistrerez vos remarques sur les longueurs ou les redites car il y en a toujours qui sautent aux yeux à la scène ; que vous soignerez bien la mise en scène, si importante dans mes pièces, enfin que vous vous ennuierez beaucoup à ma place et que cela ne vous empêchera pas de m’aimer toujours même après toutes les indigestions que vous allez avoir de ma prose.

Tous mes compliments affectueux à M. Roger, un bon baiser à Bérangère qu’elle vous rendra pour moi ainsi que les robustes poignées de mains de Maurice, Lambert et Manceau. Grelot a postulé aussi pour le rôle de Mauprat ; il est très blessé que vous n’ayez pas pensé à lui. Je reçois la lettre ci jointe de M. Camille Doucet Veuillez lui faire passer mon remerciement. […]. Je reçois aussi une nouvelle lettre de Monsieur Candeilh qui me dit que le Champi a été très bien joué et que quant à lui il a été accueilli favorablement. Chargez-vous, cher Directeur de tous mes compliments et remerciements pour lui.

Envoyez-moi l’autographe de Camille Doucet, cela pourra m’être utile ici auprès des autorités qui m’embêtent pour mon théâtre. Bientôt les marionnettes [son fils Maurice se passionna pour des spectacles de marionnettes, dont certains étaient donnés à Nohant devant leur cercle d’amis, y assistaient notamment Maurice Lambert et Alexandre Marceau cités plus haut] elles-mêmes leur paraîtront des réunions séditieuses. On m’a dénoncée pour la représentation du Pressoir où vous étiez, comme ayant, sous prétexte de comédie, présidé un club démagogique (sic). »

Le librettiste belge Jean-Nicolas-Gustave Van Nieuwen-Huysen, dit Gustave Vaëz (1812-1862) est actif d’abord à Bruxelles et ensuite à Paris dès 1835, où il deviendra directeur-adjoint du théâtre de l’Odéon puis de l’Opéra.

Le roman François le Champi paraît dans le Journal des débats en 1848 avant d’être édité chez A. Cadot deux ans plus tard. George Sand en signera une adaptation scénique, dont la première aura lieu le 23 novembre 1849 au théâtre de l’Odéon. La pièce sera montée ensuite à plusieurs reprises, en 1851 et 1853. La distribution de 1853 met en scène Candeilh dans le rôle titre, Barré dans celui de Jean Bonin et Mme Bérangère dans celui de Mariette.

L’adaptation au théâtre du roman Mauprat est créée le 28 novembre 1853 au Théâtre de l’Odéon avec Jules Brésil dans le rôle de Bernard de Mauprat et Ferville dans celui de Hubert de Mauprat.

 

Bon état, voir photos.