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Georges MÉLIÈS se lamente de la gestion de sa boutique de jouets

Lettre autographe signée adressée à Monsieur Golandin de la Compagnie des chemins de fer de l’État – Orly, le 10 février 1933 – 3 pp. in-8, enveloppe de la réponse du service contentieux, datée du 13 février, qui devait contenir la lettre de Monsieur Golandin.

 

« Le magasin a été fermé même la veille du jour de l’An, et le jour de l’An même, les 2 meilleurs jours de recette. C’est réellement insensé. »

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Georges MÉLIÈS (1861 – 1938) – Illusionniste, pionnier du cinéma

Lettre autographe signée adressée à Monsieur Golandin de la Compagnie des chemins de fer de l’État – Orly, le 10 février 1933 – 3 pp. in-8, enveloppe de la réponse du service contentieux, datée du 13 février, qui devait contenir la lettre de Monsieur Golandin.

Émouvante lettre de Méliès se désolant de la gestion déplorable de son ancienne échoppe de jouets

« Monsieur Golandin,

À la suite de la démarche que nous avons faite ensemble au bureau du Contentieux de la Cie de l’État, je n’ai plus entendu parler de rien, malgré la proposition faite par moi de passer le bail au nom de M. Lancelevée et la lettre de ce dernier contenant son acceptation. Je n’ai reçu de la Cie, aucune réponse. Depuis, je suis allé maintes fois à Paris, et invariablement j’ai trouvé à la gare Montparnasse, la boutique fermée ; soit le matin, soit le soir. Le marchand de tabac qui fait face à cette boutique m’a dit qu’il en était presque toujours ainsi, et que, à chaque instant on vient lui demander ce qu’est devenu le marchand de jouets, et si lui-même n’en vend pas. Évidemment, un semblable état de choses ne pourra durer bien longtemps, et je redoute, à chaque instant, un ordre de fermeture définitive de la Cie, car ces magasins doivent être ouverts, sauf rares cas exceptionnels.

Alors je ne vois qu’un moyen d’en sortir, (si M Lancelevée ne veut pas ou ne peut pas continuer), ce serait de trouver un nouvel acquéreur, le plus tôt possible, et, comme la Cie n’a pas transféré le bail au nom de M Lancelevée, et que j’en suis , par suite toujours titulaire, on rembourserait à M. Lancelevée, sur le prix de vente ce qui lui sera dû, déduction faite des marchandises que je lui ai laissées, et des mensualités qu’il ne m’a pas payées. Il faut, à tout prix, sortir de la situation actuelle, en tâchant de faire verser à un nouvel acquéreur, si on en trouve, une somme suffisante, pour que M Lancelevée et moi-même, nous puissions nous en tirer à peu près.

En pareil cas, naturellement, je demanderais à la Cie de fortes réductions et du temps pour les loyers en retard, comme c’était convenu.

Prière de donner à ceci votre attention le plus tôt possible, car cela me tourmente bien.

Mes amicales salutations.

[P.S.] Le magasin a été fermé même la veille du jour de l’An, et le jour de l’An même, les 2 meilleurs jours de recette. C’est réellement insensé. »

Après avoir été ruiné, pour la seconde fois, en 1923, Georges Méliès a retrouvé et épousé Jehanne d’Alcy (de son vrai nom Charlotte Faës) en décembre 1925 ; ils vont tenir ensemble une boutique de jouets et confiserie située dans le hall de la gare Montparnasse. Jehanne d’Alcy en est la concessionnaire, les murs sont la propriété de la Cie des chemins de fer.

En raison de travaux projetés par la Compagnie, le couple doit déménager en 1930, il s’agit donc ici de leur seconde boutique qu’ils exploiteront jusqu’en 1932. Hélas, ce second emplacement de moins bonne qualité n’est guère propice aux affaires et le commerce périclite et la boutique est mise en gérance. Méliès se plaint ici de la gestion désastreuse de son ancien commerce, qui conduira finalement à la résiliation du bail avec la Cie des chemins de fer, le 31 décembre 1933.

En septembre 1932, depuis la maison de retraite d’Orly, où il est installé, Méliès se désole de la manière dont son ancien commerce est tenu et paraît disposé, à 71 ans, à reprendre du service.

Cette boutique de jouets avec Méliès installé derrière son comptoir inspira le livre de Brian Selznick et le célèbre film de Martin Scorsese, Hugo Cabret.

Bon état, voir photos.