Jacques MESRINE – Belle lettre de « L’Ennemi public N°1 », N°1
Lettre autographe signée Ton pirate adressée à Jeanne Schneider – Prison de la Santé (Paris), jeudi 22 avril 1976 – 2 pp. in-8, papier ligné. Pour remédier au problème d’acheminement du courrier, plusieurs lettres de la correspondance sont numérotées, celle-ci porte le N°1.
« J’ai hâte de te voir mon ange c’est peut-être le seul instant où je me sens libre. »
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Jacques MESRINE (1936 – 1979) – Criminel, surnommé « l’homme aux mille visages »
Lettre autographe signée Ton pirate adressée à Jeanne Schneider – Prison de la Santé (Paris), jeudi 22 avril 1976 – 2 pp. in-8, papier ligné. Pour remédier au problème d’acheminement du courrier, plusieurs lettres de la correspondance sont numérotées, celle-ci porte le N°1.
Sur l’avancée de son dossier et l’attente du parloir
« Nanou d’amour,
Bonsoir mon ange. Ce soir deux lettres de toi 9 et 11. C’est donc la 10 qui a été chez Madre hier ! j’ai vu le sous directeur à ce sujet !! « regrettable » c’est un peu la conclusion. Je lirai donc cette lettre dans 8 jours. J’ai eu la visite de Maitre Aiche. Rien de spécial sinon que tous mes dossiers sont bloqués au parquet et que l’on fait tout pour que la totalité de mes affaires passent en une seule fois. Ce n’est pas une surprise pour moi. Nous envisagerons en temps utile. Demain j’aurai peut-être la visite de maman qui doit me donner ses impressions sur Sarah et Michel (sic) Tu m’as bien fait rire avec tes deux petits chats car celui qui rigole a comme un air de famille. Je trouve que ce mois-ci passe extrêmement vite, dans une semaine notre parloir. J’ai hâte de te voir mon ange c’est peut-être le seul instant où je me sens libre. Sais-tu que je n’ai toujours rien reçu de Daoust [son avocat Raymond Daoust]. Je sais par la presse qu’il voyage à travers tous les États-Unis puisque dernièrement il a rendu visite à Nixon à la casa pacifica à San Clemente en Californie. Mais cela ne l’excuse pas pour autant. Je vais faire un mot à Fréda. Je désire qu’elle récupère tout ce qui m’appartient et qui se trouve chez Raymond pour l’instant. Il faut que je puisse vérifier si toutes nos photos nous ont été rendues. Nanou d’amour mes lèvres se posent sur les tiennes en une douce caresse. Bonne nuit chaton. Te Quiero. »
Jacques Mesrine est de retour en France en décembre 1972, où il commettra d’autres vols à main armée avant d’être de nouveau arrêté le 8 mars 1973. Il sera condamné à 20 ans de prison le 6 juin 1973 et déféré à la prison de la Santé. Il prend la fuite une nouvelle fois lors d’une comparution pour une affaire mineure en prenant en otage le président du tribunal. S’ensuivront plusieurs nouveaux braquages à Paris, suivis de son arrestation par le commissaire Broussard le 28 septembre 1973. Mesrine sera incarcéré à la prison de la Santé et condamné à 20 ans de prison (19 mai 1977). Il est placé en quartier de haute sécurité (QHS) par le ministre de la Justice, Alain Peyrefitte, et sera à l’origine d’un combat médiatique concernant les conditions de ce type de détention, qu’il juge dégradant.
Me Aiche, citée dans cette lettre, est l’avocate Geneviève Aiche. Elle préfacera le livre de Jeanne Schneider publié en 1980, après la mort de Mesrine, Je n’ai pas le droit à l’oubli, sous-titré Il était une fois Janou et Jacques Mesrine.
Bon état, voir photos.