Jean COCTEAU – Jolie lettre adressée à Jean Marais (1951)
Lettre autographe signée Jean* adressée à Jean Marais – Villa Santo Sospir [Saint-Jean-Cap-Ferrat], mardi gras 1951 [7 février] – 1 page in-4 (21 x 27 cm).
« Il pleut sur les masques. Il pleut sur les batailles de plâtre. Tu imagines la boue de plâtre qui recouvre Nice. »
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Jean COCTEAU (1889 – 1963) – Poète et cinéaste
Lettre autographe signée Jean* adressée à Jean Marais – Villa Santo Sospir [Saint-Jean-Cap-Ferrat], mardi gras 1951 [7 février] – 1 page in-4 (21 x 27 cm).
Évoquant Jean Marais par Jean Cocteau et des tractations autour d’une toile de Renoir
« Mon Jeannot,
Il pleut sur les masques. Il pleut sur les batailles de plâtre. Tu imagines la boue de plâtre qui recouvre Nice. Ce matin (mercredi) temps superbe. C’est toujours pareil les lendemains de carnaval. Je ne t’ai pas raconté l’histoire du Renoir. En fin de compte je l’ai fait prendre par les Hersant. Pour qu’il ne disparaisse pas ; c’est un admirable paysage de la meilleure époque. Le type, furieux de ne le vendre qu’un million, exigeait une date limite. Il doublait le prix après une semaine. Francine était à Santo Sospir. Je n’avais pas la somme. Sinon je te l’achetais à tout hasard. Il vaut le double ou le triple. Le mien est une toile minuscule, portrait de son fils. On dirait une perle. Je guette. Si Hugnet te déniche un autre de la collection Vollard, il me téléphone (ces toiles viennent de la dernière planche trouvée chez Vollard. Elles étaient groupées dessus).
Mon Jeannot, les Calmann m’écrivent que notre volume paraît le 1er mars [Jean Marais par Jean Cocteau qui sera publié le mois suivant chez Calmann-Lévy, l’ouvrage rendant successivement hommage à l’acteur, au peintre…et à son chien Moulouk]. Si par hasard tu pouvais leur donner une ou deux heures entre le 15 et le 21, ils te demanderaient de passer rue Auber (n°3) et de suppléer à mon absence. Demande à Lulu. Ce serait très utile. Indique-leur les dates et les villes précises de la tournée entre Reims et Tunis. Embrasse notre Moulouk. Tendresses Francine et Doudou t’attendent. »
Épouse du banquier américain Alexandre Weisweiller, Francine (1916-2003), avait fait la connaissance de Cocteau en 1949, par l’intermédiaire d’une de ses cousines, elle était devenue son amie, mais aussi son mécène. Productrice des Enfants terribles (Jean-Pierre Melville, 1950), elle avait favorisé son élection à l’Académie française la même année et édité une grande partie de ses œuvres. Jean Cocteau séjournera régulièrement dans sa villa Santo Sospir – la propriété, inscrite aux Monuments historiques et décorée par Madeleine Castaing, est riche d’œuvres acquises ou offertes par Soutine, Picasso, Braque, etc. Cocteau couvrira ses murs de fresques.
Compagnon de Cocteau, « Doudou » désigne l’acteur Édouard Dermitt, rencontré en 1947. Jean Cocteau l’adoptera dans les dernières années de sa vie et en fera son légataire universel.
Bon état, voir photos.


