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Jean LANNES – Belle lettre familiale et politique, depuis Lisbonne

Lettre autographe signée adressée à son beau-père, François-Scholastique, comte de Guéhéneuc – Lisbonne, 8 vendémiaire an XII [1er octobre 1803] – 2 pp. ½ in-4.

 

« Je vous promets mon ami, que les anglais sont outragés de tout ceci, les portugais ne les aimant pas et j’espère qu’avec le temps qui ne sera pas long leur influence tombera dans ce pays. »

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Jean LANNES (1769 – 1809) – Maréchal d’Empire

Lettre autographe signée adressée à son beau-père, François-Scholastique, comte de Guéhéneuc – Lisbonne, 8 vendémiaire an XII [1er octobre 1803] – 2 pp. ½ in-4.

Il tente de contrer l’influence des anglais et annonce le baptême de son fils Jean-Ernest

« Mon petit garçon a été baptisé avant-hier dans la chapelle du palais du Roi. Le prince et la princesse ont été marraine et parrain, il m’est impossible mon cher ami, de vous dire combien la fête a été belle. Toute la famille Royale y était ainsi que tous les grands qui sont attachés à la cour. Je ne pourrai vous dire l’effet que cela a produit chez la nation portugaise ; on ne pouvait pas passer dans les rues. J’ai donné après le baptême un grand dîner au corps diplomatique et à plusieurs personnes de la cour. La princesse a donné son portrait entouré de diamants et le prince m’a donné un brillant, le tout est assez mesquin, ils ont cependant cru faire beaucoup, ce n’est pas la faute du prince, je suis sur que son intention était de faire cela en grand. Je vais au ministre des relations pour lui faire part des bonnes intentions du prince Régent envers le premier Consul et de la France. Il a pris le parti de traiter avec moi, il est naturel pour son pays qu’il n’ait pas pris grief ou parti plutôt, mais c’est égal, je réponds au premier Consul qu’on fera toujours tout ce qui pourra lui être agréable, Je vous prie de remettre vous-même la dépêche ci-jointe au ministre et de vous assurer qu’il en fasse part au premier Consul [probablement en lien avec les intrigues diplomatiques menées par Talleyrand, dans le dos de Lannes, pour conclure un traité de neutralité].

Je vous promets mon ami, que les anglais sont outragés de tout ceci, les portugais ne les aimant pas et j’espère qu’avec le temps qui ne sera pas long leur influence tombera dans ce pays.

Le nouveau baptisé a été bien malade nous avons cru un moment le perdre. Vous savez qu’il était nourri par une chèvre, nous lui donnons aujourd’hui une bonne nourrice quoique le petit aille beaucoup mieux. Le prince lui a donné son nom, il s’appelle Jean, nous y avons ajouté celui d’Ernest. Je serai bien fâché, mon ami que les circonstances me privassent du plaisir d’être de la partie pour la défaite en Angleterre. Je ne le crois pas, à la vérité, je serai bien fâché de quitter le prince mais ce ne serait jamais que pour revenir après l’expédition.

J’avais oublié de vous dire mon ami, que j’ai donné un concert après le dîner où la Catalani [la soprano italienne Angelina Catalani (1780-1849)], la Gafforini [Elisabeta Gafforini (1777-1847)], Naldi [le ténor italien Giuseppe Naldi (1770-1821)], enfin tous les premiers talents du théâtre y étaient.

Adieu mon ami, Louise se porte bien [son épouse, Louise Guéhéneuc (1782-1856)], rappelez nous au souvenir du brave docteur [probablement Jean-Nicolas Corvisart (1755-1821), son ami et médecin personnel de l’Empereur]. Tout à vous »

Après s’être illustré avec bravoure aux batailles de Montebello et de Marengo, le futur maréchal Lannes devient ministre plénipotentiaire et est nommé à Lisbonne le 14 novembre 1801. Arrivé le 25 mars 1802, il restera peu de temps en poste, jusqu’au 10 août, son départ brusque se justifiant par ses désaccords avec le ministre portugais Joao d’Almeida, qu’il juge trop favorable aux anglais, qu’il déteste.

Malgré les intrigues de Talleyrand et d’Almeida, Lannes reprendra ses fonctions du 12 mars 1803 au 1er août 1804, après la nomination d’un ministre plus en accord avec ses opinions.

Son départ initial pour Lisbonne était d’ailleurs en lien avec un premier baptême, celui du premier fils né de son mariage avec Louise de Guéhéneuc, dont le coût faramineux avait mis Napoléon, parrain du nouveau-né, en porte-à-faux.

 

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