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[Victor HUGO]. Juliette DROUET – Belle L.A.S. évoquant “Lucrèce Borgia”

Lettre autographe signée adressée à Victor Hugo – [Paris], s.d., 23 Samedi soir 9h3/4 [probablement le 23 janvier 1847] – 4 pp. in-8.

 

« je sens l’amour monter à mes lèvres de mon âme comme la sève monte de la racine aux branches de l’arbre »

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Juliette DROUET (1806 – 1883) – Actrice et maîtresse de Victor Hugo

Lettre autographe signée adressée à Victor Hugo – [Paris], s.d., 23 Samedi soir 9h3/4 [probablement le 23 janvier 1847] – 4 pp. in-8.

Belle lettre évoquant la pièce de théâtre témoin de leur première rencontre

La genèse de la relation qui unira Juliette et Toto est indissociable de Lucrèce Borgia. C’est lors d’une lecture de cette pièce que Victor Hugo remarque Juliette pour la première fois, alors qu’elle tient le rôle de la princesse Négroni. On comprend dès lors aisément l’enthousiasme de Juliette à la perspective d’assister à cette représentation. On saisit également, en négatif, les motivations du poète, qui n’hésitait pas à se décommander auprès de Juliette lorsqu’il avait d’autres projets.

« Mon cher, mon cher petit homme je t’aime, je sens l’amour monter à mes lèvres de mon âme comme la sève monte de la racine aux branches de l’arbre. Je t’aime, je t’aime, je t’aime. J’ai été très contente de voir cette pauvre mère Lanvin et surtout de lui parler de toi et de ta bonté ineffable. C’est que tu es si admirablement bon que c’est un besoin pour moi de le dire à tous et toujours. J’ai ces drôles de petites filles qui se pendent après moi en hurlant comme des petits rhinocéros. J’aime Mr Doi, J’aime Mr Doi, J’aime Mr Doi, ce qui est fort tendre et fort assourdissant, mais je leur pardonne en faveur de leur enthousiasme. J’aurais pourtant bien voulu voir Crèce, moi, vous êtes méchant de me le refuser. Vous abusez de ma bonté et de ma patience mais vous n’en serez pas le bon marchand. Un jour vous verrez ça d’abord je vous baiserai devant tout le monde et je crierai de tous mes poumons : Vive Toto, vive Toto. Cela vous vexera et ce sera bien fait. En attendant je vous aime, je vous aime, je vous aime venez vite et baisez moi, je vous pardonnerai tous vos trines [tours, manigances] »

La première de le reprise de Lucrèce Borgia se tenait ce soir-là. La veille, le 22 janvier 1847, Juliette Drouet écrivait à Victor Hugo : « De penser que je vais revoir ma Lucrèce Borgia, cela me ranime et me redonne du courage. » Au matin du 24 janvier, elle lui écrira : « J’aurais bien été à Lucrèce avec toi hier, j’irai bien encore aujourd’hui si on la donne. »

Plis d’usage, petite déchirure sans atteinte au texte, voir photos.