Léo DELIBES, à Philippe Gille sur la programmation du Théâtre Lyrique [c.1860]
Lettre autographe signée adressée à Philippe Gille – Londres [1860-1861], Samedi matin – 3 pp. ½ sur un double feuillet in-8, papier azuré.
« Que fait-on à Paris relativement à la pièce de Gounod ? »
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Léo DELIBES (1836 – 1891) – Compositeur
Lettre autographe signée adressée à Philippe Gille – Londres [1860-1861], Samedi matin – 3 pp. ½ sur un double feuillet in-8, papier azuré.
Belle lettre de jeunesse
« Mon vieux,
Sois assez aimable pour me répondre immédiatement afin que je reçoive ta lettre lundi matin. Si toutefois elle me trouve encore à Londres. Je ne sais pas si je pars demain matin, lundi ou mardi.
Que fait-on à Paris relativement à la pièce de Gounod ? [le Théâtre Lyrique annonçait son « opéra à grand spectacle » La Reine Balkis, qui deviendra La Reine de Saba, dont la première aura lieu le 5 décembre 1862, à Bruxelles, au théâtre de la Monnaie] Reyer répète-t-il ? Suis-je très nécessaire là-bas – as-tu décidé quelque chose avec Réty ? Viens-tu à Londres ? Réponds-moi à tout cela parce qu’alors si je ne suis pas parti (ce qui est très probable) j’agirai en conséquence.
Je suis enchanté de mon voyage. Je n’ai pas eu jusqu’à présent le moindre petit déboire, et tout cela m’intéresse énormément. Je ne dépense pas beaucoup d’argent. Mais comme tout ici est grand ! long ! large ! immense ! je suis éreinté ! en moins de six jours, j’ai vu presque tout ce qu’il y a à voir et le hasard m’a bien servi quant aux études de mœurs.
Je ne t’en dis pas davantage, je n’ai pas le temps. Écris-moi tout de suite surtout et songe que c’est demain dimanche, ne rate pas la poste.
A toi mon vieux.
Et crois pour la vie à la sincère amitié de ton dévoué Léo Delibes.
[P.S.] Tachez de faire savoir de mes nouvelles à ma mère, je lui écrirai pour lui dire au juste quand je reviendrai
Tourne pour l’adresse. J’oubliais l’adresse. Comment la trouves-tu ?
Mrs Osborne
42- Jewine Street Pour Mr Léo Delibes E.C.
N’oublie pas les deux lettres, c’est important. »
Charles Réty (1824-1895, alias Charles Darcours) occupe le poste de secrétaire général au Théâtre Lyrique à partir de 1856, sous la direction de Léon Carvalho. Le 1er avril 1860, ce dernier démissionne et Charles Réty lui succède et Philippe Gille reprend son poste de secrétaire général.
Ernest Reyer (1823-1909) répète alors son opéra La Statue sur la scène du Théâtre Lyrique, où il sera crée, après moult péripéties, le 11 avril 1861 – un litige avait en effet éclaté entre le théâtre et le compositeur à propos du contrat passé avec un directeur devenu démissionnaire, posant la question de la validité de son engagement.
Quelques marques d’usure voir photos.



