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Marcel PROUST – Belle lettre émaillée de citations poètiques

Lettre autographe signée à « Madame » [son amie Geneviève Straus ?] – S.l.n.d. – 3 pp. in-8.

 

« la littérature est parfois le voile, bien transparent du reste, qu’une sorte de pudeur fait revêtir à la Sympathie, à la Gratitude, et au Respect »

 

 

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Marcel PROUST (1871 – 1922) – Écrivain

Lettre autographe signée à « Madame » [son amie Geneviève Straus ?] – S.l.n.d. – 3 pp. in-8.

Belle lettre émaillée de citations poétiques de Musset, Hugo et Sully Prudhomme

« Votre lettre m’a beaucoup ému. Je vous remercie de me l’avoir écrite, je lui mettrais volontiers comme épigraphe l’un de ces trois vers pris dans des pièces d’ailleurs bien différentes, mais qui me semblent faire écho et unisson avec vos paroles :

“Cette voix du cœur qui seule au cœur arrive”

“Les fils mystérieux où nos cœurs sont liés”

“Le vrai de l’amitié, c’est de sentir ensemble”

Excusez les “citations” Madame. Elles ne signifient pas que ma lettre ait rien, au sens factice du mot, de “littéraire”, mais que la littérature est parfois le voile, bien transparent du reste, qu’une sorte de pudeur fait revêtir à la Sympathie, à la Gratitude, et au Respect »

« Cette voix du cœur qui seule au cœur arrive » : tiré des Stances à la Malibran d’Alfred de Musset, que le poète lui dédie peu après son décès en 1836).

« Les fils mystérieux où nos cœurs sont liés » : d’après d’Victor Hugo dans Tristesse d’Olympio (Les Rayons et les Ombres – 1840).

« Le vrai de l’amitié, c’est de sentir ensemble » : citant Aux Amis inconnus de Sully Prudhomme (Les vaines tendresses – 1875).

Quoique s’excusant de leur présence, l’écrivain fait régulièrement appel aux vers d’Hugo, Musset, Baudelaire ou Vigny, pour l’essentiel, dans ses correspondances avec ses amis lettrés, tel Robert de Montesquiou, ou peut-être ici son amie Geneviève Straus dans ce qui s’apparente à une lettre d’hommages respectueux. Fille de Fromental Halévy et veuve de Georges Bizet, elle épouse en secondes noces l’avocat d’affaire Émile Straus et fut une des inspiratrices de Madame Verdurin.

Lettre absente de la Correspondance de Marcel Proust publiée par Philip Kolb (Plon 1970-1993).

Bon état, voir photos.