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Maurice de VLAMINCK défend ses tableaux à la vente Eugène Descaves (1919)

Lettre autographe signée adressée à un commissaire-priseur – S.l., Mercredi 21 Mars 1919 – 4 pp. in-12.

 

« Les prix que vous m‘indiquez doivent être atteints. »

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Maurice de VLAMINCK (1876 – 1958) – Peintre

Lettre autographe signée adressée à un commissaire-priseur – S.l., Mercredi 21 Mars 1919 – 4 pp. in-12.

Les calculs de l’artiste avant la vente de ses tableaux aux enchères

« Je reçois votre aimable lettre. Pour préciser ce que je pense dans votre intérêt comme pour le mien voici ce que je pense.

Les prix que vous m‘indiquez doivent être atteints. Soit qu’un amateur daigne les atteindre ou bien qu’une tierce personne nous représentant fasse atteindre ces prix, c’est à dire que ce soit vous qui rachetiez ou bien un amateur il faudrait pour notre intérêt que les toiles vendues à vous ou à un amateur atteignent les prix indiqués dans votre lettre.

Je pense que cela est du reste votre intention dans la lettre que je reçois. Maintenant vous m’indiquez le prix de 1900fr pour la toile que vous voulez monter le plus haut or ne croyez vous pas que si le résultat de votre vente est publié dans les journaux il ne vaudrait pas mieux faire atteindre les 2000 ?… Les grands magasins emploient ce truc. 1fr95 ce n’est pas 2fr00 et pour quelques francs de pourcentage de plus ce chiffre serait plus impressionnant. En vous serrant cordialement la main. […] »

Eugène Descaves (1863-1934), frère cadet de l’écrivain Lucien Descaves, commissaire de police de son état, était également collectionneur d’art. Sa collection regroupait les artistes majeurs de l’École de Paris : Picasso, Utrillo, Derain, Soutine, Signac et Vlaminck notamment ; elle fut dispersée à l’Hôtel Drouot le 28 mars 1919. Est joint à la lettre le prospectus de la vente, avec pour chaque œuvre l’indication au crayon du prix atteint. On notera qu’un tableau de de Vlaminck réussit à frôler le montant symbolique de 2000fr, sans atteindre hélas l’objectif fixé par l’artiste. La pratique décrite dans cette lettre dite de « bourrage » des enchères appartient, fort heureusement, à une époque révolue.

Joint : l’imprimé de la vente Eugène Descaves avec les prix atteints et deux coupures de presse relative à cette vente.

Traces d’usure en marge basse, voir photos.