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Maximilien de ROBESPIERRE – Rarissime lettre autographe signée (1788)

Lettre autographe signée de Robespierre [sans doute à Mlle Dehay] – Arras, le 6 juin 1788 – 2 pp. sur un double feuillet in-4.

 

« je n’ai rien à envier aux poètes les plus agréables et même encore plus aux feseurs de romans »

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Maximilien de ROBESPIERRE (1758 – 1794) – Avocat et homme politique, une des figures majeures de la Révolution française

Lettre autographe signée de Robespierre [sans doute à Mlle Dehay] – Arras, le 6 juin 1788 – 2 pp. sur un double feuillet in-4.

Rarissime lettre entièrement autographe du jeune Robespierre, évoquant ses mémoires et citant Mme de Sévigné

Le jeune avocat Robespierre avait pour habitude de consigner dans des mémoires le détail de ses chroniques judiciaires. Passablement fier de ses écrits qui contribuaient à sa notoriété, il en assurait la publicité en les diffusant largement, avec galanterie ici, auprès de son amie Mlle Dehay. Cette dernière entretient par ailleurs des liens d’amitié avec sa sœur Charlotte de Robespierre (1760-1834), évoquée dans la seconde partie de la lettre.

« il est rare que l’on puisse présenter à une jolie femme un écrit de la nature de celui que je vous envoie. C’est ce qui m’a paru toujours ravaler les feseurs de mémoire, au dernier rang de la littérature, en supposant néanmoins, que l’on puisse leur accorder une place quelconque dans la république des lettres. Malheureux ! qui sont privés de la plus douce récompense qui puisse couronner leurs pénibles travaux. Grâce au ciel et à vous, je suis exempt de cette disgrâce commune ; je vous envoie des mémoires et vous les lisez, je dois cet avantage, mademoiselle, à la solidité de votre esprit autant qu’à l’indulgence avec laquelle vous voulez bien accueillir toutes mes productions. À ce titre, je me vois infiniment au-dessus de la plupart des laborieux écrivains […] et je n’ai rien à envier aux poètes les plus agréables et même encore plus aux feseurs de romans, car le comble du bonheur et de la gloire pour un écrivain, quel qu’il soit, c’est de plaire aux grâces, n’importe de quelle manière. C’est pourquoi, mademoiselle, dès que mes mémoires commenceront à vous ennuyer, je vous prie de m’avertir aussitôt afin que je cesse d’en faire, lorsque vous cesserez de les lire.

Le petit chien que vous élevez pour ma sœur est-il aussi joli que le modèle que vous m’avez montré, quand je passais à Béthune ? […] On peut même dire que quelque laid qu’il puisse être, il sera toujours joli. Un homme d’esprit n’est jamais laid, si fait une femme célèbre, je crois que c’était Mme de Sévigné […].

Quoiqu’il en soit, ma sœur me charge de vous dire de sa part tout ce que l’on peut imaginer de plus affectueux […] Je suis avec respect, mademoiselle, votre très humble et très obéissant serviteur. »

 

Références : Œuvres complètes de Maximilien de Robespierre. Victor Barbier et Charles Vellay (Aux bureaux de la Revue historique de la Révolution française, 1926 – Vol. 3, page 34) & Robespierre. Hervé Leuwers (Fayard, 2014 – page 52).

 

Quelques perforations n’affectant pas le texte, petites rousseurs, voir photos.