Pierre LOTI – Intéressante correspondance à Hortense Howland
Belle correspondance de 10 l.a.s. adressées à Hortense Howland – Essentiellement Rochefort-sur-mer, mais aussi Hendaye, Marennes, Séville, etc., 1886-1892 – 21 pp. sur des doubles feuillets in-12 et in-8, le plus souvent à son monogramme JVPL (Julien Viaud/Pierre Loti) et portant sa devise « Mon mal j’enchante ». Enveloppes conservées, la plupart reliées à la dernière page, vierge, à l’aide d’un onglet.
« Je travaille, sans conviction, à des japoneries ; en travaillant, je songe pourtant à vous qui les aimerez peut-être… »
Vendu
Pierre LOTI (1850 – 1923) – Écrivain et officier de marine
Belle correspondance de 10 l.a.s. adressées à Hortense Howland – Essentiellement Rochefort-sur-mer, mais aussi Hendaye, Marennes, Séville, etc., 1886-1892 – 21 pp. sur des doubles feuillets in-12 et in-8, le plus souvent à son monogramme JVPL (Julien Viaud/Pierre Loti) et portant sa devise « Mon mal j’enchante ». Enveloppes conservées, la plupart reliées à la dernière page, vierge, à l’aide d’un onglet.
Intéressante correspondance amicale, retraçant son actualité personnelle et littéraire
Extraits :
* Rochefort, 20 avril 1886 [Probablement au sujet de Madame Chrysanthème, qui paraît l’année suivante. Loti a séjourné à Nagasaki du 8 juillet au 12 août 1885, puis servi en mer de Chine et du Japon en 1885-1886 sur le cuirassé la « Triomphante ». De retour à Rochefort, il est affecté sur le « Magicien », un aviso à roues.]
Vous me faisiez dans votre dernière lettre une question à laquelle j’ai bien tardé à répondre. Vous me pardonneriez, j’en suis sur, si vous saviez par quelle période d’agitations et d’incertitudes je viens de passer. Vous me demandiez si j’écrivais un livre sur ce Japon que vous semblez aimer. Ce livre est presque écrit déjà et paraîtra à l’automne ; mais il vous désenchantera certainement sur ce pays qui n’est que bizarre ; qui manque de toute noblesse, de toute grandeur ; qui est à l’excès maniéré et précieux- jusque dans ses montagnes et ses arbres.
je commande en ce moment un petit bateau qui s’appelle le « Magicien ». Il ne s’éloignera guère de nos côtes, je pense. C’est donc toujours en mai que j’espère aller à Paris, et vous faire la visite que vous avez bien voulu autoriser. […] »
* Séville, 29 octobre 1886 [Loti est alors en voyages de noces en Espagne].
« Vos belles roses me sont arrivées bien fraîches le matin de mon mariage et je vous remercie de vous être ainsi souvenue de moi. Voudrez-vous être assez bonne pour remercier de ma part le comte de Montesquiou ; j’étais avec Coppée quand j’ai décacheté son enveloppe rose et nous avons admiré tous deux l’étrange petite chose qu’elle contenait. J’aimerais le connaître.[…] »
* Rochefort, décembre 1886 [En mai 1886, sur proposition de Camille Doucet, Loti avait reçu de l’Académie le prix Vitet et 5.000 francs pour l’ensemble de son œuvre, le 25 novembre Doucet a fait son rapport annuel sur les concours de l’année et cité Loti].
« Je vous remercie, Madame ; je remercie Monsieur Halévy de la communication qu’il vous a faite pour moi. J’ai, sur votre conseil, écrit à Monsieur Doucet une lettre de remerciement, il la méritait bien d’ailleurs, il avait fait un charmant discours. Je travaille, sans conviction, à des japoneries ; en travaillant, je songe pourtant à vous qui les aimerez peut-être… […] »
* Marennes, 26 juin 1887 [Sur leur amie commune, Blanche de Triqueti, épouse d’Edward Lee Childe ; en 1886, Loti avait fait paraître À la mémoire de Madame Lee Childe]
« Je vous remercie pour mes pauvres petits pêcheurs. Pardonnez-moi de vous avoir fait adresser le Figaro ; j’ai regretté après d’avoir été si indiscret ; mais leur cause était bien intéressante n’est-ce pas ? et cela m’excuse un peu. Merci de ce que vous me dîtes du petit portrait de Madame Lee Childe ; j’espère que c’est sincèrement. C’était si difficile, cela m’a donné tant de peine. […] »
Etc.
Joint : une carte de visite vierge aux noms de Mr et Mme Julien Viaud., sous enveloppe.
Hortense Howland (1835-1920) est née Louise-Marie Delaroche-Laperrière et devient l’épouse d’un américain fortuné vers 1895, William Edgar Howland, dont elle vivra séparée. Elle fréquente les milieux artistiques parisiens (Maupassant, Proust, les Halévy et Eugène Fromentin qui l’aime sans espoir). Elle incitera Edgar Degas à s’intéresser à la photographie, le peintre réalisera plusieurs clichés d’Hortense Howland. C’est également elle qui mit en relation épistolaire Pierre Loti et Robert de Montesquiou.
Bon état général, voir photos.



