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RÉAUMUR s’extasie sur « la beauté admirable » de l’oiseau de Chine

Lettre autographe signée adressée à l’abbé Gaspard Cerati – Paris, 28 janvier 1750 – 2 pp. in-4, adresse avec cachet armorié de cire rouge.

 

« L’oiseau de la Chine d’une beauté admirable dont vous a entretenu votre jésuite de Naples pourrait bien être la poule dorée ou le faisan doré »

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René-Antoine Ferchault de RÉAUMUR (1683 – 1757) – Physicien et naturaliste

Lettre autographe signée adressée à l’abbé Gaspare Cerati Paris, 28 janvier 1750 – 2 pp. in-4, adresse avec cachet armorié de cire rouge.

À propos du faisan doré et du goût pour l’histoire naturelle

« Vos sentiments pour moy, Monsieur, ne me laissent point d’incertitude sur la manière dont vous recevriez mon dernier petit ouvrage ; je les crois très capables et j’en suis flatté, de vous faire illusion lorsqu’il s’agit de porter des jugements qui peuvent m’intéresser […]. Aussi n’ai je peut-être pas moins envié à Mr l’abbé les plaisirs qu’il avait eu de jouir à Rome de votre conversation que celui qu’il a eu d’y voir tant de merveilles de l’art. Tout ce que j’ai pu faire pour me consoler a été de l’engager à me parler beaucoup de vous. Il a été frappé comme vous l’avez été de la quantité des choses extraordinaires que le Royaume de Naples offre à un observateur, des productions de la nature. Il n’a laissé qu’avec regret un pays qu’il eut désiré d’étudier pendant cinq ou dix mois.

L’oiseau de la Chine d’une beauté admirable dont vous a entretenu votre jésuite de Naples pourrait bien être la poule dorée ou le faisan doré ; il serait à désirer que nous parvenions à parer nos basses-cours de ces oiseaux et nous y parviendrons probablement si le goût pour l’histoire naturelle continue à s’étendre. M Charles Benbineck frère de Monsieur le Comte de Benbineck a dans sa maison de campagne proche la Haye des poules et coqs de cette espèce de renommée à juste titre pour la beauté.

Vous voilà apparemment un peu sédentaire à Pise. Je ne vous nommerai point tous les habitants de Paris distingués par des qualités estimables et aimables qui souhaitent que vous veniez y faire un voyage. Aucune des personnes de l’un et de l’autre sexe avec qui vous y avez vécu ne vous oublie. Mais personne ne vous y désirerait autant que moi avoir l’honneur d’être avec le plus parfait et le plus tendre attachement et avec bien du respect, Monsieur, votre humble et très obéissant serviteur – » 

Gaspare Cerati (1690-1769) était proviseur général de l’Université de Pise. À l’été 1742, à l’occasion d’un voyage à Paris pour y soigner une ophtalmie, il fait notamment la rencontre de Trudaine, Fontenelle, Voltaire et Réaumur. Mais c’est avec Montesquieu qu’il entretiendra la relation la plus étroite, il eut ainsi le privilège de lire certaines parties de L’Esprit des Lois avant leur parution. À propos de Cerati, Montesquieu, qui le tenait en haute estime lui écrivit : « vous êtes toute l’Italie pour moi ». Cerati correspondait également avec Voltaire, qui s’adressa à lui pour connaître la position de l’Église catholique sur les représentations théâtrales et la question de l’excommunication des comédiens.

 

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