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[Charles BAUDELAIRE]. Remy de GOURMONT – Manuscrit à propos de Baudelaire

Manuscrit autographe signé d’un article paru dans le Mercure de France (1906), extrait des Promenades littéraires, 2e série, intitulé :

 

“BAUDELAIRE ET LE SONGE D’ATHALIE”

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Remy de GOURMONT (1858 – 1915) – Écrivain, journaliste et critique d’art

Manuscrit autographe signé d’un article paru dans le Mercure de France (1906), extrait des Promenades littéraires, 2e série : “BAUDELAIRE ET LE SONGE D’ATHALIE”

Important manuscrit autographe, avec ratures, corrections et ajouts, présentant de nombreuses variantes avec le texte qui sera finalement publié – 10 pp. in-8.

« Que Baudelaire ait imité Le songe d’Athalie et que cette imitation soit devenue les Métamorphoses du Vampire, voilà de quoi surprendre. Rien n’est pourtant plus véritable.

On sait que Baudelaire affectait d’admirer les poètes du grand siècle, et même Boileau ; mais on sait beaucoup de choses qui n’ont qu’une très faible apparence de vérité. Ce goût pour Boileau, pour Racine n’était pas, chez Baudelaire, une affectation, et il le prouva bien en écrivant ses poèmes dont la forme, très peu romantique, ne fut pas sans donner à Victor Hugo quelques inquiétudes. Il y avait autre chose dans les Fleurs du Mal qu’un “frisson nouveau”, il y avait un retour au vers français traditionnel. Après les caprices orientaux, on revoyait des cavaliers bien assis sur un cheval solide, sûrs d’eux-mêmes et de leur monture, prêts à tous les exercices utiles ou esthétiques, nullement disposés à la vaine parade […].

“Sois sage, Ô ma douleur et tiens-toi plus tranquille”, ce seul vers efface toute l’éloquence de la théâtrale Tristesse d’Olympio.

Dire que la peine de Baudelaire parut un moment immorale et que ses amis eurent quelque peine à sauver son volume de la main du bourreau ! La magistrature, les familles et les journalistes se contentèrent bien heureusement d’une mutilation. On creva un œil aux Fleurs du Mal, voilà tout. Il y a des amnisties pour les assassins, les traîtres, les voleurs, il n’y en a pas pour les livres […] »

 

Quelques marges effrangées, voir photos.