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Romain ROLLAND supervise l’édition de référence de « Jean-Christophe »

Lettre autographe signée à son éditeur [Albin Michel] – Villeneuve (Vaud), villa Olga, samedi 18 avril 1931 – 3 pp. in-8.

 

« …mais nous voyons qu’il est de notre intérêt que ‘’l’œil du maître‘‘ se rende compte »

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Romain ROLLAND (1866 – 1944) – Écrivain, Nobel de littérature (1915)

Lettre autographe signée à son éditeur [Albin Michel] – Villeneuve (Vaud), villa Olga, samedi 18 avril 1931 – 3 pp. in-8.

Belle lettre consacrée à l’édition « définitive » de son œuvre maîtresse

« Je vous ai télégraphié hier, un peu ému par l’aspect de certaines fautes de présentation dans les premières pages de Jean-Christophe. La suite de la lecture n’a pas confirmé mon impression. Je craignais, d’après le début, que ce ne fût un parti pris, de resserrer le volume, en supprimant les alinéas et le ” à la page suivante’’.

Grâce à Dieu, ce n’est qu‘une faute accidentelle. Il n’en reste pas moins qu’elle n’est pas commode à réparer sans trouble.

Voyez, page 13. Toutes mes éditions précédentes ont bien ici un ’’à la page suivante’’. On l’a supprimé. Ce n’est jamais pour rien que je me mets des blancs, des à la ligne, ou des à la page. Cela correspond, pour moi, à des pauses en musique. J’oblige l’œil du lecteur à mettre ‘‘un temps’’. Ici, je veux donner la sensation d’un long silence, dans la nuit. Un vide. On n’a pas le droit de m’empiler, l’un sur l’autre, mes morceaux.

D’autre part, pages 9, 41 et 93, les trois parties de l’Aube, étaient et doivent être précédées, (cf. édition Masereel [édition illustrée par Franz Masereel, publiée également chez Albin Michel en 1925] et les autres) d’une page de blanc où se détachent les beaux vers de Dante, dont le symbole suffit à remplir une journée (une page de l’œil du lecteur) : car il enveloppe, par avance, tout le récit qui va suivre. – On me colle ces mots-sommets contre mon texte. C’est un éboulement. Il faut respecter le désir des lignes.

Je cherche comment obvier à l’inconvénient, sans trop bouleverser le travail de composition. Je conseillerais bien (quoique ce soit contraire à toutes le habitudes) de reporter au verso de la page précédente (qui est en blanc) le I et le II (ou la Première Partie ; Deuxième Partie) avec les vers italiens. Mais ce qui est possible pour les pages 9 et 41, ne l’est pas pour la page 93, où il n’y a point de verso de page disponible. Et de même – surtout – pour la page 13.

[…] il y a peu de fautes d’impression, et je remercie vos lecteurs de leur bon zèle – mais nous voyons qu’il est de notre intérêt que ‘’l’œil du maître‘‘ se rende compte, ne fût-ce que sommairement, de l’édition, sur les épreuves, avant que la mise en pages ne soit arrêtée. […] »

 

Jean-Christophe paraît en feuilletons dans les Cahiers de la Quinzaine de Charles Péguy, entre 1904 et 1912. Parallèlement à cette édition, le cycle est publié en volumes chez Ollendorff à partir de 1905, ce qui vaudra à son auteur de recevoir le prix de La Vie heureuse (précurseur du Femina) en 1905 et le prix Nobel de littérature en 1915. Il s’agit ici de l’édition dite « définitive » publiée chez Albin Michel (1931-1933).

 

Bon état, voir photos.