Sarah BERNHARDT est en tournée au Texas et prépare son retour à Paris
Lettre autographe signée adressée au journaliste, dramaturge et directeur de théâtre Félix Duquesnel – Galvestone [Texas], 7 février 1892 – 8 pp. sur deux double-feuillets in-12, à son monogramme portant sa devise « Quand même », deuil ; enveloppe conservée.
« Tu es le seul avec lequel je veuille faire quelque chose à Paris. Je ne prends aucun engagement, bien entendu. Je te prie de t’informer, de voir de juger. Et de m’écrire ce que tu crois possible. »
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Sarah BERNHARDT (1844 – 1923) – Comédienne et tragédienne
Lettre autographe signée adressée au journaliste, dramaturge et directeur de théâtre Félix Duquesnel – Galvestone [Texas], 7 février 1892 – 8 pp. sur deux double-feuillets in-12, à son monogramme portant sa devise « Quand même », deuil ; enveloppe conservée.
En tournée américaine, la comédienne anticipe son retour sur la scène parisienne
« Mon cher Duq[quesnel],
Voici ma tournée qui touche à sa fin. Je vais rentrer à Paris fin juin. Veux-tu voir ce que je pourrai faire si je me décide à rester à Paris. Je dois partir vers le 20 septembre pour une grande tournée en Europe, avec Abbey et Grau ; mais je n’ai rien signé encore [Henri Abbey (1846-1896) et Maurice Grau (1849-1907) sont deux américains respectivement directeur et producteur de théâtre et impresario lyrique]. Avant de signer un nouveau contrat je veux me rendre compte s’il me plaira plus de rester à Paris. Je n’ai pas besoin de te dire que Grau et Abbey ne sont pas au courant de mon indiscrétion et que leur en parler serait inutile. Tu es le seul avec lequel je veuille faire quelque chose à Paris. Je ne prends aucun engagement, bien entendu. Je te prie de t’informer, de voir de juger. Et de m’écrire ce que tu crois possible. Du reste, je serai à Paris dès 19 ou 20 mais je resterai 4 ou cinq jours nous causerons mais d’ici là il faudra que j’engage sur parole. Donc écris-moi. Je vais bien. Je sais que ta femme va très bien et toi aussi et j’en suis en joie. J’ai trois pièces nouvelles à mon répertoire dont deux très bien La Dame de Challant et Pauline Blanchard, je te les ferai lire pendant ces quatre jours à Paris car je repars pour un mois à Londres. Voilà maintenant je t’embrasse bien sur les joues de ton adorable et si douce femme. Et la Porte Saint Martin est-ce qu’il ne me revient rien sur la vente, je n’en ai point entendu parler. Bon souvenir. A Bientôt.
[P.S.] Réponds moi à Broadway aux soins de M. Abbey et Grau mais ne note pas l’adresse, ton caractère étant connu. J’ai une bonne raison pour dire cela. »
De 1891 à 1893, Sarah Bernhardt est en tournée mondiale, elle interprète alors plusieurs succès qui dominent son répertoire de l’époque : La Dame aux Camélias, Fédora et Théodora, en janvier et février 1892 dans plusieurs villes du Texas (Galveston, Dallas…), puis à San Francisco au mois de mars. La comédienne voyage avec sa propre troupe, ses décors et costumes et joue en français ses pièces les plus populaires, même dans les villes américaines les plus reculées.
En 1886, Sarah Bernhardt avait été contrainte de vendre l’hôtel de la rue Fortuny et de prendre à bail un hôtel meublé de la rue Saint-Georges, en attendant mieux. Une tournée américaine lui apportera les fonds nécessaires à la location et à la rénovation d’une petite maison de briques rouges à deux étages, avec jardin, au 56, boulevard Péreire, où elle s’installera pendant 36 ans, jusqu’à sa mort.
Bon état, voir photos.


