Simone de BEAUVOIR – Évoquant la mobilisation de Jean-Paul Sartre (1939)
Lettre autographe signée adressée à Lili et Alphonse Bonnafé – [Paris], jeudi 28 septembre [1939] – 1 page in-4, à l’encre bleue sur papier quadrillé.
« Je vous parlerai de Sartre qui est bien planqué dans sa section , dans un petit village d’Alsace. Il écrit son roman et semble prospérer. »
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Simone de BEAUVOIR (1908 – 1986) – Romancière et essayiste
Lettre autographe signée adressée à Lili et Alphonse Bonnafé – [Paris], jeudi 28 septembre [1939] – 1 page in-4, à l’encre bleue sur papier quadrillé.
Évoquant la mobilisation récente de Jean-Paul Sartre
« J’ai été navrée de vous manquer l’autre jour. Je couchais à cette époque dans l’appartement d’une amie et je ne suis passée chercher mon courrier ce matin-là qu’à midi : vous étiez déjà partis. Si vous repassiez à Paris, faîtes-moi signe 71, rue de Rennes et écrivez moi donc pour me dire si je pourrais commodément vers le milieu d’octobre ou même le début, pour un jeudi ou un dimanche à Provins : ça me ferait plaisir de vous voir. Je vous parlerai de Sartre qui est bien planqué dans sa section , dans un petit village d’Alsace. Il écrit son roman et semble prospérer.
Son adresse est : Poste de Montage – État major d’artillerie – section 108.
Pour moi j’ai fait de formidables randonnées à pied dont j’aimerais vous parler ; il y aurait tant de choses à se dire. J’espère vous voir, donnez moi toutes instructions utiles pour venir. Et croyez à ma vive affection et à mes infinis regrets. »
Jean-Paul Sartre venait d’être mobilisé le 2 septembre et avait rejoint la 70e division d’infanterie à Nancy. Il sera ensuite placé comme commis dans la section météorologique rattachée à l’état-major de l’artillerie dans secteur 108 en Alsace, où il rédigera ses Carnets de la drôle de guerre. Il sera fait prisonnier en juin 1940, puis libéré en mars 1941. Il reprendra ensuite son poste de professeur au lycée Pasteur.
Dans leurs échanges, les destinataires sont désignés par Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre par le surnom de « boxeurs » ; dans son « Journal de Guerre », Simone de Beauvoir note avoir manqué ses amis de passage à Paris et leur avoir rédigé une lettre depuis un café quelques jours plus tard. Alphonse Bonnafé est un ancien collègue de Sartre, professeur de français au lycée François Ier du Havre, il est également amateur de boxe et eut pour élève un certain Georges Brassens.
Bon état, voir photos.

