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Stéphane MALLARMÉ, enthousiaste à la lecture des « Cantilènes » de Moréas

Lettre autographe signée adressée à Jean Moréas – [Paris], 89, rue de Rome. Lundi 24 mai 1886 – 4 pp. in-16, enveloppe conservée.

 

« Ce que j’admire c’est la certitude avec la quelle vous poursuivez, en tous sens et dans tous les genres de poëmes, l’or authentique et nouveau de votre trouvaille… »

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Stéphane MALLARME (1842 – 1898) – Poète et critique d’art

Lettre autographe signée adressée à Jean Moréas – [Paris], 89, rue de Rome. Lundi 24 mai 1886 – 4 pp. in-16, enveloppe conservée.

Importante lettre sur l’art poétique de Moréas

« Votre délicieux livre agite, au cours de ses vibrations subtiles, tant de pensers considérables, quant à la forme poétique même, que je me contente, le reposant une fois de plus sur la table, de vous dire merci et remets à notre rencontre prochaine une grosse causerie. Toujours est-il, et cela se peut dire en trois mots, que vous avez réussi tout ce que vous avez tenté. Il sera certes impossible d’étudier, maintenant, le vers, dans ses transformations si fugaces et presque de nixe, sans avoir lu les Cantilènes, un recueil qui date.

Je crois que votre originalité évidente sera d’avoir saisi, sous la métrique officielle à la quelle on aurait tort de borner aujourd’hui l’éducation de l’ouïe, tout un autre courant plus intime et non moins exact. Naturellement en inventeur, c’est celui-là à qui, le mettant victorieusement à nu, vous accordez la primauté : je me le figure plus accessoire, mais c’est votre droit d’agir ainsi ! Ce que j’admire c’est la certitude avec la quelle vous poursuivez, en tous sens et dans tous les genres de poëmes, l’or authentique et nouveau de votre trouvaille : cela résout déjà et nous promet de bien curieuses œuvres, et imprévues !

Vote main. »

Après Les Syrtes (1884), Jean Moréas (1856-1910) fait paraître Cantilènes, chez Vanier en 1886. Le 18 septembre 1886, il publiera dans le supplément littéraire du Figaro un « Manifeste littéraire », texte fondateur du mouvement symboliste, conçu en réaction au réalisme et au naturalisme. Jean Moréas fondera en octobre de la même année la revue Le Symboliste avec Paul Adam et Gustave Kahn.

Références : Correspondance 1854-1898, édition établie, présentée et annotée par Bertrand Marchal. Gallimard, 2019, page 586, lettre n° 699.

 

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