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Théodore ROUSSEAU – Lettre étonnante, coécrite avec Jules Dupré (1845)

Exceptionnelle lettre autographe signée, rédigée à quatre mains, adressée à l’acteur Bocage : au recto par Jules Dupré et au verso par Théodore Rousseau – [L’Isle Adam], vendredi 31 octobre [1845] – 2 pp. sur un feuillet in-8.

 

« Je laisse la plume à l’ami Rousseau. »

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Théodore ROUSSEAU (1812 – 1867) – Peintre, un des fondateurs de l’école de Barbizon

Jules DUPRÉ (1811-1889) – Peintre paysagiste

Exceptionnelle lettre autographe signée, rédigée à quatre mains, adressée à l’acteur Bocage : au recto par Jules Dupré et au verso par Théodore Rousseau – [L’Isle-Adam], vendredi 31 octobre [1845] – 2 pp. sur un feuillet in-8.

La réponse des deux peintres à la sollicitation de Bocage pour son exposition au théâtre de l’Odéon

Au recto, de la main de Jules Dupré :

« Je regrette beaucoup mon cher Monsieur Bocage, de ne pas être en mesure de répondre comme je le voudrais , à la demande que vous m’adressez : je n’ai malheureusement rien de terminé en ce moment et je ne vois guère moyen de vous envoyer quelque chose avant la fin du mois prochain, époque à laquelle je compte rentrer à Paris. Aussitôt mon retour, je vous irai voir, et s’il est encore temps, je serai très honoré que ma peinture trouve place à côté de celle de mes confrères dont vous m’envoyez les noms. Adieu, mon cher Monsieur, croyez à mon dévouement bien sincère » 

« Je laisse la plume à l’ami Rousseau. »

Au verso, de la main de Théodore Rousseau :

« Je suis avant tout sensible aux marques de votre sympathie pour mes ouvrages mais je regrette de ne pouvoir répondre à votre demande par l’envoi immédiat d’un tableau . Nous sommes ici au dépourvu. Dupré et moi et nous n’avons que des toiles en train. Si à notre retour à Paris vous pouviez encore disposer d’une petite place, croyez que je serai très empressé de venir le remplir. Agréez, Monsieur mes salutations bien cordiales »

 

Le célèbre acteur Bocage – pseudonyme de Pierre François Touzé (1799-1862) – avait pris la direction du théâtre de l’Odéon au mois de juillet 1845 et avait eu l’idée d’organiser une exposition permanente, et renouvelable, dans le Foyer du théâtre, l’objectif était double : promouvoir l’art pictural, mais aussi remédier au désordre qui régnait pendant les entractes… De nombreux artistes acceptèrent d’exposer dans ce salon permanent : Delacroix, Diaz, Isabey, Corot, Chassériau etc. Quelques figures littéraires se prêtèrent également à l’exercice, tels Eugène Sue et Théophile Gautier, ou George Sand qui confia l’original d’une eau-forte, qu’elle avait publiée dans L’Artiste, une Vue des bords du Rhin d’après un dessin de Victor Hugo.

Théodore Rousseau y enverra Une Forêt au soleil couchant en hiver. Dans son Salon de 1845, alors que le peintre n’y participait pas, Baudelaire avait écrit à son sujet : « à la tête de l’école moderne de paysage se place M. Corot. Si M. Théodore rousseau voulait exposer, la suprématie serait douteuse. » 

En octobre 1845, Dupré et Rousseau, qui étaient unis par une étroite amitié, s’étaient installés à l’Isle-Adam, dans un petit atelier que M. Mellet, beau-frère de Dupré, avait installé à leur intention dans sa maison.

 

Provenance : Collection Alfred Bovet, lot 1608. Catalogue Étienne Charavay de 1887, page 602.

 

Bon état, voir photos.