Mémoire d'encres - Lettre autographe signée de Victor Hugo adressée à son médecin

Victor HUGO, à Émile Allix à propos de ses enfants malades

Lettre autographe signée V. adressée au docteur Émile Allix – Hauteville House, Guernesey, 15 juin [1873] – 2 pp. in-24 (7,8 x 12 cm), enveloppe conservée, avec adresse et marques postales, timbre découpé.

 

« Je pense que ma pauvre chère malade à Saint-Mandé est toujours dans les meilleures conditions possibles au moins de santé physique. »

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Victor HUGO (1802 – 1885) – Poète et dramaturge

Lettre autographe signée V. adressée au docteur Émile Allix – Hauteville House, Guernesey, 15 juin [1873] – 2 pp. in-24 (7,8 x 12 cm), enveloppe conservée, avec adresse et marques postales, timbre découpé.

Victor Hugo inquiet de la santé d’Adèle et de François-Victor

« Excellent et charmant ami,

Je sais que Victor va de mieux en mieux [François-Victor (1828-1873), son second fils, mourra de la tuberculose quelques mois plus tard, le 26 décembre], je compte sur vous pour nous l’amener et j’espère bien que votre nouvelle famille [le docteur Allix vient de se marier] sera confondue avec la mienne à la table de Hauteville House . Je serai bien heureux de voir Madame Émile Allix assise près de Madame Charles Hugo. Je vous envoie dans ce pli un bon sur [?] de 1500 fr – Ces 1500 fr sont destinés à payer à la maison Rivet le trimestre à échoir (du 17 juin au 17 octobre). Vous m’aviez annoncé que Madame Rivet m’enverrait quittance du dernier trimestre que vous avez eu la bonté de lui remettre (du 17 mars au 17 juin). Elle ne l’a pas fait. Seriez-vous assez bon pour lui faire remarquer et pour la prier de me donner quittance des deux trimestres ensemble. Mille pardons de toutes ces peines. Je pense que ma pauvre chère malade à Saint-Mandé est toujours dans les meilleures conditions possibles au moins de santé physique. Vous savez que je viens de terminer le livre que j’ai fait cet hiver et ce printemps (Quatre-vingt treize. 1er récit : la Guerre civile.) Je vous en lirai quelque chose à Victor et à vous. Je vous embrasse et Mme Drouet me prie de le faire. Elle aussi. »

Son ami et médecin personnel, Émile Allix (1836-1911), proche de la famille Hugo, faisait partie des proscrits de Jersey et fut un habitué d’Hauteville House, où il fit de nombreux séjours. En août 1868, à Bruxelles, il assistera Adèle Foucher, gravement malade, dans ses derniers instants et suivra son cercueil jusqu’à Villequier avec Auguste Vacquerie et Paul Meurice.

En 1872, il héberge chez lui Adèle Hugo, deuxième fille de Victor Hugo, à son retour de la Barbade et prend la décision, avec son confère Alexandre Axenfeld, de la placer à Saint-Mandé, dans la maison de santé de Mme Rivet, en raison de son instabilité mentale. Victor Hugo missionne ici Émile Allix pour le versement des sommes dues. Il n’ira lui rendre visite à Saint-Mandé que le 7 août suivant, en compagnie de Juliette Drouet ; il note alors dans son carnet :  « à 1 heure et demie nous sommes allés, JJ et moi, voir sa fille, moi la mienne, dans leurs tombeaux ! » Après la mort de Victor Hugo, Adèle sera transférée dans une autre maison de santé, le Château de Suresnes, où elle mourra en 1915, âgée de 85 ans. Elle est la seule enfant de Victor Hugo à avoir survécu à son père.

Bon état, voir photos.