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Victor HUGO s’enthousiasme pour les progrès de la navigation aérienne

Lettre autographe signée Victor Hugo adressée à Gaston Tissandier – Hauteville house, 9 mars 1869 – 1 page grand in-4 (21,2 x 26,8 cm), sur papier bleu, destinataire et marques postales au verso.

 

« Certes, l’avenir est à la navigation aérienne, et le devoir du présent est de travailler à l’avenir »

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Victor HUGO (1802 – 1885) – Poète et dramaturge

Lettre autographe signée Victor Hugo adressée à Gaston TissandierHauteville house, 9 mars 1869 – 1 page grand in-4 (21,2 x 26,8 cm), sur papier bleu, destinataire et marques postales au verso.

Extraordinaire lettre prophétique de Victor Hugo à la gloire de la navigation aérienne

« Je crois, Monsieur, à tout le progrès. La navigation aérienne est consécutive à la navigation océanique : de l’eau l’homme doit passer à l’air. Partout où la création lui sera respirable, l’homme pénétrera dans la création. Notre seule limite est la vie. Là où cesse la colonne d’air dont la pression empêche notre machine d’éclater, l’homme doit s’arrêter. Mais il peut, doit et veut aller jusque-là, et il ira. Vous le prouvez. Je prends le plus grand intérêt à vos utiles et vaillants voyages perpendiculaires. Votre ingénieux et hardi compagnon, M. W. de Fonvielle, a comme M. Victor Meunier, l’instinct supérieur de la science vraie. Moi aussi, j’aurais le goût superbe de l’aventure scientifique. L’aventure dans le fait, l’hypothèse dans l’idée, voilà les deux grands procédés de découverte. Certes, l’avenir est à la navigation aérienne, et le devoir du présent est de travailler à l’avenir. Ce devoir, vous l’accomplissez. Moi, solitaire, mais attentif, je vous suis des yeux et je vous crie : courage ! »

Cette lettre est reproduite dans Voyages aériens de Wilfrid de Fonvielle et Gaston Tissandier, page 485. Dans son ouvrage de 1886, La Navigation aérienne et la direction des aérostats dans les temps anciens et modernes, Tissandier reprendra pour l’incipit un passage de la lettre d’Hugo : « L’avenir est à la navigation aérienne et le devoir du présent est de travailler à l’avenir. »

Gaston Tissandier (1843-1899) est un chimiste de formation dont l’intérêt s’étendra progressivement à d’autres spécialités scientifiques et techniques. Il éditera plusieurs revues de vulgarisation, dont La Nature à partir de 1873. Spécialisé dans l’analyse des gaz, il s’intéressera à la météorologie et deviendra aéronaute. Le journaliste Wilfrid de Fonvielle (1826-1914), également aéronaute, effectuera plusieurs ascensions en ballon et battra plusieurs records, dont celui de la durée dans l’atmosphère (deux jours pour relier Paris et Compiègne). Il a en commun avec Victor Hugo d’être exilé après le coup d’État du 2 décembre 1851 ; déporté avec son frère Arthur en Algérie, il y avait fondé le journal L’Algérie nouvelle.

Durant le siège de Paris, le 16 août 1868, Gaston Tissandier s’était embarqué à bord du ballon monté Le Céleste, qui allait atterrir à Dreux, avant que son frère Albert ne le rejoigne peu après à Tours, à bord du Jean Bart.

En 1870, pour rendre hommage à Victor Hugo et à son engagement, un ballon allait être baptisé en son honneur. Le Victor Hugo, issu des ateliers Dartois et Yon fera son ascension depuis la place de la Concorde, le 18 octobre en fin de mâtinée. Le 20 octobre, Victor Hugo avait reçu une invitation de Nadar pour assister au départ de l’aérostat, qui portait son nom – le poète lui avait répondu qu’il « ne demandait pas mieux que de monter au ciel avec lui ». Le ballon s’envola deux jours plus tôt et Hugo manqua l’événement par erreur. Le ballon de 1200m3 s’éleva du Jardin des Tuileries, emportant plus de 400 kg de lettres, en quittant terre, son aéronaute s’écria « Vive la République démocratique et sociale ! » Parmi la foule enthousiaste qui assistait à l’événement, on remarquait la présence de Théophile Gautier.

Joint : la lettre de Gaston Tissandier adressée à Victor Hugo pour solliciter son appui dans ses entreprises, datée du 27 février 1869 – 3 pp. grand in-4, à en-tête du Laboratoire de Chimie de l’Union nationale du Commerce et de l’Industrie (accidents).

Joint : une lettre ayant voyagé par ballon monté, datée du 17 octobre 1870, probablement embarquée à bord du Victor Hugo.

 

 Petits accidents marginaux, sans atteinte au texte, voir photos.