Autographes de Pierre-Joseph Proudhon

Mémoire d'encres - Documents signés par Pierre-Joseph PROUDHON (1809-1865), philosophe et théoricien politique

Philosophe, sociologue et théoricien politique, Pierre-Joseph Proudhon naît en 1809 à Besançon et meurt à Paris en 1865. Il est considéré comme le précurseur de l’anarchisme et du socialisme libertaire et, malgré son isolement, son influence fut considérable sur les milieux ouvriers et intellectuels ; ses prises de position lui vaudront parfois des ennuis avec la justice.

Opposé au collectivisme autoritaire, Proudhon défend un libéralisme individualiste. Rejetant autant le socialisme utopique que le capitalisme, il propose la voie de l’anarchie positive ou du fédéralisme autogestionnaire, qui prône la liberté individuelle devant être défendue contre toutes les forces dominantes : Église, État ou toute forme de dictature, l’individu ne devant jamais être sacrifié à l’intérêt général ou à la justice sociale. Il expose ses théories dans ses œuvres majeures : Qu’est-ce que la propriété ?, Philosophie de la Misère et Solution du problème Social.

Né dans une famille modeste, à 17 ans, il travaille comme ouvrier typographe dans diverses imprimeries. Doué d’une intelligence très vive et d’un tempérament fort et actif, il poursuit ses études grâce à une bourse, étudie le grec, le latin, l’hébreu pour mieux comprendre certains textes, s’intéresse aux idées socialistes et révolutionnaires et s’engage dans des activités politiques et sociales.

En 1840, il publie Qu’est-ce que la propriété ?, dont l’idée est de réformer le système capitaliste et la propriété privée. La réponse qu’il apporte a cette question est : « la propriété, c’est le vol ! » Inspiré par Rousseau, il dénonce les propriétaires terriens qui exploitent les travailleurs.

En 1845, à Paris, il rencontre Karl Marx et Mikhaïl Bakounine avec lesquels il échangera, un temps. Ses idées sur la propriété retiennent l’attention de Marx qui désapprouve en revanche les positions anarchistes de Proudhon.

En 1847, Pierre-Joseph Proudhon s’installe définitivement à Paris, où il devient journaliste politique. Il participe à la Révolution de 1848 et est élu député socialiste de la Constituante de juin 1848 à mai 1849, année où il sera incarcéré pour délit de presse (offense au président de la République).

En 1851, il expose ses idées anarchistes dans Idée générale de la révolution au XIXe siècle. Il tente de mettre en place des systèmes mutualistes fondés sur l’échange et des prêts à taux zéro, idées développées dans Solution du problème social (1848). Ses tentatives n’aboutiront pas mais le concept de mutualisme lui survivra.

En 1858, il doit s’exiler en Belgique après la publication de son livre : De la Justice dans la Révolution et dans l’Église : Nouveaux Principes de philosophie pratique, dans lequel il développe ses positions anticléricales.

En 1860, de retour en France, il étudie les contradictions de l’économie (comme le machinisme allégeant le travail de l’ouvrier, mais provoquant du chômage), considère que la révolution est vaine et propose une autre voie : l’anarchisme. Il développe ensuite l’idée du fédéralisme (Du Principe fédératif et de la nécessité de reconstituer le Parti de la Révolution – 1863 et De la Capacité politique des classes ouvrières – 1865).