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[LITTÉRATURE]. Émile DESCHANEL – Son admiration sans borne pour Hugo

Lettre autographe signée adressée à Victor Hugo – [Paris], 14 juillet 1844 – 3 pp. in-8, adresse.

 

« la nature de tout amour est d’être très avide et un peu jaloux, de désirer toujours beaucoup et de craindre toujours un peu. »

 

 

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Émile DESCHANEL (1819 – 1904) – Auteur et homme politique, père de Paul Deschanel, futur président de la République

Lettre autographe signée adressée à Victor Hugo – [Paris], 14 juillet 1844 – 3 pp. in-8, adresse.

Lettre enflammée, véritable déclaration d’amour et d’admiration

« J’ai bien du malheur dans mon amour pour vous, je ne vous trouve plus jamais seul. C’est encore beaucoup d’honneur, je le sais, que d’être admis devant vous même avec d’autres. Mais de cette façon je ne puis plus jamais jouir d’une bonne longueur de conversation, où vous me versiez à flots sans presque y penser tant d’idées, tant de sentiments, tant d’images, tant de poésie, miettes de votre riche festin, dont je me nourrissais avidement, et que je savourais encore avec délices longtemps après que je vous avais quitté.

Je sais bien que je ne puis pas prétendre seul au bonheur de vous entretenir, et que vous vous devez tout à tous ; mais je sais bien aussi que j’ai le plus vif désir de vous voir, de vous écouter, de m’échauffer à vos rayons, de me rendre sage et bon par vos enseignements ; j’appelle ainsi vos fécondes causeries.

Et puis, – mais je vous supplie, monsieur, de me pardonner ma liberté, – je crains à parler franchement, que vous ne me confondiez un peu avec deux sortes de personnes ; soit avec quelques uns qui ne comprennent pas assez peut-être l’honneur que c’est d’être reçu par vous et qui vont chez vous comme on va chez tout le monde ; soit (car les grands poètes, comme les grands princes, ont des admirateurs sincères et des flatteurs comédiens) avec quelques uns de ces derniers. Et ce serait pour moi un grand chagrin si vous ne croyiez pas sans réserve à mon admiration haute et pure et, quoique ce mot soit bien hardi, – à mon affection passionnée pour vous. J’espère, Monsieur, que vous voudrez bien excuser cette lettre : la nature de tout amour est d’être très avide et un peu jaloux, de désirer toujours beaucoup et de craindre toujours un peu. »

Émile Deschanel enseigne alors la littérature à l’École normale et collabore à plusieurs revues (La Revue indépendante, Revue des Deux Mondes etc.). Opposant à Louis-Napoléon Bonaparte, ses prises de position lui valent d’être emprisonné en 1852, libéré trois jours plus tard et contrant à l’exil à Bruxelles, où il va côtoyer Edgar Quinet, Alexandre Dumas et Victor Hugo. Au sujet de leur lutte commune contre Bonaparte, voir cette autre lettre adressée par Hugo à Émile Deschanel présente au catalogue.

Bon état, voir photos.